‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 295 sur 423 · Jaunerais miras dire que la probabilité est tou · texte numérisé non relu

Jaunerais miras dire que la probabilité est tou

■ jours fond, s, dans la vraiarmbtanre , ou dans la confor- « mile avec la vérité ; le témoigage d’autrui est encore une

• chose qui vient ordinairement a l’appui de la vérité dans - les faits d'une observation facile et commune. On peut « donc dire que la similitude du probable avec le vrai est « prise , ou de la chose même , ou de quelque chose étran-

■ gère. Les rbétoriciens admettent deux sortes d'orgie « menti les artificiels, qui sont tirés des choses par le

• raisonnement , cl les Inartificiels, qui ne se fondent « que sur le témoignage exprès , ou de l'homme , on tient*

• être encore de la chose même. Mais il y en a aussi de

• mixtes ou us étés , car le témoignage peut fournir lui—

• même un fait qui tend à former un argument artificiel. »

ment pesé les raisons de part et d'autre, il doit la rejeter ou la recevoir avec un consentement plus oo moins ferme , selon qu'il y a des fondements de probabilité plus grande d’un côté que de l’autre.

Par exemple, si je vois moi-même un homme qui marche sur la glace , c’est plus que probabilité , c’est connaissance ; mais si une autre personne me dit qu’il a vu en Angleterre un homme qui, au milieu d'un rude hiver, marchait sur l’eau durcie par le froid , c’est une chose si conforme à ce qu’on voit arriver ordinairement, que je suis disposé , par la nature même de la chose , à y donner mon consentement, à moins que la relation de ce fait ne soit accompagnée de quelque circonstance qui le rende visiblement suspect. Mais si on dit la même chose à une personne née entre les tropiques, qui auparavant n'ait jamais vu ni oui dire rien de semblable , en ce cas , toute la probabilité se trouve fondée sur le témoignage du narrateur ; et, selon que les auteurs de la relation sont en plus grand nombre , pins digues de fol , et qu'ils ne sont point engagés par leur intérêt à parler contre la vérité, le fait doit trouver plus ou moins de créance dans l'esprit de ceux à qui il est rapporté. Néanmoins, à l’égard d'un homme qui n’a jamais eu des expériences entièrement contraires, et qui n'a jamais entendu parler de rien de pareil à ce qu'on lui raconte , l’autorité du témoin le moins suspect sera à peine capable de le porter & y ajouter foi ; comme on peut voir par ce qui arriva à un ambassadeur hollandais, qui, entretenant le roi de Siam des particularités de la Hollande dont ce prince s’informait, lui dit entre autres choses :

■ Que dans son pays l’eau se durcissait quelquc-

• fois si fort , pendant la saison la plus froide de « l’année, que les hommes marchaient dessus;

• et que cette eau ainsi durcie porterait des élé- « phants, s’il y en avait : » car sur cela le roi reprit : ■ J'ai cru Jusqu’ici les choses extraordinai- « rcs que vous m'avez dites, parce que je vous > prenais pour un homme d'bonneur et de pro- « bité; mais présentement je suis assuré que vous « mentez. »

S 0. Car tout cela peut beaucoup varier.

C'est de ces fondements qug dépend la probabilité d’une proposition ; et une proposition est en elle-même plus ou moins probable , selon que notre connaissance , la certitude de nos observations, les expériences constantes et souvent réi-

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