‹ Œuvres de Lord ByronChapitre 95 sur 114 · A. JOHN HOBHOUSE · texte numérisé non relu

A. JOHN HOBHOUSE

ESQ. A. M. F. R. S., etc. *.

MOX CHER HoBHOXJSiE,

Après un inter^'alle de huit ans entre la composition des premiers chants de Ckilde- Harold et celle du dernier, la conclusion de ce poème va être soumise au jugement du public. En me séparant d'un aussi vieil ami, il n'est pas extraordinaire que je m'adresse à un autre plus ancien et plus cher encore , qui a vu naître et finir le premier ; à celui dont l'amitié éclairée, -j'ose le dire sans me croire ingrat, a eu pour moi un charme bien au-dessus de toute la gloire que je pourrai devoir à Childe - Harold ; à celui qui fut longtemps le compagnon de mes voyages , et dont la sollicitude ne m'a jamais abandonné dans mes maladies j à un ami toujours prêt à s'affliger de mes chagrins , ou à se réjouir de ma bonne fortune; franc dans ses conseils, et partageant volontiers mes dangers; à un ami souvent éprouvé et toujours fidèle ; à vous enfin.

Je passe ici de la fiction à la vérité : ce poème est le plus long et le plus fortement pensé de mes ouvrages. En vous le dédiant aujourd'hui, qu'il est complet, ou du moins terminé, je désire me faire honneur de mon intimité de plusieurs années avec un homme qui se distingue par ses talens, son savoir et les sentimens les plus nobles. Ce n'est pas à des âmes telles que les nôtres qu'il convient de donner ou de recevoir des flatteries ; mais les louanges de la sincérité ont toujours été permises à l'amitié. Si j'énumère ici toutes vos bonnes qualités , ou plutôt tout ce que je leur dois , ce n'est ni 'pour vous , ni pour les autres, c'est pour soulager un cœur qui n'a pas été assez habitué à la bienveillance des hommes, pour voir froidement celle que lui témoigne un

* Maître ès-Arls , Memhi-e de la Sociétfi rovale , etc. , etc. a. p.

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