Existence réelle
1 ■ I-V connaissance se prend encore pins générai,-- « omit , en sorte qu'elle se trouve dans les idées , ou 1er- " rues , avant qu’on Tienne aux proposai, ins uu vérités...
■ C’est pourquoi certains logiciens n’avaient point tort de « dire que les topiques, ou lieux d'invention, servent s autant à l'explication ou description bien circonstanciée „ d’une chose, ou d’une idée, qu’à la preuve d’une pro-
- position ou vérité... Mais prenant le mot connaissance,
■ pour la vérité eUe-méme , comme fait ici fauteur, sans « rfnute elle est toujours fondée dan» la convenance on « dtsconvenance de nos idées ; mais od ne peut pas dire » généralement que notre connaissance de la vérité soit
- une perception de celte convenance ou disconvenance.
’* Car lorsque nous ne savons la vérité qu'cmpiriqnetnent,
« sans apercevoir !a connexion des cltoses , et la raison " qu’il y a dans ce que nous avons expérimenté, nous n’a-
- vons point de perception de celte convenance ou discon*
- venance ; à moins qu’on ne veuille dire que non» la sentons confusément, sans nous en apercevoir. Or, les exemples allégués Ici, marquent, ce semble, que l’on
" exige une connaissance où l’on s'aperçoive de la con- " nexion ou de l’opposition, ce qu’il est impossible d'ac-
- corder. Enfin , la déiinition de notre anteur parait «eu* lement accommodée aux vérités catégoriques, où il y a
« deux idées, le sujet et le prédicat; maïs il y a encore
- une connaissance des vérités hypotltétiques , on qui s’y
- |M*uvenl réduire (comme iis disjonctivos et autres) , où
- il y a de la liaison cuire la pru|iosilinn antéeéilenle et la " proposition conséquente , ainsi il y l*!’Ul cnlrer plus de
- deux idées. ■
S 4. 1. D’identité on de diversité.
Et pour ce qui est de la première espèce de convenance ou de disconveiuinee , qui est de Y identité ou la diversité ; le premier et le principal acte de l’esprit , lorsqu'il a quelque sentiment ou quelque idée, c’tst d'apercevoir les idées qu'il a , et, autant qu’il les aperçoit , de voir ce que chacune est en elle-même , et par là d’apercevoir aussi leur différence , et comment I une n'est pas l’autre. C’est une chose si nécessaire, que sans cela l’esprit ne pourrait ni connaître , ni imaginer , ni raisonner , ni avoir nbsolument aucune pensée distincte. C’est pnr là , dis-je , qn'il aperçoit clairement , et d'une manière infaillible , que chaque idée convient avec elle-même , et qu’elle est ce qu’elle est ; et qu’au contraire toutes les idées distinctes disconviennent entre elles, c’est-à-dire, que l’une n’est pas l'autre ; ce qu'il voit sans peine, sans effort , sans faire aucune déduction , mais dés là première vue , pnr la puissance naturelle qu'il a d'apercevoir et de distinguer les choses. Quoique les logiciens nient réduit eela à ces deux règles générales : Ce qui est, est; et, Il est impossible qu’une même chose soit , et ne soit pas en méuie temps, afin de les pouvoir promptement appliquer à tous les cas où l'on peut avoir sujet d'y faire réflexion , il est pourtant certain que c'est sur des idées particulières que cette faculté commence à s’exercer. Un homme n’a pas plutôt dans l’esprit les idées qu'il nomme blanc et rond, qu'il connaît infailliblement que ces idées sont véritablement ce qu'elles sont, et non d’autres idées qu’il appelle rouge ou carré. Et il n'y a aucune maxime ou proposition dans le monde qui puisse le lui faire connaître plus nettement ou plus certainement qu’il ne faisait auparavant, sans le secours d'aucune règle générale. C’est doue là la première convenance ou diseonvenancc que l'esprit aperçoit dans scs idées, et qu’il aperçoit toujours dès la première vue. Et , s’il s’élève jamais quelque doute sur ce sujet , on trouvera toujours que c’est sur les mots et non sur les idées elles-mêmes, dont on apercevra toujours l’identité et la diversité , aussi promptement et aussi clairement qu’on aperçoit les idées mêmes. Cela ne saurait être autrement.
S S. 2 .De relation.
La seconde sorte de convenance ou de disconvenanee que l'esprit aperçoit clans quelqu'une de ses idées peut être ap|ie|ée relative y
DK L’ENTEN DKMENT HUMAIN.
et ce n'isl aube chose que la perception du rapport qui est entre deux idées , de quelque pspéce qu'elles soient , substances , modes , ou autres. Car , puisque toutes les idées distinctes doivent êlre éternellement reconnues pourn'êlre pas les mômes, et ainsi être universellement et constamment niées l'une de l’autre , nous n aurions absolument point de moyen d'arriver à aucune connaissance positive, si nous ne pouvions apercevoir aucun rapport entre nos idées, ni découvrir la convenance ou la diseonvcnance qu'elles ont l'une avec l'autre, dans les différents moyens dout l’esprit se sert pour les comparer ensemble.