‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 38 sur 423 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Dt* idées simples.

S Ier. /(Ires qui ne sont pas composées.

Pour mieux comprendre quelle est la nature et l'étendue de nos connaissances, il y a une chose qui concerne nos idées à laquelle il faut bien prendre garde : c’est qu’il y a de deux sortes d’idees, les unes simples et les autres composées.

Bien que les qualités qui frappent nos sens soient si fort unies et si bien mêlées ensemble dans les choses mêmes , qu'il n'y ait aucune séparation ou distance entre elles , il est certain néanmoins que les idées que ces diverses qualités produisent dans l'âme y entrent par les sens d'une manière simple et sans nul mélange. Car , quoique la vue et l'attouchement excitent souvent dans le même temps différentes Idées par le même objet, comme lorsqu'on voit le mouvement et la couleur tout à la fols, et que la main sent la mollesse et la chaleur d’un même morceau de cire, cependant les idées simples qui sont ainsi réunies dans le même sujet sont aussi parfaitement distinctes que celles qui entrent dans l'esprit par divers sens. Par exemple, la froideur et la dureté qu’on sent dans un morceau de glace sont des idées aussi distinctes dans l'âme que l'odeur et la blancheur d'une fleur de lis, ou que la douceur du sucre et l'odeur U’une rose; et rien n'est plus évident à un homme que la perception claire et distincte qu'il a de ces idées simples, dont chacune, prise à part , est exempte de toute composition , et ne produit par conséquent dans l'âme qu’une conception entièrement uniforme, qui ne peut être distinguée en dil'fi rentes idées '.

S 2. L'esprit ne peut ni faire ni détruire des idées simples.

Or, ces idées simples , qui sont les matériaux

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