‹ Œuvres de Locke et LeibnitzChapitre 94 sur 423 · LIVRE 11, CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE XIX

balion ; car ces mots étant employés pour désigner certaines idées complexes , qui sont rarement dans l'esprit d'autres personnes que de celles à qui elles sont suggérées de tempe en temps par leurs occupations particulières, Us ne sont entendus en général que des imprimeurs, ou des chimistes, qui ayant formé dans leur esprit les idées complexes que ces termes signifient , et leur ayant donné des noms , ou ayant reçu ceux que d'autres avaient déjà inventés pour les exprimer , ne les entendent pas plutAt prononcer par les personnes de leur métier que ces idées se présentent À leür esprit. Le terme de cohobalion , par exemple , excite d'abord dans l'esprit d'un chimiste toutes les idées simples de distillation, et le mélange qu'on fait de la liqueur distillée avec la matière dont elle a été extraite pour la distiller de nouveau. Ainsi nous voyons qu’il y a une grande diversité d’idées simples de goûts, d'odeurs , etc. , qui n’ont point de nom ; et encore plus de modes , qui , ou n’ayant pas été assez généralement observés, ou n'étant pas d'un assez grand usage pour que les hommes s’avisent d’en prendre connaissance dans leurs affaires et dans leurs entretiens, n’ont point été désignés par des noms , et ne passent pas , par conséquent , pour des espèces particulières. Mais j’aurai occasion dans la suite d’examiner plus au long cette matière , lorsque je viendrai à parler des mots >.

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