‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 291 sur 423 · LIVRE IV, CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE XIV

sentent , et d'être averti de l'existence de quelque chose qui est hors de lui ; et tant que les pensées des hommes sont appliquées A considérer leurs propres idées déterminées, ils ne peuvent s’empêcher d’observer en quelque degré la convenance et 1* dlsconvenance qui se peut trouver entre quelques-unes de ces idées , ce qui, jusque-là, est une véritable connaissance. Et , s’ils ont dis noms pour désigner les idées qu’ils ont ainsi considérées, ils ne peuvent qu’être assurés de la vérité des propositions qui expriment la convenance ou la disconvenance qu'ils aperçoivent entre ces idées, et être certainement convaincus de ces vérités. Car un homme ne peut s’empêcher, ni de voir ce qu’il voit , ni de connaître qu’il perçoit ce qu’il perçoit ■.

5 3. Exempte dans les nombres.

Ainsi , celui qui a acquis les Idées des nombres , et a pris In peine de comparer un , deux et trois , avec six , ne peut s’empêcher de connaître qu’ils sont égaux. Celui qui a acquis l’idée d’un triangle , et a trouve le moyen de mesurer ses angles et leur grandeur, est assuré que ses trois angles sont égaux à deux droits , et il n’en peut non plus douter que de la vérité de cette proposition , Il est impossible qu'une chose soit et ne soit pas.

Et dans la religion naturelle.

De même , celui qui a l’Idée d’un être intelligent, mais faible et fragile , formé par un autre, dont il dépend et qui est éternel, tout-puissant, parfaitement sage et parfaitement bon, connaîtra aussi certainement que l’homme doit honorer Dira , le craindre et lui obéir , qu’il est assuré que le soleil luit quand il le voit actuellement. Car , s’il a seulement dans son esprit des idées de ces deux sortes d’êtres , et qu’il veuille s’appliquer à les considérer, il trouvera aussi certainement que l’être inférieur , fini et dépendant , est dans l’obligation d’obéir à l’être supérieur et infini , qu’il est certain de trouver que trois, quatre et sept sont moins que quinze, s’il veut considérer et calculer ces nombres ; et Il ne saurait être plus assuré par un temps serein que le soleil est levé en plein midi , s’il

• « Nous svno* déjà établi qu’il ne dépend pas de

• l'homme d’avoir tel ou tel sentiment, dans fétat pré-

■ sent ; mais il dépend de lui de se préparer pour l'avoir,

■ ou pour ne le point avoir dans la suite ; eUpar cotisé.

* quant les opinions ne sont volontaires que d’une tna- « nicre indirecte. »

veut ouvrir les yeux et les tourner du cêté de cet astre. Mais quelque certaines et claires que soient ces vérités, celui qui ne voudra jamais prendre la peine d’employer ses facultés comme il devrait pour s’en instruire, pourra pourtant en ignorer quelqu’une, ou même les ignorer toutes ensemble.

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