‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 222 sur 277 · ACTE DEUXIFIMF · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIFIMF

IPENSTKIN.

Comment ç;i ?

FRITZ

Son père fit indiscrètemcMit une es])èce(le niariaj^e d'amour avec la fille d'un exilé italien, noble aussi, dit -on, mais nullement un parti digne d'une maison telle que celle de Sicgendorf. Le grand-père vit cette alliance de mauvais œil , et ne consentit jamais à revoir les parens, quoiqu'il eût pris le fils avec lui.

lUENSTElN.

Si c'est im garçon do courage, il peut élever des réclamations, et mettre encore votn^ baron dans l'embarras.

FRITZ

Oh! pour du courage, il en a bien assez. On dit qu'il réunit les qualités de son grand-père à celles de son père... sombre comme le premier et impétueux comme le second ; mais ce qu'il y a de plus étrange, c'est qu'il a disparu aussi il V a quelques mois.

IDENSTEIN

Qui diable le fit partir.^

FRITZ

Ce fut sans doute par 1 inspiration du diable (ju'il disparut si mal à propos , à la veille de la mort du vieillard , dont son absence brisa le cœur.

IDENSTEIÎN.

Et n en donne-t-on aucun motif?

FRITZ

Un grand nombre, dont peut-être aucun n'est le vrai. I/un prétendait qu'il avait été chercher ses parens ; l'autre , qu'il avait fui , parce que le vieillard le traitait sévèrement ( ce qui n'est guère probable, car il l'aimait avec tendresse); un troisième croyait qu'il avait été s'enrôler sous les drapeaux ; mais, la paix s'étant faite bientôt après son départ, il serait retourné, si c'eût été là le motif; un quatrième enfin murmurait charitablement , comme il y avait en lui quelque chose d'étrange et de mystérieux , que, dans la sauvage in-

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dépendance de son natui'el, il était allé joindre les bandes noires qui ravagent la Lusace , les montagnes de la Bohême et de la Silésie , depuis que , pendant ces dernières années , la guerre a dégénéré en une espèce de système de condottieri et de brigandage , chaque troupe étant dévouée à son chef, et chef et soldats ligués contre le genre humain.

IDENSTEIN

Cela ne peut être. Un jeune héritier , élevé dans le luxe et la richesse , risquer sa vie et son rang avec des soldats débandés !

FRITZ

Le ciel seul en est instruit. Mais il est des âmes si naturellementportées àl'amour sauvage des entreprises hasardeuses, qu'elles chercheraient le péril comme un plaisir. J'ai entendu dire que rien ne saurait civiliser l'Indien , ni apprivoiser le tigre , quand le miel et le lait seraient la nourriture de leur enfance. Après tout, Wallestein, Tilly, Gustave, Banner, Torstenson et Weimar, n'étaient que la même chose sur une plus grande échelle ; et maintenant que les voilà morts et la paix proclamée , ceux qui veulent se livrer au môme passe-temps doivent le poursuivre pour leur compte. Voici mon maître et cet étranger saxon qui fut hier son sauveur , et qui n'a quitté que ce matin la chaumière sur les rives de l'Oder. ( Stralenheim entre avec Ulric. )

STRALENHEIM

Généreux étranger , puisque vous refusez tout autre témoignage de reconnaissance que des remerciemens , vous me privez presque de vous payer ma dette, même en paroles , en me faisant rougir d'un« stérile gratitude, dont les expressions me semblent si peu de chose , comparées à votre noble

courage, o

ULBIC.

Je vous en prie, n en parlons plus.

Mais ne puis-je vous servir? Vous êtes jeune, et tout envous annonce la promesse d un héros. Bien fait , brave, comme

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