CHAPITRE XII
amis;flm'cn reste encore de fidèles, qui m’oni tendîmes dans l’hôtellerie un grand bruit qui.
mis en état de vous enlever. J’ai fait faire un carrosse à Zamora par leurs secours ; j’ai acheté des mules et des chevaux , et je suis accompagné de trois Galiciens des plus résolus. Ils sont armés de carabines et de pistolets, et ils attendent mes ordres dans le village de Rodillas. Profitons, ajoutat-il, de l’absence de don Anibrosio. Je vais faire venir le carrosse jusqu’à la porte de ce château, et nous partirons dans le moment. J’y consentis. Don Alvar vola vers Rodillas, et revint en peu de temps, avec ses trois cavaliers, m’enlever au milieu de mes femmes, qui, ne sachant que penser de cet enlèvement, se sauvèrent fort effrayées. Inès seule étoit au fait : mais elle refusa de Lier son sort au mien , parce qu’elle airaoit un valet de chambre de don Àmbrosio.
Je montai donc en carrosse avec don Alvar, n’emportant que mes hardes et quelques pierreries que j’avois avant mon second mariage; car je ne voulus rien prendre de tout ce que le marquis m’avoit donné en m’épousant. Nous prîmes la route du royaume de Galice, sans savoir si nous .serions assez heureux pour y arriver. Nous avions sujet de craindre que don Ambrosio , à son tour, se mît sur nos traces avec un grand nombre de personnes, et ne nous joignît. Cependant nous marchâmes pendant deux jours, sans voir paraître à nos trousses aucun cavalier. Nous espérions que la troisième journée se passerait de même, et déjà nous nous entretenions fort tranquillement. Don Alvar me contoit la triste aventure qui avoit donné lieu au bruit de sa mort; comment, après cinq années d’esclavage, il avoit recouvré la liberté, quand nous rencontrâmes hier sur le chemin de Léon les voleurs avec qui vous étiez. C’est lui qu'ils ont tué avec tous ses gens , et c’est lui qui fait couler les pleurs que vous me voyez répandre en ce moment