DE L’ENTENDE
particules , a peut-être été trop négligée, comme quelques autres ont été cultivées avec trop d’exactitude. H est aisé d’écrire , l’un après l’autre, sur les cas et les genres, les modes et les temps, les gérondifs et les supins1. C’est à quoi l'on s’est attaché avec grand soin; et, dans quelques langues , ou a aussi rangé les particules sous différents chefs avec une extrême apparence d’exactitude. Mais, quoique les prépositions, les conjonctions, etc., soient des termes fort connus dans la grammaire, et que les particules qu’on renferme sous ces titres, soient rangées exactement sous des subdivisions distinctes , cependant, qui voudra montrer le véritable usage des particules, leur force et toute letendue de leurs signlllcatlons, ne doit pas se borner à parcourir ces catalogues ; il faut qu’il prenne un peu plus de peine , qu'il rédéchissc sur ses propres pensées , et qu’il observe avec la plus grande attention les différentes formes que son esprit prend en discourant.
J 4. Et, pour expliquer ces mots, il ne suffit pas de les rendre, comme on fait ordinairement dans les dictionnaires, par des mots d'une autre langue, qui approchent le plus de leur signification ; car , pour l'ordinaire , il est aussi malaisé de comprendre, dans une langue que dans l’autre , ce qu’on entend précisément par ces motslà. Ce sont tout autant de marques de quelque action de l’esprit, ou de quelque chose qu’il veut donner à entendre. Ainsi , pour bien cçmprendre ce qu'ils signifient, il faut considérer avec soin les différentes vues , postures, situations , tours , limitations , exceptions , et autres pensées de l'esprit que nous ne pouvons exprimer faute de noms , ou parce que ceux que nous avons sont très-imparfaits. Il y a une grande variété de ces sortes de pensées , et qui surpasse de beaucoup le nombre des particules que ia plupart des langues fournissent pour les exprimer. C'est pourquoi l’on ne doit pas être surpris que la plupart de ces particules aient des significations différentes, et quelquefois presque opposées. Dans la langue hébraïque, il y a une particule qui n'est composée que d'une senle lettre , mais dont compte, s'il m’en souvient bien, soixante-
i « Los genres no font rien dans la grammaire phboso- , phiqur , mais les cas répondent aux prépositions , et « souvent la préposition y «si enveloppée dans le nom et ■ comme absorbée, et d’autres particules sont cachées a dans les flexions des verbes. «