SCÈNE IV
M. TURCARET, LA BARONNE
M. Tl’RCARET.
■Te crois celte fille-là fort raisonnable.
LA BARONNE
Elle est fort dans vos intérêts , du moins.
M. TURCARET
Je lui en sais bon gré.. .. Je viens, madame, de vous acheter pour dix mille francs de glaces , de porcelaines et ,de bureaux. Ils sont d’un goût exquis ; je les ai choisis moi-même.
LA BARONNE
Vous êtes universel , monsieur, vous vous connoissez à tout
M. TURCARET
Oui ! grâce au ciel , et surtout en bâtiment. Vous verrez , vous verrez Fhôlel que je vais faire bâtir.
LA BARONNE
Quoi ! vous allez faire bâtir nu hûtel?
a. TURCARET.
J’ai déjà acheté la place , qui contient quatre arpents , six perches , neuf toises , trois pieds et onze pouces. N’est-ce pas là une belle étendue I
LA BARONNE
Fort belle 1
Le logis sera magnifique. Je ne veuz pas qu’il y manque un zéro ; je le ferais plutôt abattre deux ou trois fois.
LA BARONNE
Je n’en doute pas.
H. TURCARET
Malepcste ! je n’ai garde de faire quelqnc chose de commun, je me ferais siffler de tous les gens d'aflaires.
LA BARONNE
Assurément.
H. TURCARET voyant entrer te marquis.
Quel homme entre ici ?
LA BARONNE
C’est’ ce jeune marquis dont je vous ai dit que Marine avoit épousé les intérêts. Je me passerais bien de ses visites ; elles ne me font aucun plaisir.
TIRCaRi-T.