‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 225 sur 277 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

distinguerais-je parmi tant d(; gens? Dans la foulo, n'en déplaise à votre excellence , votre voleur ressemble exactement aux autres, ou il a même meilleure mine: c'est seulement au tribunal et en prison que les hommes sages connaissent les coquins : mais je parierais que , si on l'y a vu une seule fois , qu'il soit condamné ou absous , son visage ne mentira pas.

STRA1,F.NHEIM , à Fn'tz:

Se t'en prie , Fritz , informe-moi de ce qui a été fait pour atteindre le voleur.

FRITZ

Ma foi, monseigneur, peu de chose, si j'en excepte les conjectures.

STRALENHEIM

La perte que je fais m'affecte, je l'avoue, matériellement, dans les circonstances présentes, mais, en outre, je voudrais trouver le fripon pour l'intérêt public ; car un filou si adroit, qui a pu se glisser parmi mes gens à travers des appartemens éclairés, et venir prendre mon or sous mes yeux à peine fermés , aurait bientôt mis votre bourse à sec, monsieur l'intendant.

IDEjVSTEIN.

En effet, monseigneur, s'il v avait quelque cbose à prendre...

ULRIC

(^)u'esl-ce que tout cela ?

STRALENHEIN.

Vous n'êtes revenu auprès de nous que ce malin , et vous n'avez pas su que j'avais été volé cette nuit.

rLRIC.

J'en ai ouï murmurer quelque chose en traveisant i avenue de ce palais, mais voilà tout.

STRAT.ENHEIM.

(l'est !m élrange événement. i/inJeiiHant peut vous informer thi fait.

UO WERNER

IDE?JSTEI\.

Très volontiers... Vous voyez...

STRAÊENHEiM, ui^ec impatience.

Différez votre liistoire, jusqu'à ce que vous soyez certaiir de la patience de votre auditeur.

IDENSTEIN

Il faut des preuves pour prouver... Vous voyez... STRALENHEiM, V interrompant y et s^ adressant à Ulric.

En peu de mots... Je dormais sur un fauteuil; j'avais devant moi mon ëcritoire avec plus d'oi que je n'en voudrais perdre : quelque rusé coquin s'est glissé parmi mes domestiques et les gens du château; il est venu ra'enlever cent ducats d'or , que je serais bien aise de retrouver ; voilà tout. Peut-être qu épuisé comme je le suis par le danger que j'ai couru hier, je ferai bien de m'adresser à vous, et de vous prier d'ajouter un nouveau service à tout ce que je vous dois, en aidant ces gens (qui me semblent bien tièdes) à recouvrer mon argent.

ULRIC

Très volontiers, et sans perdre de temps... \^A Idensteiii.) Venez, monsieur.

IDENSTEIN

Mais, comme dit le proverbe, qui trop se hâte n'arrive pas toujours.

ULRlC.

Et qui reste immobile , jamais. Allons , nous parlerons en chemin.

Mais...

tILRIC.

Montrez-moi l'endroit , et je vous répondrai.

FRITZ

J'irai avec vous, seigneur, avec la permission de votre excellence.

STRALENHEIM

Allez, et prenez ce vieux âne avec vous.

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