‹ Œuvres de Lesage précedée d'une notice biographique et litteraireChapitre 629 sur 734 · I.A BRANCHE · texte numérisé non relu

I.A BRANCHE

Contre vous. ... « Eh ! quoi ! a-t-elle dit, M. Or- ! pou nous manque de parole? Qui l’auroit cru? | Ma fille désormais ne doit plus espérer d établis- I sèment. »

M. ORGON

Quel tort cela peut-il faire à sa fille?

LA BRANCHE

C’est ce que je lui ai répondu ; mais comment voulez-vous qu’une femme en colère entende raison? c’est tout ce qu’elle peut faire de sang-froid. Elle a fait là-dessus des raisonnements bourgeois. . . On ne croira point dans le monde, a-t-ellc dit. que Damis ait été obligé d’épouser une fdle de Chartres; on dira plutôt que M. Orgon a approfondi nos biens, et que ne les ayant pas trouvés ; solides , il a retiré sa parole.

M. ORGON

Fi donc ! peut-elle s’imaginer au'on dira cela? i

LA BRANCHE

Vous ne sauriez croire jusqu’à quel point la I

fureur s’est emparée de ses sens! Elle a les

yeux dans la tète Elle ne connoit personne....

Elle m’a pris à la gorge, et j’ai eu toutes les peines du monde à me tirer de ses griffes.

M. ORGON

Et M. Orontc?

LA BRANCHE

Oh! pour M. Orontc, je l’ai trouvé plus modéré, lui... Il m’a seulement donné deux soufflets.

M. ORGON

Tu m’étonnes, La Branche. Peuvent-ils être capables d’un pareil emportement, et doivent-ils trouver mauvais que j'aie consenti au mariage de mon fils? Ne leur as-tu pas expliqué toutes les circonstances?

LA BRANCHE

Pardonnez-moi. Je leur ai dit que monsieur votre fils ayant commencé par où l’on finit d’ordinaire, la famille de votre bru se préparoit à vous faire un procès que vous avez sagement prévenu en unissant les parties.

M. ORGON

Ils ne sc sont pas rendus à celte raison?

LA BRANCHE

Bon ! rendus : ils sont bien en état de se rendre, Si vous m’en croyez, monsieur, vous retournerez à Chartres tout à l’heure.

M. orgon voûtant entrer chez M. Orontc.

Non , La Branche, je veux les voir, et leur représenter si bien les choses, que...

la BRANCHE V interrompant et le retenant.

Vous n’entrerez pas , monsieur , je vous assure. Je ne souffrirai point que vous alliez vous faire dévisager. Si vous leur voulez parler absolument, laissez passer leurs premiers transports.

M. ORGON

Cela est de bon sens.

LA BRANCHE

Remettez votre visite à demain. Us seront plus disposés à vous recevoir.

M. ORGON

Tu as raison; ils seront dans une situation moins violente. Allons, je veux suivre ton conseil.

LA BRANCHE

Cependant . monsieur , vous ferez ce qu’il vous plaira ; vous Otes le maître.

M. ORGON

Non, non... Viens, La Branche ; je les verrai demain. ( Il sort.)

LA BRANCHE

Je marche sur vos pas...

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