ACTE QUATRIÈME
tout, excepte à cela. Tu ne dois pas mourir. Vois combien ta vie m'est chère, puisque je risque la vie de tant d'hommes, et bien plus que la vie , la liberté des générations futures pour n'être pas ton assassin , comme tu n'as pas craint de m'appeler... Encore une fois, je t'en conjure, ne passe pas le seuil de ta porte.
LIONI
Non , non... Je sors à l'instant même.
BERTRAM
Eh bien! périsse Venise plutôt que mon ami! Je vais révéler... faire tomber dans un piège... trahir... immoler... Oh! quel homme infâme je vais devenir pour toi!
LIONI
Dis plutôt que tu vas être le sauveur de ton ami et de l'Etat !... Parle , n'hésite plus. .. Toutes les récompenses , tous les gages qui garantiront ta sûreté te sont offerts... Je te promets tous les trésors que la république accorde à ses plus dignes citoyens... bien plus, la noblesse même... Je ne te demande que d'être sincère et repentant.
BERTRAM
Je viens d'y réfléchir : cela ne peut être... Je t'aime, lu le sais... Ma présence ici en est une preuve évidente, quoique ce soit la dernière 5 mais ayant rempli mon devoir auprès de toi , je dois maintenant être tout entier à ma patrie ! Adieu !... Nous ne nous verrons plus dans ce monde... Adieu !
EIONI.
Holà!... Antonio!... Pedro!... tenez-vous à la porte... que personne ne passe; arrêtez cet homme. {^Antonio et (Vautres domestiques armés entrent et saisissent Bertram )... ( lioni continue. ) Prenez garde qu'on ne lui fasse aucun mal ; apportez-moi mon épée et mon manteau , mettez quatre rames à la gondole... qu'on se dépêche. ( Antonio sort. ) Nous irons chez Giovanni Gradenigo , et nous enverrons chercher Marc Cornaro... Ne crains rien , Bertram, cette violence nécessaire est pour ta sûreté autant que pour celle de l'Etat.
BERTRAAI.
Où veux.-tu conduire ton prisonnier ?
LIONI
D'abord au conseil des Dix , et de là chez le Doge.
BERTRAM
Chez le Doge ?
LIONI
Sans doute... N'est-il pas le chef de l'Etat?
BERTRAM
Demain matin peut-être.