‹ Œuvres de Louise Labé (volume 2)Chapitre 10 sur 42 · C4J«SA · texte numérisé non relu

C4J«SA

NON hauria VlyJJe o qualunqu' altro mai Piu accorîofù, da quel diuino afpeîto Pien di grade, d'honor & di r'ifpetto Speraîo quai ifento affanni e guai.

Pur, Amor, co i begli ochi tu fatt' hai Tal piaga dentro al mio innocente petto, Di cibo & di calor gia tuo ricetto, Che rimedio non v'e Ji tu no'l dai.

O forte dura, che mi fa ejer quale

Punta d' un Scorpio, & domandar riparo Contr' el velen" d'ail' ijiejfo animale,

Chieggio lifoV ancida quejîa noia, Non ejîingua el defr àmeji caro, Che mancar non potra ch' i non mi muoia.

0 beaus yeus bruns, o regars deJIourne\, O chaus foupirs, b larmes efpandues, O noires nuits vainement atendues, 0 iours lui/ans vainement retourne^ :

0 trijies pleins, è dejtrs obJlinei[, O tems perdu, o peines dépendues, O mile morts en mile rets tendues, O pires maus contre moy deftine\.

O ris, è front, cheueus, bras, mains & doits : O lut pleintif, viole, archet S" vois : Tant de Jlambeaus pour ardre une femmelle !

De toy me plein, que tant de feus portant , En tant d'endrois d'iceus mon caur tatant. N'en ejlfur toy volé quelque ejîincelle.

O longs defirs, O efperances vaines, Trijies foupirs & larmes coutumieres A engendrer de moy maintes riuieres, Dont mes deus yeus font fources & fontaine) :

O cruaute-{, o durte\ inhumaines, Piteus regars des celejies lumières :

Du caur tranjt ô pajjlons premières, Efiimej vous croitre encore mes peines?

Qu'encor Amour fur moy f on arc effaie,

Q]ie nouueaus feus me gette & nouueaus dars: Qu'il fe defpite, &• pis qu'il pourra face:

Car iefuis tant nauree en toutes pars, Qjie plus en moy une nouuelle plaie, Pour m' empirer ne pourroit tro~uUer place.

Depuis qu'Amour cruel empoifonna Premièrement de f on feu ma poitrine, Toujiours hrulay de fa fureur diuine, Qjii unfeul iour mon caur n\ibandonna.

Quelque trauail, dont ajfe\ me donna.

Quelque menajfe & procheine ruine :

Quelque penfer de mort qui tout termine, De rien mon caur ardent ne s^eflonna.

Tant plus qu'Amour nous vient fort ajfaillir, Plus il nous fait nos forces recueillir. Et toufiours frais en fes combats fait ejire :

Mais ce n'ejî pas qu'en rien nous fauorife. Cil qui les Dieus & les hommes mefprife : Mais pour plus fort contre les fors paraître.

Clere Venus, qui erres par les Cieus, Entens ma voix qui en pleins chantera.

Tant que ta face au haut du Ciel luira. Son long trauail &fouci ennuieus.

Mon œil veillant s'atendrira bien mieus. Et plus de pleurs te voyant gettera.

Mieus mon lit mol de larmes baignera.

De fes trauaus voyant témoins tesyeus.

Donq des humains font les lajfej efprits De dous repos & de Jommeil efpris.

l'endure mal tant que le Soleil luit :

Et quand iefuis quaji toute cajfee, Et que me fuis mife en mon lit lajjee, Crier me faut mon mal toute la nuit.

Deus ou trois fois bienheureus le retour De ce cler AJlre, & plus heureus encore Ce que fon ail de regarder honore.

Q}ie celle là receuroit un bon iour,

Qji' elle pourrait fe vanter d'un bon tour Qjii baiferoit le plus beau don de Flore, Le mieus fentant que iamais vid Aurore, Et y ferait fur fes leures feiour I

C'ejî à moy feule à qui ce bien efl du. Pour tant de pleurs & tant de tems perdu : Mais le voyant, tant lui fer ay de fejie.

Tant emploiray de mes y eus le pouuoir. Pour dejfus lui plus de crédit auoir, Qu'en peu de temps feray grande conquejle.

On voit mourir toute chofe animée, Lorsque du corps V ame futile part :

Iefuis le corps, toy la meilleure -part : Ou es tu donq, o ame bien aymee?

Ne me laiffe{ par Ji long temps pàmee, Pour me fauuer après viendrais trop tard. Las, ne mets point ton corps en ce hcriart ; Rens lui fa part & moitié ejîimee.

Mais fais. Ami, que ne fait danger eufe Cette rencontre & reuuë amoureufe.

L'accompagnant, non de feuerite.

Non de rigueur : mais de grâce amiable, Qjii doucement m.e rende ta beauté, ladis cruelle, à prefent fauorable .

le vis, ie meurs : ie me brûle & me noyé. l'ay chaut ejîreme en endurant froidure : La vie m'eji & trop molle & trop dure, l'ay grans ennuis entremefle\ de ioye :

Tout à un coup ie ris fi* ie larmoyé.

Et en plaijîr maint grief tourment i' endure : Mon bien s'en va, & à iamais il dure : Tout en un coup ie feiche & ie verdoyé.

Ainfi Amour inconjiamment me meine :

Et quand ie penfe auoir plus de douleur, Sans y penfer ie me treuue hors de peine.

Puis quand ie croy ma ioye eflre certeine. Et ejire au haut de mon defré heur, Il me remet en mon premier malheur.

çS SONNITS.

Tout aujjï tôt que ie commence à prendre Dens le mol lit le repos defiré, Mon trifte ejprit hors de moy retiré S^en va vers toy incontinent Je rendre.

Lors m'efi auis que dedens mon fein tendre le tiens le bien, ou i'ay tant ajpiré. Et pour lequel i'ay fi haut fou/pire, Q]ie de fanglots ay/ouuent cuidé fendre.

O dous fommeil, è nuit à moy heureufel Plaijant repos, plein de tranquilité.

Continue^ toutes les nui-( monfonge:

Et fi iamais ma poure ame amoureufe Ne doit auoir de bien en vérité.

Faites au moins qu'elle en ait en menfonge.

Qjiand i'aperçoy ton blond chef couronné

D'un laurier verd, faire un Lut fi bien pleindre, Qjie tupourrois à te fuiure contreindre Arbres & rocs : quand ie te vois orné.

Et de vertus dix mile enuironné,

Au chef d'honneur plus haut que nul ateindre : Et des plus hauts les louenges efieindre : Lors dit mon caur enfoy pajponné :

Tant de vertus qui te font ejîre aymé, Qjii de chacun te font ejire ejiimé, Ne te pourroient aujjî bien faire aymer?

Et aioutant à ta vertu louable

Ce nom encor de m'ejlre pitoyable.

De mon amour doucement t'enjlamer?

O dous regars, ô yeus pleins de beauté, Petis iardins, pleins de fleurs amoureufes Ou font d'Amour les fle/ches dangereufes. Tant à vous voir mon ail s'ejî arreflé !

O cœur félon, è rude cruauté,

Tant tu me tiens de façons rigoureufes. Tant i'ay coulé de larmes langoureufes.

Sentant l'ardeur de mon cceur tourmenté l

Donques, mes yeus, tant de plaifir aue\. Tant de bons tours par f es yeus receue\ : Mais toy, mon cceur, plus les vois s'y complaire,

Plus tu langui-^, plus en as de fouci, Or deuine-{Ji ie fuis aife aujp.

Sentant mon ail eJîre à mon caur contraire.

Lut, compagnon de ma calamité.

De mesfoupirs témoin irréprochable.

De mes ennuis controlleur véritable.

Tu as fouuent auec moy lamenté :

Et Tant le pleur piteus t'a molejlé,

Q}ie commençant quelque f on deleéiable.

Tu le rendois tout Jouiein lamentable, Feignant le ton que plein auoit chanté.

Et fi te y eus efforcer au contraire.

Tu te deftens &fi me contreins taire : Mais me voyant tendrement foupirer,

Donnant faueur â ma tant trifie pleinte : En mes ennuis me plaire fuis contreinte. Et d'un dous mal douce fin efperer.

Oh fi i'efiois en ce beaufein rauîe De celui là pour lequel vois mourant:

Si auec lui viure le demeurant De mes cours iours ne m'empefchoit enuie:

Si m'acollant me difoit, chère Amie, Contentons nous l'un l'autre, s'affeurant Qjie ia tempefie, Euripe, ne Courant Ne nous pourra defioindre en notre vie :

Si de mes bras le tenant acollé,

Comme du Lierre efi l'arbre encercelê, La mort venait, de mon aife enuieufe :

Lors que fouef plus il me baiferoit.

Et mon efprit fur fes leur es fuir oit. Bien ie mourrais, plus que viuante, heureufe.

Tant que mes yeus pourront larmes efpandre, A l'heur pafsé auec toy regretter :

Et qu'ausfanglots & foupirs rejifter Pourra ma voix, & un peu faire entendre:

Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignart Lut, pour tes grâces chanter : Tant que l'efprit/e voudra contenter De ne vouloir rien fors que toy comprendre

le nefouhaitte encore point mourir.

Mais quand mes yeus ie fentiray tarir, Ma voix cajfee, & ma main impuijfante,

Et mon efprit en ce mortel feiour

Ne pouuant plus montrer fgne d'amante:

Priray la Mort noircir mon plus cler iour.

Pour le retour du Soleil honorer.

Le Zephir, l'air fer ein lui apareille : Et dufommeil l'eau & la terre efueille, Q}ii les gardoit l'une de murmurer

En dous coulant, l'autre de fe parer De mainte fleur de couleur nompareille.

la les oifeaus es arbres font merueille, Et aus pajfans font l'ennui modérer :

Les Nynfes ia en mile ieus s'esbatent

Au cler de Lune, & dan/ans l'herbe abatent : Veut tu Zephir de ion heur me donner,

Et que par toy toute me renouuelle?

Fay mon Soleil deuers moy retourner.

Et tu verras s'il ne me rend plus belle.

Apres qu'un tems la grejle & le tonnerre Ont le haut mont de Caucafe batu, Le beau iour vient, de lueur reuétu.

Quand Phebus ha/on cerne fait en terre, Et l'Océan il regaigne à grand erre :

Safeurfe montre auec fan chef pointu.

Qjiand quelque tems le Parthe ha combatu, llprent la fuite &fon arc il déferre.

Vn tems t'ay vu & confoU pleintif.

Et défiant de mon feu peu hatif:

Mais maintenant que tu m'as embrafee.

Et fuis au point auquel tu me voulois. Tu as taflame en quelque eau arrofee.

Et esplusfroit qu'ejire ie ne foulais

le fuis la vile, & temples, & tous lieus, Efquels prenant plaijir à t'ouir pleindre, Tu peus, & non fans force, me contreindre De te donner ce qu'ejiimois le mieus.

SONNETS. lO)

Majques, tournois, ieus me font ennuieus. Et rien fans toy de beau ne me puis peindre: Tant que tachant â ce defir ejîeindre, Et un nouuel ohget faire à mes y eus.

Et des penfers amoureus me dijîraire, Des bois efpais fui le plus folitaire : Mais i'aperçoy, ayant erré maint tour.

Que fi ie veus de toy eftre deliure.

Il me conuient hors de moymefme viure, Ou fais encor que loin fois enfeiour.

XVHI.

Baife m' encor, rebaife moy & baife :

Donne m'en un de tes plus fauoureus, Qonne m'en un de tes plus amoureus :

le t'en rendray quatre plus chaus que braife.

Las, te pleins tu ? ça que ce mal i'apaife. En t'en donnant dix autres doucereus.

Ainfi meflans nos baifers tant heureus louiffons nous l'un de l'autre à notre aife.

Lors double vie à chacun enfuiura.

Chacun enfoy &fon ami viura.

Permets m' Amour p enfer quelque folie :

Toujîours fuis mal, yiuant difcrettement , Et ne me puis donner contentement, Si hors de moy ne fay quelque faillie.

Diane ejiant en l'efpejfeur d'un bois, Apres auoir mainte bejle ajfenee.

Prenait le frais, de Nynfes couronnée:

V allais refuant comme fay maintefois,

Sans y penfer : quand i'ouy une vois, Qjii m'apéla, difant, Nynfe ejionnee, Qjie ne t'es tu vers Diane tournée?

Et me voyant fans arc & fans carquois,

Qji'as tu trouué, ô compagne, en ta voye, Qjii de ton arc &flefches ait fait proye? le m' animay ,' refpons ie, à un pajfant.

Et lui getay en vain toutes mes flefches Et l'arc après : mais lui les ramajfant Et les tirant me fit cent 6" cent brefches.

Prédit me fut, que deuois fermement Vn iour aymer celui dont la figure Me fut defcrite ; & fans autre peinture Le reconnu quand vy premièrement :

Puis le voyant aymer fatalement, Pitié ie pris de fa trijie auenture :

Et tellement ie forcay ma nature.

Qu'autant que lui aymay ardentement.

Qjii n'ujî pensé qu'en faneur deuoit croître Ce que le Ciel & dejiins firent naitre ? Mais quand ie voy Jî nubileus aprets,

Vents Jî cruels & tant horrible orage:

le croy qu'ejioient les infernaus arrêts. Qui de fi loin m'ourdijoient ce naufrage.

Quelle grandeur rend l'homme vénérable?

Quelle grojfeur? quel poil? quelle couleur?

Qui efi des yeus le plus emmieleur ?

Qui fait plus tôt une playe incurable ? Quel chant efi plus à l'homme convenable?

Qui plus pénètre en chantant fa douleur?

Qui un dous lut fait encore meilleur?

Quel naturel efi le plus amiable?

le ne voudrois le dire ajjurément,

Ayant Amour forcé mon iugement :

Mais iefay bien & de tant ie m'ajfure. Que tout le beau que l'on pourroit choifir.

Et que tout Vart qui ayde la Nature,

Ne me fauroient acroitre mon defir.

Luifant Soleil, que tu es bien heureus, De voir toufiours de t'Amie la face:

Et toy,fafeur, qu'Endimion embraje.

Tant te repais de miel amoureus.

io6

Mars voit Venus : Mercure auentureus De Ciel en Ciel, de lieu en lieu fe glajfe : Et lupiter remarque en mainte place Ses premiers ans plus gays 6* chaleureus.

Voilà du Ciel la puijfante harmonie, Qjii les efprits diuins enfemble lie :

Mais s'ils auoient ce qu'ils ayment lointein.

Leur harmonie & ordre irreuocable Se tournerait en erreur variable, Et comme moy trauailleroient en vain.

Las I que me fert, que fi parfaitement Louas iadis S* ma trejfe dorée.

Et de mes yeus la beauté comparée A deux Soleils, dont Amour finement

Tira les trets caufe^ de ton tourment?

Ou efies vous, pleurs de peu de durée? Et Mort par qui deuoit efire honorée Ta ferme amour & itéré ferment?

Donques c'efioit le but de ta malice De m' afferuir fous ombre de feruice?

Pardonne moy. Ami, à cette fois,

Efiant outrée & de defpit & d'ire :

Mais ie m'ajjure, quelque part que tu fois, Qii' autant que moy tufoufres de partire.

Ne reprene{. Dames, Ji i'ay aymé :

Si i'ayjenti mile torches ardantes.

Mile trauaus, mile douleurs mordantes :

Si en pleurant, i'ay mon tems confumé.

Las que mon nom n'en fait par vous blâmé. Si i'ay failli, les peines font prejentes, N'aigrijfe^ point leurs pointes violentes : Mais ejlime\ qu'Amour, à point nommé,

Sans votre ardeur d'un Vulcan excufer.

Sans la beauté d'Adonis acufer.

Pourra, s'il veut, plus vous rendre amoureufes

En ayant moins que moy d'ocafon, Et plus d'efrange & forte pajjîon.

Et gardej vous d'ejîre plus malheureufes.

fin des evvris de lovize labe' lionnoize.

AVX POETES

DE LOVIZE LABE'

Vous qui le los de Louqe efcr'me\.

Et qui aue^, par gaye fantqfie Cette beauté, votre fuget, choijie, Voyej quel bien pour vous, vous pourjuiue^.

Elle des dons des Mu/es cultiuej,

S'ejl pour foymefme & pour autrui faifie : Tant qu'en louant fa dine Poefie, Mieus que par vous par elle vous vi'uq.

Laure ut befoin de faueur empruntée, Pour de renom fes grâces animer :

Louï-^e autant en beauté réputée.

Trop plus fe fait par fa plume efimer. Et de foymefme elle fe faifant croire, A fes loueurs efi caufe de leur gloire.

ESCRIZ DE

diuers Poètes, à la louenge de

LOVÏZE LABE' LION- NOIZE.

Eîç w^àç AotorYiç Aa^âiaç.

Tàç SaiTtpoû? «S'a; «^Xuxucpwvou âç àiïo'Xsaasv

Ko'XiTO) Tpacpsïa' àvn';fa')fs.

Et ^à Ti? ûç xaivbv ôauj^à^et, xaî ito'ôêv èan,

«pYialv, vén lïOtTÎTfta; rvotTi w« -^op^ov, xal àxiaixTTTOv, Jua-ruxeouffa

' E"x" 'ï'âwv' èptôfjisvov :

ToO itXy)xÔ£Î<î» «P'J'Ï?' ^'T^P^^ f'-^'^^» ^P^* TCcXatva

Xop^aîç £vapfi^oJ;eiv XûpYiç. Icpo^pà Je Tvpbç raÛTa; ironîaei? oioxp' £v(r,at

IlaiS'MV Èpâv {)U8pY)«pâvtov.

>> De Aloyfae Labae ofculis.

IAM non canoras Pagqfidas tuis AJfuefce vous : nil tibi Cynthius Fontijue Dircai recejjus Profuerint, vel inanis Euan.

Sed tu Lahcea hqfia canàiiœ

Itnbuta pofcas neélare, quce rofas Spirant amaracofque molles:

Et violas, Aràbumque fuccos.

Non illa Jummis difpereunt lahris, Sed quà reclufis obicibus patet Inerme peâus, fuaueolentis Oris aculeolo calefcit.

lllo medullœ protinus ajiuant.

Et difolutis fpiritus omnibus Nodis in ore fuauiantis Lenius emoritur Labaœ.

Hoc plenus ajiro (dicerefeu lubet Seâis puellas ynguibus acriter Deprceliantes, aut inujiam Dente notam labiis querenteis :

Calme motus S- redeuntia

Anni vicijjim tempora : necjuo Fulgore lucentem Dianam, Sideribufue polos micanteis.

Dignum LàbacE baJtoUs meîos

Quod voce mijîis cum fiiïbus canat) Dices coronatus quôd aureis Cecropias Latiafque pungat.

En grâce du Dialogue d'Amour, & de Folie,

Euure de D. Louïze Labé

Lionnoize.

Amour eft donq pure inclinacion

Du Ciel en nous, mais non necejptante :

Ou bieri vertu, qui nos caurs impuijante

A refijîer contre f on accion?

C'eji donq de l'ame une alteracion

De vain dejtr légèrement naijfante

A tout obiet de l'e/poir perijfante.

Comme muable à toute pajjion ?

la ne/oit crû, que la douce folie

D'un libre Amant d'ardeur libre amollie

Perde f on miel enji amer Abfynte, Puis que Ion voit un ef prit fi gentil

Se recouurer de ce Chaos /util.

Ou de Rai/on la Loyfe laberynte,

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