I.A BRANCHE
Contre vous. ... « Eh ! quoi ! a-t-elle dit, M. Or- ! pou nous manque de parole? Qui l’auroit cru? | Ma fille désormais ne doit plus espérer d établis- I sèment. »
M. ORGON
Quel tort cela peut-il faire à sa fille?
LA BRANCHE
C’est ce que je lui ai répondu ; mais comment voulez-vous qu’une femme en colère entende raison? c’est tout ce qu’elle peut faire de sang-froid. Elle a fait là-dessus des raisonnements bourgeois. . . On ne croira point dans le monde, a-t-ellc dit. que Damis ait été obligé d’épouser une fdle de Chartres; on dira plutôt que M. Orgon a approfondi nos biens, et que ne les ayant pas trouvés ; solides , il a retiré sa parole.
M. ORGON
Fi donc ! peut-elle s’imaginer au'on dira cela? i
LA BRANCHE
Vous ne sauriez croire jusqu’à quel point la I
fureur s’est emparée de ses sens! Elle a les
yeux dans la tète Elle ne connoit personne....
Elle m’a pris à la gorge, et j’ai eu toutes les peines du monde à me tirer de ses griffes.
M. ORGON
Et M. Orontc?
LA BRANCHE
Oh! pour M. Orontc, je l’ai trouvé plus modéré, lui... Il m’a seulement donné deux soufflets.
M. ORGON
Tu m’étonnes, La Branche. Peuvent-ils être capables d’un pareil emportement, et doivent-ils trouver mauvais que j'aie consenti au mariage de mon fils? Ne leur as-tu pas expliqué toutes les circonstances?
LA BRANCHE
Pardonnez-moi. Je leur ai dit que monsieur votre fils ayant commencé par où l’on finit d’ordinaire, la famille de votre bru se préparoit à vous faire un procès que vous avez sagement prévenu en unissant les parties.
M. ORGON
Ils ne sc sont pas rendus à celte raison?
LA BRANCHE
Bon ! rendus : ils sont bien en état de se rendre, Si vous m’en croyez, monsieur, vous retournerez à Chartres tout à l’heure.
M. orgon voûtant entrer chez M. Orontc.
Non , La Branche, je veux les voir, et leur représenter si bien les choses, que...
la BRANCHE V interrompant et le retenant.
Vous n’entrerez pas , monsieur , je vous assure. Je ne souffrirai point que vous alliez vous faire dévisager. Si vous leur voulez parler absolument, laissez passer leurs premiers transports.
M. ORGON
Cela est de bon sens.
LA BRANCHE
Remettez votre visite à demain. Us seront plus disposés à vous recevoir.
M. ORGON
Tu as raison; ils seront dans une situation moins violente. Allons, je veux suivre ton conseil.
LA BRANCHE
Cependant . monsieur , vous ferez ce qu’il vous plaira ; vous Otes le maître.
M. ORGON
Non, non... Viens, La Branche ; je les verrai demain. ( Il sort.)
LA BRANCHE
Je marche sur vos pas...