‹ Œuvres de Lord ByronChapitre 51 sur 114 · LOCH NA GARR · texte numérisé non relu

LOCH NA GARR

Loin de moi , rians paysages , et vous , jardins de roses î que les favoris de l'opulence errent dans vos sentiers; rendez-moi les rocli^rs où repose la neige , asile sacré de 1;î liberté et de l'amour. Calédonie , je chéris tes montagnes , quoique les élémens se déclarent la guerre autour de leurs blanches cimes ; quoique au lieu de sources limpides les cataractes descendent écumantes , je soupire pour la vallée du sombre Loch na Garr.

Là mon enfance essaya ses premiers pas, ma tête couverte de la toque , et pour manteau portant le plaid ^ Ma mémoire se rappelait les noms des chefs morts depuis long-temps , lorsque ma promenade de chaque jour me conduisait à travers les pins des taillis ; je ne revenais sous le toit de nos foyers que lorsque la clarté mourante du jour faisait place aux rayons de la brillante étoile polaire ; car mon imagination était charmée par les traditions des habitans du sombre Loch na Garr.

« Ombres des morts, n'ai -je pas entendu vos voix qui m'étaient apportées par le souffle de la brise des nuit«. » Ah ! sûrement l'âme du héros réjouie plane sur l'aile du vent audessus de sa vallée natale. Les vapeurs de l'orage se rassemblent autour du Loch na Garr, et l'hiver vient sur son char de glace pour présider aux frimas; là les ombres de mes pères s'enveloppent de nuages : elles habitent avec les îem pêtes du sombre Loch na Garr.

« O vous qui étiez nés sous une étoile funeste ', quoique

braves, des visions prophétiques ne vous avertirent - elles pas que le destin avait déserté votre cause ? » ou étiez-vous destinés à périr sur le champ de bataille de CuUoden ^ , où la victoire a refusé ses lauriers à votre trépas ? Cependant vous fûtes heureux dans le sommeil anticipé de la mort, vous reposez avec votre clan dans les cavernes de Braemar ^ ; le pibroch ^ résonne sous les doigts du musicien pour apprendre vos exploits aux échos du sombre Loch na Garr.

Les années se sont succédé. Loch na Garr, depuis que je t'ai quitté; les années s'écouleront avant que mes pas te foulent de nouveau. La nature t'a privé de fleurs et de verdure , et cependant tu m'es plus cher que les plaines d'Albion. Angleterre , les beautés de ton paysage sont douces et domestiques pour celui qui a parcouru au loin les montagnes. Ah! combien j'aime ces rochers sauvages et majestueux, menaçantes décorations du sombre Loch na Garr.

■ Ce mot est à tort prononcé plad : la vraie prononciation écossaise est indiquée par l'orthographe.

» Je fais ici allusion âmes ancêtres m.-^ternels .< les Gordons, » dont plusieurs combattirent pour le malheureux prince Charles-Edodabd, mieux connu sous le nom du Prétendant. Cette branche de ma famille était alliée par le sang , autant que par le dévouement , aux Stewarts : Georges , second comte de Huntley, épousa la princesse Annabella Stewart, fille de Jacques I d'Ecosse; et il eut d'elle quatre fils : et c'est du troisième , sir William Gordon , que j'ai l'honneiir de descendre.

' Je ne suis pas Lien certain qu'aucun Gordon périt à CuUoden ; mais comme il y en eut plusieurs qui périrent dans l'insurrection , je me suis servi du nom de la bataille principale, pars pro loto.

< Canton des Highlands, ainsi nommé *.

■^ La cornemuse "*.

C'est celui où Wayerley es! lémoiu de la chasse au cerf ayec Fergus Mac-Ivor. a. p.

Od pourra voir dans l'article de la ReTue d'Edimbourg, que les arislarques écossais plaisanlèrenl surtout Byron , de l'erreur d'aToir pris pour la cornemuse le plbrocli , qui est uu chant ou un air de cornemuse. s. p.

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