‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 217 sur 277 · ACTE PREMIER. 39Ô · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. 39Ô

fimt expédier d autres , jusqu'à ce que la réponse du oomniaudant arrive de Franclort.

IDENSTEIN

Je ferai ce que je pourrai.

FRITZ

Et souvenez-vous de n'épargner rien... vous serez récompensé au centuple.

IDENSTEIN

Le baron est-il endormi ?

FRITZ

Il s'est jeté dans un grand fimteuil , près du feu , où il sommeille. 11 a ordonné qu'on ne le iroublàt pas avant onze heures... C'est alors qu'il se mettra au lit.

IDENSTEIN

Dans une heure d'ici j'aurai fait de mon mieux pour le servir.

FRITZ

Souvenez-vous-en bien. (Fritz sort.)

Au diable tous ces grands ! Ils croient que tout est fait pour eux. Maintenant il me faut appeler une denn- douzaine de vassaux grelotant sur leurs pauvres grabats, et les envoyer à Francfort au péril de leur vie , en traversant la rivière. Par sa propre expérience si récente , le baron n'aurait-il pas dii apprendre l'humanité envers ses semblables? Mais non , il le faut; et voilà tout. ( Apercevant Werner. ) Comment donc ! vous voilà , monsieur Werner ?

WERNER

Vous avez bientôt laissé votre hôte.

IDENSTEIN

Oui... il sommeille, et il semble ne pas se soucier que d'autres que lui goûtent le sommeil. Voici un paquet pour le commandant de Francfort, qu'il faut envoyer, quoi qu'il en coûte, et à tous risques... Mais je ne dois pas perdre de temps. Bonne nuit. ( Idenstein sort.)

396 WERNER

WERNER

A Francfort... Allons, l'orage approche... Oui, le commandant ! Voilà qui s'accorde bien avec les premiers pas de ce demon à froids calculs , qui se place entre moi et la maison de mon père. Sans doute il demande dans sa dépêche un détachement pour me faire conduire dans quelque forteresse secrète... Ah ! plutôt.. .(/i^er«e/' regarde autour de lui, et saisit un couteau sur une table dans un coin.) Maintenant je suis du moins maître de mon sort. Silence... j'entends marcher !... Comment sais-je que Stralenheim attendra même ce secours de l'autorité qui doit protéger l'usurpation ? 11 est sûr qu'il me soupçonne. Je suis seul... il a une nombreuse suite... Je suis faible... il a la force de l'or, du nombre, du rang, du pouvoir... Je suis sans nom... ou le mien ne peut que hâter ma perte , tant que je ne serai pas sur mes domaines. Il est armé de ses titres, qui imposent surtout à ces obscurs petits bourgeois. Silence!... on s'approche !... Je pénétrerai dans le secret passage qui communique avec le... Non! le silence règne... mon imagination m'abusait... tout est calme, comme l'intervalle entre l'éclair et la foudre... Je dois maîtriser mes craintes dans mon danger... Cependant retirons-nous pour voir si le passage est resté inconnu j il me servira du moins de refuge pour quelques heures. ( Werner tire un panneau de boiserie , et sort en le fermant après lui. Gabor entre aK>ec Joséphine.)

GABOR

Où est votre époux ?

JOSÉPHINE

Je le croyais ici... je l'ai laissé, il n'y a pas long-temps, dans cette chambre; mais ces appartemens ont plusieurs issues , et il est peut-être sorti avec l'intendant.

GABOR

Le baron Stralenheim a fait plusieurs questions à l'intendant siu- votre époux ; et , à vous parler avec franchise , je doute qu'il lui veuille du bien.

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