‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 109 sur 277 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

SARDATJAPALE.

(le serait un nioyt'U tyrannique.

SALEMÈNES

Mais si*n'.

SAKDANAl'ALE.

Nous sommes en sûreté: quel danger peuvent- ils susrit«"r «•outre nous sur la frontière?

SALEMÈNES

Ils n'y sont pas encore... ils n'y seraient jamais si vous ni'écoutiez.

SARDANAPALE

Je t'ai écouté avec impartialité... pourquoi ne devrais -je pas les écouter de même ?

SALEMÈNES

Vous le saurez plus tard... là -dessus je prends congé de vous pour rassembler votre garde.

SARDANAPALE

Et tu nous rejoindras au banquet ;'

SALEMÈ?IKS.

Sire, dispensez-m'en... je ne suis pas ami des festins. Exigez de moi tous les services, excepté celui des Uacchantes.

Cependant il est bien de se réjouir de temps en temps.

SALEMÈNES

Il est bien aussi que quelques uns veillent pour ceux qui se réjouissent trop souvent. Ai-je la permission de sortir i*

SARnANAPALE.

Oui... mais reste un moment encore, mou fidèle Sulemènes , mon frère , mon meilleur sujet , meilleur prince que je ne suis roi... Tu aurais dû être le monarque, et moi... je ne sais et m'en soucie peu ; mais ne crois pas que je sois insensible à ta loyauté , à ta sagesse et à ton indulgence pour mes folies , malgré les reproches que ton zèle m'adresse souvent. Si j'ai épargné ces hommes malgré ton avis , ce n'est pas que je doute que ton avis ne fût vrai ; mais laisse - les vivre , pourvu qu'ils se repentent. Leur bannissement ne me privera pas du sommeil que leur mort m'eût ravi.

196 SÀRDANAPALE.

SALEMÈNES

Vous courez le risque de dormir à jamais , pour sauver des traîtres... ils auraient souffert un moment, vous leur laissez des années de crimes. Permettez-moi de les forcer à un long repos.

SARDANAPALE

Ne me tente pas , ma sentence est prononcée.

SALEMÈNES

On peut la révoquer.

SARDANAPALE

C'est celle d'un roi.

Elle devrait donc être décisive. Cette demi-indulgence , qui ne les condamne qu'à l'exil , ne servira qu'à provoquer la révolte... un pardon doit être entier, ou ce n'est plus un pardon.

SARDANAPALE

Et qui m'a persuadé , après que je les avais seulement bannis de ma présence, qui m'a pressé de les renvoyer dans leurs gouvernemens ?

SALEMÈNES

Il est vrai, je l'avais oublié... Si toutefois, sire, ils arrivent jusque là... oh! alors vous me reprocherez mon avis.

SARDANAPALE

Et s'ils n y arrivent pas en sûreté... écoute-moi bien... en si\reté , entends-tu.''... songe à la tienne.

SALEMÈNES

Permettez-moi de partir... on pourvoira à leur sûreté.

SARDANAPALE

Va donc, et pense plus favorablement de ton frère.

SALEMÈNES

Sire, je ferai toujours mon devoir envers mon souverain.

( Salemènes sort. )

SARDANAPALE Seill.

Cet homme est d'un caractère trop sévère , aussi dur, mais aussi élevé que le rocher, et libre de toutes les empreintes

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