‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 174 sur 277 · I.OREDANO · texte numérisé non relu

I.OREDANO

Il les accepte comme on les lui ofiVe.

MARINA

Qu ils lui pjospérent autant que je le désire ! C'en estasse/.

JACOPO FOSCAr.X.

Est-ce là , seigneur, tout votre message? Nous avons peu de temps pour nous préparer, et vous voyez que votre présence afflige cette dame, qui sort (rune l'auiille aiiï^si noble que la votre.

MARINA

Plus noble!

rOREDANO.

Comment plus nobl»> ?

MARINA

Connue étant plus généreuse ! Nous disons le gc'uéreux coursier , pour exprimer la piueté de sa race ; née à Venise , où nous n<> voyons que des coursiers de Ijronze , c'est ce que j'ai entendu dire à ces Vénitiens qui ont parcouru les côtes de l'Egypte et celles de l'Arabie * , pomquoi ne dirions-

r.oiil Oigioii lioiin.iit un ,s|ir(l;i(le ciiiirux ;iii\ Vfjnitipns, loisiiu'il cxcicnit 'its chcvain sur IVlioile h'-iiic du lj(\n. a. r.

nous pas l'homme généreux ? Si la race est quelque chose , c'est par ses vertus plutôt que par son ancienneté ; et la mienne, qui est aussi ancienne que la vôtre, est plus noble par les enfans qu'elle a produits... oui... cessez de me regarder en fronçant le sourcil... Allez , allez consulter votre arbre généalogique si riche de feuilles et de fruits , et rougissez de trouver des ancêtres qui auraient rougi d'un tel fils... homme au cœur dévoré de haine.

JACOPO FOSCARI

Encore, Marina!

MARINA

Encore, toujours ! ne voyez-vous pas qu'il vient ici rassasier sa haine en contemplant notre infortune ? qu'il la par-, tage.

JACOPO FOSCARI

Ce serait difficile.

MARINA

Rien de plus aisé; il la partage à présent... oui... il peut cacher le trait qui le déchire , sous le masque d'un front de marbre et d'un air d'ironie ; mais il le sent. Quelques paroles de la vérité confondent les ministres de Satan comme Satan lui-même; j'ai éprouvé son âme un moment, comme avant peu elle le sera à jamais par le feu éternel. Vois comme il s'éloigne de moi avec effroi , emportant à la main des ordres de mort, d'emprisonnement et d'exil pour les distribuer parmi ses semblables ; ce sont ses armes , mais non son armure , car je l'ai percé jusqu'au fond de son cœur de glace... je m'inquiète peu de ses regards menaçans... nous ne pouvons que mourir... il vivra, c'est pour lui le pire des supplices. Chaque jour l'enchaîne davantage au tentateur.

JACOPO FOSCARI

Voilà de la démence.

MARINA

Peut-être... et qui nous a jetés dans la démence .'*

LOREDANO

Laissez-la parler ; cela r.c me blesse point.

Page 1