‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 198 sur 277 · ACTE CINQUIEME. 3i · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIEME. 3i

précipite. C'est là qu'il y a trente-rinq ans je fus installé; je traversai les mêmes appartemens dont je n'aurais jamais cru devoir être banni, excepté comme le cadavre d'un chef mort en les défendant... et non par mes concitoyens. Mais venez, mon fds et moi nous nous en irons ensemble, lui à son tombeau , et moi pour implorer le mien.

LE CHEF DES DIX

Quoi ! en public !

LE DOGE

Je fus publiquement élu , je serai déposé de même. Marina , venez-vous ?

MARINA

Voici mon bras.

LE DOGE

Voici mon bâton de vieillesse ; c'est sur cet appui que je pars.

LE CHEF DES DIX

Ce ne doit pas être... le peuple s'en apercevra.

Le peuple!... il n'y a pas de peuple, vous le savez bien, ou vous n'auriez pas osé agir ainsi avec lui ou avec moi ; il y a une populace peut-être, dont les regards vous feraient honte; mais elle n'ose ni gémir ni vous maudire, excepté (les yeux et du fond du cœur.

LE CHEF DES DIX

La passion vous fait parler ainsi.

LE DOGE

Vous avez raison ; j'ai plus parlé que je n'avais coutume : c est une faiblesse qu'on ne pouvait me reprocher , mais qui vous excuse peut-être en montrant que j'approche d'un âge qui peut justifier votre acte , à défaut de l'approbation impossible de la loi. Adieu, seigneurs.

RARBAHIGO.

Vous ne sortirez pas sans une escorte convenable à votre rang passé , et à celui que vous tenez encore ; nous accompagnerons respectueusement le Doge à son palais particulier ; parlez , mes collègues , ne l'accompagnerons-nous pas ?

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