‹ Œuvres de Lord Byron (volume 2)Chapitre 59 sur 277 · ACTE CINQUIEME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIEME

telles precautions, que nous espérons qu aucun de ces coupables ne s'échappera pour aller répéter dans les royaumes étrangers ses perfides accusations contre le Sénat. ( Le Doge entre accompagné de gardes , etc. ) Doge !... car vous êtes toujours Doge; et la loi vous considère encore comme tel, jusqu'à ce- que l'heure soit venue de dépouiller de la toque ducale cette tête qui n'a pu se contenter de l'honneur de porter une couronne plus noble que celle des rois... vous avez conspiré pour renverser vos pairs qui vous ont tait ce que vous êtes , et pour éteindre dans le sang la gloire d'une cité... Mais nous avons déjà mis devant vos yeux dans votre appartement , par l'entremise des Avogadori , toutes les preuves qui témoignent contre vous ; jamais preuves plus terribles ne se sont élevées pour confondre un traître. Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?

LE DOGE

Que vous dirais-je, puisque ma défense serait votre condamnation ? vous êtes en même temps les coupables et les accusateurs, les juges et les bourreaux!... Faites ce que vous avez le pouvoir de faire.

BENINTENDE

Vos principaux complices ayant tout avoué , il n'est plus d'espoir pour vous.

LE DOGE

Et qui sont-ils ?

BEM.NTEXDE.

Le nombre en est grand , mais le premier est devant vous , Bertram deBergame... Voulez-vous le questionner ?(Z,e Z^oi'è regarde Bertram avec un air de mépris. )

LE DOGE

Non.

BEMNTE\DE.

Deux autres encore, Israel Bertuccio et Phihppe Calen . daro , ont avoué leur complicité avec le Doge.

Et où sont-ils :'

1()() MARINO FALlEilO.

BENINTENDE

Au lieu du supplice , et maintenant ils répondent au ciel de ce qu'ils ont tait sur la terre.

LE DOGE

Ah! le Brutus plébéien est-il donc mort, et avec lui l'ardent Gassius de l'arsenal ?... Comment ont-ils supporté leur arrêt.f^

BENINTENDE

Pensez au vôtre, .. il va être prononcé. Vous refusez donc de plaider votre cause ?

LE DOGE

Je ne puis plaider devant mes inférieurs , ni reconnaître que VOUS ayez le droit légal de méjuger... Montrez-moi la loi.

BENINTENDE

Dans les grandes circonstances imprévues , la loi doit être refaite ou amendée. Nos pères n'avaient point fixé de peine pour un crime comme le vôtre , de même que sur les antiques tables de Rome la sentence contre le parricide avait été oubliée. Pouvaient-ils déterminer un supplice pour une chose dont le nom et la pensée n'existaient pas dans leurs nobles cœurs ? Qui aurait pu prévoir que la nature serait assez corrompue pour permettre un attentat comme celui des fils contre leurs pères , et des princes contre leiu's royaumes ? Votre forfait nous a fait décréter une nouvelle loi • elle servira d'exemple aux traîtres dun rang élevé qui, mécontens de leur sceptre tant qu'il n'est pas converti en glaive à deux tranchans, conspireraient pour parvenir à la tyrannie! La dignité de Doge ne vous suffisait-elle pas ? Qu'y a-t-il de plus noble que la seigneurie de Venise ?

La seigneurie de Venise! Vous m'avez trahi... vous... oui, vous... traîtres que vous êtes !...J étais votre égal par la naissance et supérieur à vous par mes actions. Vous m'enlevâtes à mes honorables travaux dans des terres lointaines....! mes travaux sur mer... sur le champ de bataille... et dans les cités... Vous me désignâtes comme mie victime à couronner;

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