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rentes parties , et qu'elles subsistassent ainsi réunies dans l'entendement, sans examiner si elles avaient, hors de lù, aucune existence réelle. Je ne nie pourtant pas que plusieurs de ces idées ne puissent être déduites de l'observation et de l’existence de plusieurs idées simples , combinées de la même manière qu’elles sont reunies daus l’entendement. Car celui qui le premier forma l’idée de l’hypocrisie, peut l’avoir reçue d’abord de la réflexion qu’il fit sur quelque personne qui faisait parade de lionnes qualités qu'il n'avait pas ; ou avoir formé cette idée dans son esprit , sans avoir eu un tel modèle devant ses yeux. Kn effet, il est évident que lorsque les hommes commencèrent à discourir entre eux et à entrer en société, plusieurs de ces idées complexes, qui etaieut dis suites des réglements établis parmi eux , ont été nécessairement dans l'esprit des hommes, avant que d’exister nulle autre part, et que les idées attachées à ces mots ont été formées avant que les combinaisons que ces mots et ces Idées représentaient eussent existé.
S 3. On les acquiert quelquefois par /’ explication des termes qui serrent à les exprimer.
A la vérité, présentement que les langues sont formées, et qu'elles abondent en termes qui expriment ers combinaisons , c’est par l’explication des termes mêmes qui servent à les exprimer qu'on acquiert ordinairement ces idées complexes. Car, comme elles sont composées d’un certain nombre d'idées simples combinées ensemble, elles peuvent, par le moyen des mots qui expriment ces idées simples , être présentét» à l’esprit de celui qui entend ces mots, quoique l’existence réelle des choses n’eût jamais fait naître dans son esprit une telle combinaison d’idées simples. Ainsi un homme peut venir à se représenter l’idée de ce qu’on nomme meurtre ou sacrilège, si on lui fait une énumération des idées simples que ces deux mots signifient, sans qu'il ait jamais vu commettre ni l’un ni l’autre de ces crimes.
S 4. Les noms attachent les parties des modes mixtes à une seule idée.
Tout mode mixte étant conquise de plusieurs idées simples, distinctes les unes des autres, il semble raisonnable de rechercher d’ou il lire son unité, .et comment une telle multitude particulière d’idées vient à faire une seule idée, puisque cette combinaison n’existc pas toujours
r. ellemcnt dans la nature des choses. Il est évident que l’unité de ces modes vient d’uu acte de l’esprit , qui combine ensemble ces différentes idées simples , et les considère comme une seule idée complexe qui renferme toutes ces diverses parties : et ce qui est la marque de cette union , ou qu'on regarde en général comme ce qui la déterminé exactement, c’est le nom qu’on donne à cette combinaison d'idées ’. Car, c’est sur les uoms que les hommes règlent ordinairement le compte qu’ils font d’autant d’espèces distinctes de modes mixtes ; et il arrive rarement qu'ils reçoivent ou considèrent aucun nombre d'idées simples comme faisant une idée complexe ,
| excepté les collections qui sont désignées par certains noms. Ainsi , quoique le crime de celui qui tue un \ielllard|, soit, de sa nature, aussi propre & former une idée complexe, que le crime de celui qui tue son père , cependant , parce qu’il n'y a point de nom qui siguilic précisément le premier, comme il y a le mot de parricide pour désigner le dernier, on ne regarde pas le premier comme une idée complexe particulière , ou comme une espèce d'action distincte de celle par laquelle on tue un jeune iromme, ou quelque autre homme que ce soit.
S 5. Pourquoi 1rs hommes font des modes mixtes.
Si nous poussons un peu plus loin nos recherches , pour voir ce qui détermine lis hommes a convertir diverses combinaisons d’idées simples en autant de modes distincts , pendant qu'ils en négligent d’autres, qui, à considérer la nature même des choses, sont aussi propres à être combinées et a former des idées distinctes, nous en trouvons la raison dans le but même du langage. Car, les hommes l’ayant institué pour se faire connaître ou se communiquer leurs pensées les uns aux antres, aussi promptement qu’ils peuvent , ils font d’ordinaire de ces sortes de collections d’idées, qu’ils convertissent en modes complexes auxquels ils donnent certains noms, selon qu’ils en ont besoin par rapport a 1 leur manière de vivre et A leur conversation ordinaire. Pour les autres idées, qu'ils ont rarement occasion de faire entrer dans leurs discours, ils les laissent détachées et sans noms qui les puissent lier ensemble ; aimant mieux , lorsqu’ils en ont l>esoin, compter l’une apres l’autre toutes les idées qui les composent , que
* • Cela s’entend , si elles peuvent être combinées, en « i|uoi on manque souvent. -