‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 154 sur 277 · ACTE PREMIER. 2Hi · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. 2Hi

deux membres du conseil des Dix... retirons-nous. ÇMemma sort ai'ec le sénateur. Lnredano entre avec Barbarigo.) BARBARiGo , à LoT'eclano.

C'en était trop : croyez-moi , il n'était pas bien de laisser continuer la procédure dans un tel moment.

LOREDANO

Ainsi donc le conseil doit se séparer et la justice s'arrêter, parce qu'une femme sera venue s'introduire au milieu de nos délibérations!

BARBARIGO

Non. Ce n'est pas ce motif dont je veux parler. Vous avez yu l'état du prisonnier,

LOREDAXO.

Et n'est-il pas revenu à lui?

BARBARIGO

Pour succomber encore à la moindre torture.

LOREDANO

C'est ce qu'on n'a pas essayé.

BARBARIGO

Vainement vous voudriez murmurer ; la majorité du conseil était contre vous.

LOREDANO

Grâce à vous, seigneur , et au vieux Doge, qui avez ajouté vos voix à celles qui l'ont emporté sur la mienne.

BARBARIGO

Je suis juge, mais je dois avouer que cette partie de notre sévère devoir qui prescrit la question et nous force d'être témoins des tortures me fait désirer...

LOREDANO

Quoi ?

BARBARIGO

Que vous éprouviez quelquefois ce que j'éprouve toujours.

LOREDANO

Allez, vous êtes un enfant, aussi faible dans vos sentimens que dans vos résolutions j un souffle vous émeut; un

soupir vous cbranle, une larme vous trouble... excellent juge

pour Venise! et digne compagnon de ma politique!

BARBARIGO

11 n'a pas répandu une larme.

LOREDANO

Deux fois il a poussé un cri,

BARBARIGO

Un saint martyr en eût fait autant, même avec la couronne céleste devant les yeux , s'il eût souffert une torture aussi cruelle. Mais il n'a point crié pour implorer la pitié. Aucune parole, aucun gémissement ne lui a échappé; et ces deux cris n'étaient point l'expression d'une prière, mais ils lui ont été arrachés par des transes déchirantes.

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