‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 192 sur 423 · LIVRE III, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VI

dans tout ton jour. Ainsi , j'espère qu'on m'excusera de ce que j'ai traité au long un sujet qui mérite d’autant plus , A mon avis , d'étre approfondi , que les fautes qu’on commet ordinairement dans ce genre , apportent non-seulement les plus grands obstacles à la vraie connaissance, mais sont si respectées , qu'elles passent pour des fruits de cette même connaissance. Les hommes s'apercevraient souvent que , dans ces opinions dont ils font tant les tiers , il y a bien peu de raison et de vérité , ou peut-être qu’il n’y en a absolument point, s'ils voulaient porter leur esprit au delà du certains sons qui sont à la mode , et considérer quelles idées sont ou ne sont pas comprises sous des termes dont ils se munissent A toutes lins et en toutes rencontres , et qu'ils emploient avec tant de confiance , pour expliquer toutes sortes de matières. Pour moi , je croirai avoir rendu quelque service A la vérité, A la paix et A la véritable science , si , en m’étendant un peu sur ce sujet , je puis engager les hommes A réfléchir sur l'usage qu’ils font des noms en parlant , et leur donner occasion de soupçonner que, puisqu’il arrive souvent A d'autres d'employer dans leurs discours et dans leurs écrits de fort bons termes , autorisés par l’usage, dans un sens fort incertain , et qui se réduit A très-peu de chose , ou même A rien du tout , ils pourraient bien tomber aussi dans ie même inconvénient. D’où il suit évidemment qu’ils ont bien raison de s’observer exactement eux-mêmes, sur ces matières , et d'être bien aises que d’autres s'appliquent A les examiner. C'est sur ce fondement que je vais continuer de proposer ce qui me reste A dire sur cet article.

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