‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 206 sur 423 · ENT HUMAIN · texte numérisé non relu

ENT HUMAIN

dix , et certainement plus de cinquante significations différentes '.

S S. Exemple tiré de la particule mais.

But , est une des particules les plus communes dans la langue anglaise, et après avoir dit que c’est une conjonction discrétive , qui répond au mot sed eu latin , ou mais en français , on pense l’avoir suffisamment expliquée. Cependant il me semble qu’elle donne à entendre divers rapports que l’esprit attribue à différentes propositions, ou parties de propositions, qu’il joint par ce monosyllabe. En voici quelques exemples.

l" « Mais, pour ne rien dire de plus sur ce sujet - : exemple où cette particule sert à faire entendre que l’esprit s’arrête dans le chemin où il allait, avant que d’être arrivé au bout.

2° ■ Je ne vis pas plusieurs sortes de plantes, mais deux ■ (ou je ne vis que deux sortes de plantes). Ici le mot mais montre que l’esprit restreint le nombre des sortes à deux , en excluant toutes les autres.

3° a Vous priez , mais ce n'est pas pour que Dieu veuille vous amener à la connaissance de la vraie religion. •

4° ■ M ais pour qu’il vous confirme dans la vôtre. *

Le premier de ces mais désigne une supposition , dans l'esprit , de quelque chose qui est autrement qu'elle ne devrait être ; et le second fait voir que l’esprit met une opposition directe entre ce qui suit et ce qui précède.

5° » Tous les animaux ont la faculté de sentir ( personne ne le nie); «où un chien est un animal. - Ici, la particule fait un peu plus que de joindre la seconde proposition à la première ; elle l’y joint, comme mineure d’un syllogisme.

S 6. On n’a touché celte matière que fort légèrement.

A ces significations du mot mais, j’en pour-

1 a De savants hommes se sont attachés à faire des a traités sur les particule* du latin, du grec et de l'hébreu ; a et Stranchius , jurisconsulte célèbre , a fait un livre sur a l'usage des particules dans la jurisprudence , où ia s». . gnifteation n'est pas de petite conséquence. On trouve a cependant qu’ordinairement c’est plutôt par des exem* a pies et par des synonymes qu’on prétend les expliquer, « que par des notions distinctes- Aussi no peut-on pas a toujours en trouver une signification générale ou for* a malle, qui puisse satisfaire à tous les exemples. Mais . nonobstant cela, on pourrait toujours réduire tous les - usages d'un moi 4 un nombre déterminé de significa- „ ig,ns Et c'est ce qu’on devrait faire. »

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