‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 39 sur 423 · Je crois qu’on peut dire que ces idées sensibles ne · texte numérisé non relu

Je crois qu’on peut dire que ces idées sensibles ne

- sont simples qu’en apparence, parce que, étant confu-

- ses, elles ne donnent point à l'esprit le moyen de dis* « tiuguer ce qu'elles contiennent. ... Par exemple, le

- vert naît du jaune et du bleu mélés ensemble, et pour- « tant l'idée du vert nous parait aussi simple que celle du

• bleu , ou que celle du cltaiid .... Je consens donc qu'on

• traite ces idées de simples, parce qu’au moins notre s a|terreption ne les divise iras ; mais il faut venir à leur

• analyse par d'autres expériences, et par la raison, h

• mesure qu'on peut les rendre plus intelligibles. »

de toutes nos connaissances , ne sont suggérées à l'âme que par les deux voies dont nous avons parlé cl -dessus , je veux dire par la sensation et par la réflexion, lorsque l'entendement a une fois reçu ces idées simples , U a la puissance de les répéter , de les comparer , de les unir ensemble avec une variété presque infinie , et de former par ce moyen de nouvelles idées complexes , selon qu'il le trouve â pnquis. Mais il n'est pas au pouvoir des esprits les plus sublimes et les plus vastes, quelque vivacité et quelque fertilité qu'ils puissent avoir , de former dans leur entendement aucune nouvelle Idée simple qui ne vienne par l'une de ces deux voies que js viens d’indiquer ; et il n’y a aucune force dans l'enteudement qui soit capable de détruire celles qui y sont déjà. L'empire que l'homme a sur ce petit monde , je veux dire sur son propre entendement , est le même que celui qu’il exerce dans ce grand monde d'êtres visibles. Comme toute la puissance que nous avons sur ce monde matériel, ménagée avec tout l’art et toute l'adresse imaginables , ne s’étend dans le fond qu’à composer et à diviser les matériaux qui sont à notre disposition, sans qu'ii soit en notre pouvoir de faire la moindre particule de nouvelle matière, ou de détruire un seul atome de celle qui existe déjà, de même nous ne pouvons former dans notre entendement aucune idée simple qui ne nous vienne par les objets extérieurs à la faveur des sens, ou par les reflexions que nous faisons sur les propres opérations de notre esprit. C’est ce que chacun peut éprouver par lui-même. Et pour moi, je serais bien aise que quelqu’un voulut essayer de se donner l’idée de quelque goiit dont son palais n’eût jamais été frappé , ou de sc former l’idée d’une odeur qu’il n’eût jamais sentie ; et lorsqu’il pourra le faire, j'eu conclurai tout aussitôt qu'un aveugle a des idées des couleurs, et un sourd des notions distinctes des sons.

jÿ 3. Ainsi, bien que nous ne puissions pas nier qu'il ne soit possible à Dieu de faire une créature qui reçoive dans son entendement la connaissance des choses corporelles , par des organes differents de ceux qu’il adonnés à l’homme, et en plus grand nombre que ces derniers qu’on nomme les sens, et qui sont au nombre de cinq , selon l’opinion vulgaire je crois pourtant

« Montaigne a exprimé ton! cela à s» manière. Comme le |>assage est carieux , quoique un peu long , je crois qu’on ne sera jms ftché de le voir ici. « l«a première eoosidé-

uvm; 11. chapitre iii.

que nous ne saurions imaginer ni connaître dans les corps, de quelque manière qu'ils soient disposés, aucunes qualités dont nous puissions avoir quelque connaissance qui soient différentes des sons , des goûts, des odeurs et des qualités visibles et tangibles. Par la même raison , si l’homme n’avait reçu que quatre de ces sens , les qualités qui sont les objets du cinquième sens auraient été aussi éloignées de notre connaissance, Imagination et conception , que le sont présentement les qualités qui appartiennent au sixième, septième et huitième sens , que nous supposons possibles, et dont on ne saurait dire, sans une grande présomption , que quelques autres créatures ne puissent être enrichies dans quelque autre partie de ce vaste univers. Car quiconque n’aura pas la vanité ridicule de s’élever au-dessus de tout ce qui est sorti de la main du Créateur, mais considérera sérieusement l'immensité de ce prodigieux édifice et la grande variété qui parait sur la terre , cette petite et si peu considérable partie de l'univers , sur laquelle il se trouve placé, sera porté à croire que, dans d'autres demeures, 11 peut y avoir d’autres êtres intelligents dont les facultés lui sont aussi peu connues, que les sens ou l’entendement de l'homme ie sont à un ver caché dans le fond d'un cabinet. Une telle variété et une telle excellence dans les ouvrages de Dieu conviennent à la sagesse et à la paissance de ce grand ouvrier. Au reste, j'ai suivi dans cette occasion le sentiment commun, qui ne donne que cinq sens à l'homme , quoique peut-être on eût droit d’en compter davantage. Mais ces deux suppositions servent également à mon dessein.

- ration, dit-il, que j’ai sur le aubjert des sens, est que

- je mets en doute que rbomme soit pourrai de tous sens

• naturels, ie vois plusieurs animaux qui vivent une vie

• entière et parfaicte , les une sans la veue, les antres sans

- l'ouve : qui sait si s nous aussi il ne manque pas encore

- un, deux, trois, et plusieurs autres sens? Car, s'il eu manque quelqu’un , notre discouru n'en peut drsrouvrir

■< le défaut. C'eat le privilège des sens d’étre l'extrême » tome de notre apercevante : U n’y a rien, au-deiè d'eux,

- qui nous puisse servir k tes descouvrir : voire ni l'un

- des sens ne peut descouvrir l'autre.

• An poterne t oeulos rares reprebenderr , an aure*

• Ta c nia * io h troc porrô Urtun aapor arynrt aria f

• An coototilwat narea , ocuttve réviserai F

« Ils sont très tous la ligne extrême de notre faculté. ■ — Que sait-on si les difficultés que nous trouvons en •• plusieurs ouvrages de nature viennent du défaut de " quelques sens? Et si plusieurs effets des animaux qui excédait notre capacité , sont produit: U par la (acuité de

- quelque sens que nous ayons à dire? Et si aucuns d’en*

• treux ont une vie plus pleine par ce moyen, et (dus en-

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