DE SON MAITRE
LISETTE à part.
| Les habiles fripons que voila !
M. ORGON h La Branche et à Crispin.
Vous êtes bien heoreui, pendards! que madame Oronte intercède pour vous.
M. ORONTE à La Branche et à Crtsptn.
J’avois grande envie de vous faire punir ; mais, puisque ma femme le veut, oublions le passé. Aussi bien je donne aujourd’hui ma fille à Valère, il ne faut songer qu’à se réjouir... On vous pardonne donc ; et même, si vous voulez me promettre que vous vous corrigerez , je serai encore assez bon pour me charger de votre fortune.
crispin se relevant.
Oh 1 monsieur, nous vous le promettons.
LA branche se relevant aussi.
Oui monsieur nous sommes si mortifiés de
n’avoir pas réussi dans notre entreprise, que nous renonçons à toutes les fourberies.
M. ORONTE
Vous avez de l’esprit ; mais il en faut faire un meilleur usage, et pour vous rendre honnêtes gens, je veux vous mettre tous deuz dans les affaires... ( A La Branche.) J’obtiendrai pour toi, La Branche, une bonne commission.
LA BRANCHE
Je vous réponds , monsieur, de nu bonne vo- 1 lonté.
M. ORONTE à Crispin.
Et pour le valet de mon gendre , je lui ferai épouser la filleule d’un sous-fermier de mes amis.
CRISPIN
Je tâcherai, monsieur, de mériter, par ma complaisance, toutes les bontés du parrain.
LA BRANCHE
Eli I monsieur, laissez-vous loucher. Nous vous en conjurons par les beaux yeux de madame Oronte.
crispin à M. Oronte.
Par la tendresse que vous devez avoir pour une femme si charmante 1
il"” oronte à sim mari.
Ces pauvres garcous me font pitié! je demande grâce pour eux.
M. ORONTE
Ne demeurons pas ici plus long-temps... Entrons... ( à U. Orgem.) J’espère que M. Orgon voudra bien honorer de sa présence les noces de ma fille?
M. ORGON
J’y veux danser avec madame Oronte.
(Il donne la main à madame Oronte , et Valirc il Angiligut, pour rentrer chez M. Oronte.)
FIN DE CBISPIN.
TURCARET
COMÉDIE
Représentée, pour la première fois, le H février I70«.