LA RARONNE, LE CHEVALIER, FRONTIN
LE chevalier à ta baronne.
Voilà , je l’avoue , une créature impertinente ! Vous avez eu raison de la chasser.
FRONTIN A la harotme.
Oui , madame, vous avez eu raison. Comment
7',* TURCARET
donc ! mais c’est une esjièce de mère que celte scrvante-lâ.
LA BARONNE
C’est «n pédant éternel que j’avois aux oreilles.
FRONTIN
Elle se méloit de vous donner des conseils; elle vous auroii gâtée à la fin
LA BARONNE
Je n’avois que trop d’emie de m’en défaire ; mais je suis femme d’habitude, et je n’aime point
monsieur Turcaret, je vous ferai bien voir du pays, sur ma parole.
LA BARONNE au chevalier .
Il m’a fait présent d’un billet au porteur, de dix mille écus ; je veux changer cet effet-là de nature : il en faut faire de l’argent. Je ne connois personne pour cela. Chevalier, cliargez-voos de ce soin. Jç vais vous remettre le billet ; retirez ma bague : je suis bien aise de l’avoir, et vous me tiendrez compte du surplus.
les nouveaux visages.
Il seroit pourtant fâcheux qne, dans le premier , mouvement de sa colère, elle allât donner à jl|. Turcaret des impressions qui ne conviendroient ni à vous ni à moi.
frontin à ta baronne . ,
Oh! diable, elle n’y manquera pas. Les soubrettes sont comme les bigotes , elles font des aclions charitables pour se venger.
LA BARONNE
De quoi s’inquiéter? Je ne la crains point. J’ai de l’esprit, et AI. Turcaret n’en a guère. Je ne l’aime point , et il est amoureux : je saurai me faire auprès de lui un mérite de l’avoir chassée.
FRONTIN
Fort bien , madame , il faut tout mettre à
profit.
LA BARONNE
Mais je songe que ce n’est point assez de nous être débarrassés de Marine, il faut encore exécuter une idée qui me vient dans l’esprit.