LIVRE II, CHAPITRE XXII
Mais, comme je me propose dans cet ouvrage modes que uous appelons mixtes, comme sont d'examiner quelle est la connaissance que l'es- les idées complexes que nous désignons par les prit humain a des choses (par le moyen des noms d' obligation , à' ivresse, de mensonge, idées qu'il eu reçoit , selon que Dieu l’en a rendu etc. , qui ne sont que diverses combinaisons d'icapable), et comment il vient a acquérir cette dées simples de différentes especes. Je leur ai connaissance, plutôt que de rechercher les causes donné le nom de modes mixtes , pour les dis-
de ces idées, et la manière dont elles sont produites , Je ne m’engagerai point à considérer en physicien la forme particulière des corps, et la configuration des parties, par ou ils ont le pouvoir de produire en nous les idées de leurs qualités sensibles. U suffit , pour mon dessein, que j’observe, par exemple, que l’or ou le safran ont la puissance de produire en nous l’idée du jaune, et la neige ou le lait, celle du blanc, idées que nous pouvons avoir seulement par le moyen de la vue, sans que je m'arrête à examiner la contexture des parties de ces corps, non plus que les figures particulières ou les mouvements des particules qui sont réfléchies de leur surface pour causer en nous ces sensations particulières. (Juoiqu’au fond , si , non contents de considérer purement et simplement les Idées que nous trouv ons en nous-mêmes , nous voulons en rechercher les causes , nous ne saurions concevoir qu’il y ait dans les objets sensibles aucune autre chose, par où ils produisent différentes Idées en nous, que la différente grosseur, ligure, nombre , contexture et mouvement de leurs parties insensibles.