‹ Œuvres de Lesage précedée d'une notice biographique et litteraireChapitre 620 sur 734 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

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ture à mon esprit, je ne devine point le sujet de plaintes que vous pouvez avoir contre moi.

M. ORONTE

Tune veux donc pas parler?... (Appelant.) Holà ! quelqu’un ! Qu’on me fasse venir un com- • missaire.

LA BRANCHE

Attendez, monsieur, point de bruit. Tout innocent que je suis, vous le prenez sur un ton qui ne laisse pas d’embarrasser mon innocence. Allons, éclaircissons-nous tous deux de sang-froid. Cà, qui yous a dit que mon maître étoit marié?

M. ORONTE

Qui? il l’a mandé lui-méme à un de ses amis, à Va 1ère.

LA BRANCHE

A Valère, dites-vous?

M. ORONTE

A Valère, oui. Que répondras-tu à cela?

LA BRANCHE, riant /

Rien Parbleu! le trait est excellent!... (A

part.) Ah! ah ! M. Valère, vous ne vous y prenez ; pas mal, ma foi !

M. ORONTE

Comment! qu’est-ce que cela siguifie?

LA BRANCHE rùlllt .

On nous l’avoit bien dit qu’il nous régaleroit tôt ou lard d’un plat de sa façon. H n’y a pas manqué , comme vous voyez.

M. ORONTE

Je ne vois point cela.

LA BRANCHE

Vous l’allez voir, vous l’allez voir. Première- ; ment, ce Valère aime mademoiselle votre fille , je , vous en avertis

M. ORONTE

Je le sais bien.

LA BRANCHE

Lisette est dans ses intérêts. Elle entre dans toutes les mesures qu’il prend pour faire réussir sa recherche. Je vais parier que c’est elle qui vous aura débité ce mensonge-là.

M. ORONTE

lui fera faire quelque mauvais pas ; après quoi vous ne pourrez plus la refuser à Valère.

M. ORONTE à part.

Hon, bon, ce raisonnement est assez raisonnable.

LA RR ANCHE

Mais ma foi les trompeurs seront trompés. M. Orontc est homme d’esprit , homme de tête; ce n’est point à lui qu’il faut se jouer.

M. ORONTE

Non , parbleu !

LA BRANCHE

Vous savez toutes les rubriques du monde, toutes tes ruses qu’un amant met en usage pour supplanter son rival.

M ORONTE

Je t’en réponds... Je vois bien que ton maître n’est point marié... Admirez un peu la fourberie de Valère! Il assure qu’il est intime ami de Daims, et je vais parier qu’ils ne se commissent seulement pas.

LA BRANCHE

Sans doute... Malcpcsie! monsieur, que vous êtes pénétrant ! comment ! rien ne vous échappe.

M. ORONTE

Je ne me trompe guère dans mes conjectures... (Voyant paraître. Crispin.) J’aperçois ton maître, je veux rire avec lui de son prétendu mariage... (Riant.) Ah! ah! ah! ah.r

LA branche riant aussi.

lié! hé! hé! hé! hé! hé! hé!

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