‹ Œuvres de Louise Labé (volume 2)Chapitre 28 sur 42 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

Mon eur voulut qu'un jour Lion je visse AJin qu'a plein mon désir j'assouvisse.

Altère du renom.

J'i vu le lieu ou l'impetueut Rôn< Dedans son sein prenant la calme Sont

Lui feit perdre son nom.

J't vu le siège ou le marchant étale Sa soee Jine e perle oriantale,

E laborieus or:

J'è vu l'ecrin, dont les Rois qui conduisent Leur grand' armée, a leur besoin épuisent

Un injini trésor.

J'è contample le total édifice,

Qye la nature avequef l'artifice

A dot e ammurè.

J'è vu le plom imprimant meint volume D'un brief labeur, qui sou^ les tre^ de plume Ut si long tans dure. J'è vu an fin Damoisèles et Dames,

Plesir des yeus e passion des âmes,

Aus visages tant beaus :

Mes fan è vu sur toutes autres l'une,

Resplandissant comme de nuit la Lune

Sus les moindres flambeaus.

E bien qu'il soit an tel nombre si bêle,

La beauté et le moins qui soit en elei

Car le savoer qu'ele à,

E le parler qui soevemant distile,

Si yivemant anime d'un dous stile,

Sont trop plus que cela.

Sus donq, mes vers, louè^ cete Louise:

Soièz, nia plume, a la louer soumise.

Puis qu'ele à mérité, Maugre le tans fuitif, d'être menée Dessus le vol de la Famé ampannee A l'immortalité.

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