ANONYME
LA chanson suivante se trouve dans :
Recueil de -plusieurs chansons divise en trois parties. Lyon, Benoist Rigaud et Jean Saugrain, 1557. In-i6, p. 43 ;
Le second et troisième livres du Recueil de toutes belles chansons nouvelles. Paris, veufveN. Buffet, 15^9. In-i6, 40 b.;
Recueil des plus belles chansons de ce temps, mises en trois parties avec la dëploration de Venus. Lyon, Jean d'Ogerolles, 1559. Pet. in-8°. (Cité par Gonon.);
Le Thresor du chant francoys nouvellement imprime en l'inclyte et famosissime ville de Lugdune. (Sans date ni nom d'imprimeur).
CHANSON NOUVELLE DE LA Belle Cordière de Lyon,
L'autre jour je m'en allais Mon chemin droict à Lyon; Je logis chez la Cordière Faisant le bon compagnon.
S'a dit la dame gorrière, « Approchez vous mon ami, La nuict je ne puis dormir. »
Il y vint un Advocat
Las, qui nenoit de Foryière ; Luy montra tant de ducats :
Mais ils ne luy coustoient guère.
« Approchez your, Advocat, S'a dit la dame gorrière.
Prenons nous deux noz estais.
Car l'on bassine noz draps. »
Elit dict à son mary
« Jan Jan, vous n'avc^ que faire ;
Je vous prie allez dormir;
Couche^ vous en la couchette
Nous coucherons au grand lict. »
S'a dit la belle Cordière :
« Despouille^ vous mon amy
Passons nous deux nostre ennuy, »
// y vint un Procureur
Qui estait de bonne sorte.
En faisant de l'amoureux
Il y a laissé sa robe.
Et sa bourse, qui vaut mieux.
Mais il ne s'en soucie guère.
« Approche^ vous amoureux ;
Nous ne sommes que nous deux, »
// y vint un cordonnier
Qui estoit amoureux d'elle:
Il luy portait des souliers
Faictz à la mode nouvelle :
Luy donna un chausse-pied.
Mais elV n'en avait que faire,
EU' n'en avait pas mestier :
Ils estaient à bas cartier.
Il est venu un Musnier
Son col chargé de farine,
La cordière a maniée.
Elle lui f ai et bonne mine.
Il a toute enfariné
Cesse gentille cordière
Il la faut espousseter
Tous les soirs après souper.
Il y vint un Florentin,
Luy monstre argent à grand somme ;
Tout habillé de satin
Il faisait le gentilhomme.
EU' le receut doucement Pour avoir de la pecune.
Le but ou elle prétend C'est pour avoir de l'argent.
OLIVIER DE MAGNY (l559)-
LA pièce qui suit a été reproduite pour la première fois par Breghot du Lut dans ses Nouveaux Mélanges (Lyon, impnmerie de J. M. Barret, 1829-18} i) et ensuite par Gonon dans ses Documents historiques sur la vie et les mœurs de L. Lobé, de nouveau mis en lumière. Lyon, Dumoulin, 1844. In-8°. Elle est tirée des Odes d'Olivier de Magny, P i8i v°. Paris, André Wechel, 1559. In-S".
Comme on le sait, le mari de Louise Labé était fabricant de cordes et s'appelait Annemond ou Ennemond Perrin.