‹ Œuvres de Louise Labé (volume 3)Chapitre 25 sur 33 · DEVOIR DE VOIR · texte numérisé non relu

DEVOIR DE VOIR

Autre à elle mesme.

Voyez, Amans, voyez si la pitié

A mon secours or' à tort je reclame :

Du haut ou bas, rien n'est, fors ma povre ame,

Qui n'ait goûté quelque fruit d'amitié.

Par quel destin, las! toute autre moitié, La mienne fuit, suivant l'ingrate trace De celle là dont espérant la grâce, Acquis je n'ay que toute inimitié.^

0 douce Mort (à tous plus qu'à soy belle), A ta clarté ne sois ainsi rebelle, Ains doucement la fais en toy mourir,

Si tu ne veus par façon rigoureuse Sans aliment la rendre ténébreuse :

Car ja Testeint qui la peut secourir.

ESCRIZ

A D. LouïzCj des Muses ou première ou diziéme couronnante la troupe.

Nature ayant en ses idées pris Un tel suget qu'il surpassoit son mieus, De grâce ell' ut pour l'illustrer des Dieus Otroy entier du plus supernel pris :

Dont elle put l'univers rendre espris, Ouvrant l'amas des influs bienheureus, Duquel le rare épuré par les Cieus Atire encor le bien né des esprits.

Dieus qui soufrez flamboyer tel soleil A vous égal, à vous le plus pareil, Témoin le front de sa beauté première,

Permettrez vous chose si excellente Patir l'horreur d'Atrope palissante, Ne la laissant immortelle lumière?

d'immortel ZELE.

Sonetto.

Qui dove in braccio al Rodano si vede Girne la Sona quêta, si ch' a pena Scorger si puo là dove l'onde mena, Si lenta muove entr' al suo letto il piede ;

DE DIVERS POETES

Giunsi punto d'Amor, cinto di Fede, Di speme privo, e colmo de la pena, Ch' air Aima ( pria d'ogni dolcezza piena ) Fa di tutto il piacere aperte prede ;

E movendo i sospiri a chiamar vol (Lungi dal vostro puro aer' sereno) Sperai vinto dal sonno alla quiete;

Ma tosto udij dirmi da vol : « Se i tuoi Occhi son tristi e molli, i miei non meno, Cosi sempre per noi pianto si miete. »

Sonetto,

Ardo d'un dolce fuoco, e quest' ardore Smorzar non cerco; anzi m'è caro tanto, Che lieto in mezo de le fiamme io canto Le vostre lodi e' 1 sopran vostro honore ;

E chieggio in guiderdone al mio Signore Che non mi dia cagion d'eterno pianto ; Ma d'un' istesso fuoco hoggi altrettanto Vi porga si ch' ogn' hor n'avvampi il cuore

Amor seco ogni ben mai sempre apporta, Quando d'un par desio due petti invoglia; Ma, s'un ne lascia, è morte atroce e ria.

ESCRIZ

Siatemi dunque voi sicura scorta; Svegliate homai questa gravosa spoglia, Ch' a voi consacrero la penna mia.

Avventurosi fiori,

Che cosi dolce seno, Che cosi care chiome in guardia haveste;

Benedetto il sereno

Aer' dove nasceste ;

E' que' mille colori Di cui natura in voi vaga si piacque.

Ben, fù dolce destino

Il vostro, e' quel' mattino Che si felice al morir' vostro nacque;

Vinchino hor', vostri odori Gli odorosi Sabei, gli Arabi honori.

Dolce Luisa mia

Che tanto bella sete Quanto esser' vi voleté; e corne il core Havete sculto amore, e cortesia; Tal' ne gli occhi di lor' si scorge traccia;

Da queste dolci braccia, Da questi ardenti baci, anima bella,

Morte sola mi svella Ne unqua mai fra noi maggior' si sia

Paura e gelosia.

DE DIVERS POETES

Altra luce non veggio ; Altro sole, aima bella, Fuor' che i vostri occhi santi Non ho; e' questi hor' chieggio Soi' per mia guida e' Stella Sempre corne hor' sereni.

A voi beati amanti Altra invidia, altro zelo Non havrô mai, se il cielo Vuol' che io mia vita meni In cosi fatta guisa A i dolci raggi lor' dolce Luisa.

Estreines à dame Louïze Lahc.

Louïze est tant gracieuse et tant belle, Louïze à tout est tant bien avenante, Louïze ha l'œil de si vive estincelle, Louïze ha face au corps tant convenante, De si beau port, si belle et si luisante, Louïze ha voix que la musique avoue, Louïze ha main qui tant bien au lut joue, Louïze ha tant ce qu'en toutes on prise. Que je ne puis que Louïze ne loue, Et si ne puis assez louer Louïze.

ESCRIZ

Ton lut hersoir encor se resentoit De ta main douce et gozier gracieus, Et sous mes doits sans leur ayde chantoit. Quand un Démon, ou sur moy envieus, Ou de mon bien sefeingnant soucieus^ Me dit : C'est trop sus un lut pris plaisir. N'aperçois tu un furieus désir Cherchant autour de toy une cordelle, Pour de ton cœur la dame au lut saisir ? » Et, ce disant, rompit ma chanterelle.

Epitrt à ses amis j des gracieusetez de D. L.

Que faites vous, mes compagnons, Des chères Muses, chers mignons?

Av'ous encore en notre absence De votre Magny souvenance, Magny votre compagnon dous, Qui ha souvenance de vous Plus qu'assez, s'une Damoiselle, Sa douce maitresse nouvelle, Qui restreint d'une estroite foy Le laisse souvenir de soy.

DE DIVERS POETES

Mais le povret qu'Amour tourmente D'une chaleur trop véhémente, En oubli le,-povret ha mis Soymesme et ses meilleurs amis; Et le povret à rien ne pense, Et si n'a de rien souvenance, Mais seulement il lui souvient De la maitresse qui le tient, Et rien sinon d'elle, il ne pense, N'ayant que d'elle souvenance; Et, tout brûlé du feu d'amours, Passe ainsi les nuits et les jours, Sous le joug d'une Damoiselle, Sa douce maitresse nouvelle, Qui le fait ore esclave sien, Ataché d'un nouveau lien; Qui le cœur de ce misérable Brûle d'un feu non secourable.

Si le secours soulacieus Ne lui vient de ses mesmes yeus.

Qui premiers sa flamme alumerent.

Qui premiers son cœur enflammèrent, Et par qui peut estre adouci L'amoureus feu de son souci.

Mais ny le vin ny la viande, Tant soit elle douce et friande.

Ne lui peuvent plus agréer.

Rien ne pourroit le recréer, Non pas les gentilesses belles De ces gentiles Damoiselles, De qui la demeure Ton met

ESCRIZ

Sur l'Heliconien sommet,

Qu'il avoit tousjours honorées,

Qu'il avoit tousjours adorées

Dés son jeune aage nouvelet,

Encores enfant tendrelet.

Adieu donq Nynfes, adieu belles,

Adieu gentiles Damoiselles,

Adieu le Chœur Pegasien,

Adieu I honneur Parnasien.

Venus la mignarde Déesse,

De Paphe la belle Princesse,

F^t son petit fils Cupidon,

Me maîtrisent de leur brandon.

Vos chansons n'ont point de puissance

De me donner quelque allégeance

Aus tourmens qui tiennent mon cœur

Genné d'une douce langueur.

Je n'ay que faire de vous, belles;

Adieu, gentiles Damoiselles :

Car ny pour voir des monceaus d or

Assemblez dedens un trésor,

Ny pour voir flofloter le Rone,

Ny pour voir escouler la Sone,

Ny le gargouillant ruisselet,

Qui, coulant d'un bruit doucelet,

A dormir, d'une douce envie.

Sur la fresche rive convie;

Ny, par les ombreus arbrisseaus.

Le dous ramage des oiseaus;

Ny violons, ny espinettes,

Ny les gaillardes chansonnettes,

DE DIVERS POETES

Ny au chant des gaies chansons Voir les garces et les garçons Fraper en rond, sans qu'aucun erre, D'un branle mesuré, la terre; Ny tout celà qu'a de joyeus Le renouveau delicieus; Ny de mon cher Givés (qui m'ayme Comme ses yeus) le confort mesme, Mon cher Givés, qui comme moy Languit en amoureus émoy, Ne peuvent flater la langueur Qui tient genné mon povre cœur, Bien que la mignarde maîtresse Pour qui je languis en détresse, Contre mon amoureus tourment Ne s'endurcisse fièrement, Et bien qu'ingrate ne soit celle.

Celle gentile damoiselle Qui fait, d'un regard bien humain.

Ardre cent feus dedens mon sein.

Mais que sert toute la caresse Que je reçoy de ma maîtresse? Et que me vaut passer les jours En telle espérance d'amours, Si les nuiz, de mile ennuiz pleines, Rendent mes espérances veines, Et les jours encor plein d'ennuis Qu'absent de la belle je suis, Quand je meurs absent de la belle, Ou quand je meurs présent prés d'elle N'osant montrer (ô dur tourment!)

ESCRIZ

Comme je l'ayme ardantement?

Celui vraiment est misérable Qu'Amour, voire estant favorable, Rend de sa flame langoureus.

Chetif quiconque est amoureus.

Par qui si cher est estimée Une si légère fumée D'un plaisir suivi de si prés De tant d'ennuiz qui sont après.

Si ay ie aussi cher estimée Une si légère fumée.

Des beautcz de D. L. L.

Où print l'enfant Amour le fin or qui dora , En mile crespillons ta teste blondissante? En quel jardin print il la roze rougissante Qui le liz argenté de ton teint colora ?

La douce gravité qui ton front honora, Les deus rubis balais de ta bouche alléchante, Et les rais de cet œil qui doucement m'enchante, En quel lieu les print il quand il t'en décora?

D'où print Amour encor ces filets et ces lesses. Ces haims et ces apasts que sans fin tu me dresses, Soit parlant, ou riant, ou guignant de tes yeus?

DE DIVERS POETES

Il print d'Herme, de Cypre, et du sein de l'Aurore, Des rayons du Soleil, et des Grâces encore, Cesatraitsetcesdons, pourprendrehommeset Dieus.

A elle mesme.

0 ma belle rebelle, Las I que tu m'es cruelle Ou quand d'un dous souzris Larron de mes esprits, Ou quand d'une parole Si mignardement mole.

Ou quand d'un regard d'yeus -Traytrement gracieus, Ou quand d'un petit geste Non autre que céleste.

En amoureuse ardeur Tu m'enflammes le cœur!

0 ma belle rebelle, Las! que tu m'es cruelle Quand la cuisante ardeur Qui me brûle le cœur Vent que je te demande A sa brûlure grande Un rafreschissement D'un baiser seulement !

0 ma belle rebelle^

ESCRIZ

Que tu serois cruelie Si d"un petit baiser Ne voulois l'apaiser, Au lieu d'alegement Acroissant mon tourment !

Me puissé je un jour, dure, Vanger de cette injure î Mon petit maitre Amour Te puisse outrer un jour, Et pour moy langoureuse Il te face amoureuse, Comme il m'a langoureus Pour toy fait amoureus!

Alors par ma vengeance Tu auras connoissance Que vaut d'un dous baiser Un amant refuser.

Et si je te le donne, Ma gentile mignonne.

Quand plus fort le désir En viendroit te saisir.

Lors, après ma vengeance, Tu auras connoissance Quel bien fait d'un baiser L'amant ne refuser.

DE DIVERS POETES

Double rondeau à elle.

Estant navré d'un dard secrettement Par Cupidon, et blessé à outrance, Je n'osois pas declairer mon tourment Saisi de peur, délaissé d'espérance; Mais celui seul qui m'avoit fait l'offense M'a asseuré, disant que sans ofense Je pouvois bien mon ardeur déceler :

Ce que j'ay fait^ sans plus le receler, Estant navré.

A une donq povrement assuré, Creingnant bien fort d'elle estre refusé Ay declairé du tout ma doleance, Et sur mon mal hardiment excusé Lui supliant me donner allégeance, Ou autrement je perdrois pacience, Estant navré.

Au mien propos ha si bien respondu Celle que j'ay plus chère que mon ame. Et mon vouloir sagement entendu, Que je consens qu'il me soit donné blâme Si je l'oubli' : car elle m'a rendu Le sens, l'esprit, l'honneur, le cœur et l'ame, Estant navré.

ESCRIZ

Odes en faveur dcD. Louize Labcj à son bon Signeur.. D, M,

Muses, filles de Jupiter,

Il nous faut ores aquiter

Vers ce docte et gentil Fumée,

Qui contre le temps inhumain

Tient vos meilleurs trets en sa main ,

Pour paranner sa renommée.

Je lui dois, il me doit aussi;

Et si j'ay ores du souci

Pour faire mon payment plus dine,

Je le voy ores devant moy

En un aussi plaisant émoy

Pour faire son ode latine.

Mais par où commencerons nous ? Dites le, Muses, car sans vous Je ne fuis l'ignorante tourbe.

Et sans vous je ne peu chanter Chose qui puisse contenter Le pere de la lyre courbe.

Quand celui qui jadis naquit Dans la tour d'erein, que conquit Jupiter d'une caute ruse, Ut trenché le chef qui muoit En rocher celui qu'il voyoit, Le chef hideus de la Méduse ;

DE DIVERS POETES. I ^ S

Adonques, par l'air s'en allant , Monté sur un cheval volant , Il portoit cette horrible teste; Et, ja desja voisin des Cieus, Il faisoit voir en mile lieus La grandeur de cette conqueste,

Tandis du chef ainsi trenché, Estant freschement arraché , Distiloit du sang goûte à goûte , Qui, soudein qu'en terre il estoit, Des fleurs vermeilles enfantoit, Qui changeoient la campagne toute

Non en serpent, non en ruisseau, Non en loup, et non en oiseau.

En pucelle, satire ou cyne, Mais bien en pierre; faisant voir Par un admirable pouvoir La vertu de leur origine.

Et c'est aussi pourquoy je crois Que, fendant Tair en mile endrois Sur mile estrangeres campagnes, A la fin en France il vola, Où du chef hideus s'escoula Quelque sang entre ces montagnes ,

Mesmement auprès de ce pont

Opposé viz à viz du mont.

Du mont orguilleus de Forviere ;

ESCRIZ

En cet endroit où je te vois Egaier meinte et meintefois Entre l'une et l'autre rivière.

Car, deslors que fatalement J'en aprochay premièrement, Je vis , dés la première aproche , Je ne say quelle belle fleur, Qui soudein, m'esclavant le cœur.

Le fit changer en une roche.

Je viz encor tout à l'entour

Mile petis frères d'Amour,

Qui menoient mile douces guerres ,

Et mile creintifs amoureus

Qui tous, comme moy langoureus ,

A voient leurs cœurs changez en pierres,

Depuis, estant ainsi rocher.

Je viz prés de moy aprocher Une Méduse plus acorte Que celle dont s'arme Pallas Qui changea jadis cet Atlas Qui le Ciel sur l'eschine porte.'

Car elle , ayant moins de beautez , De ces cheveux enserpentez Faisoit ces changemens estranges; Mais cetteci , d'un seul regard De son œil doucement hagard, Fait mile plus heureus eschanges.

DE DIVERS POETES

Celui qui voit son front si beau Voit un Ciel, ainçois un tableau De cristal , de glace ou de verre; Et qui voit son sourcil bénin, Voit le petit arc hebenin Dont Amour ses traits nous desserre.

Celui qui voit son teint vermeil Voit les roses qu'à son réveil Phebus épanit et colore; Et qui voit ses cheveus encor Voit dens Pactole le trésor Dequoy ses sablons il redore.

Celui qui voit ses yeus jumeaus Voit au Ciel deux heureux flambeaus, Qui rendent la nuit plus serene; Et celui qui peut quelquefois Escouter sa divine voix Entend celle d'une Sirène.

Celui qui fleure en la baisant Son vent si dous et si plaisant, Fleure l'odeur de la Sabée; Et qui voit ses dens en riant Voit des terres de l'Orient Meinte perlette desrobée.

Celui qui contemple son sein Large, poli, profond et plein, De l'Amour contemple la gloire,

ESCRIZ

Et voit son teton rondelet Voit deus petis gazons de lait Ou bien deus boulettes d'ivoire.

Celui qui voit sa belle main Se peut asseurer tout soudein D'avoir vu celle de l'Aurore ; Et qui voit ses piez si petis S'asseure que ceux de Thetis Heureus il ha pù voir encore.

Quant à ce que l'accoutrement Cache, ce semble, expressément, Pour mirer sur ce beau chef d euvre , Nul que l'ami ne le voit point ; Mais le grasselet embonpoint Du visage le nous descœuvre.

Et voilà comment je fus pris Aus rets de l'enfant de Cypris , Esprouvant sa douce pointure, Et comme une Méduse fit , Par un dommageable proufit, Changer mon cœur en pierre dure.

Mais c'est au vray la rarité De sa grâce et de sa beauté, Qui ravit ainsi les personnes Et qui leur ôte cautement La franchise et le sentiment , Ainsi que faisoient les Gorgonnes.

DE Dl VE RS POETES. I

Le Tems, cette grand' fauls tenant ,

Se vét de couleur azurée ,

Pour nous montrer qu'en moissonnant

Les choses de plus de durée

Il se gouverne par les Cieus,

Et porte ainsi la barbe grise

Pour faire voir qu'hommes et dieus

Ont de lui leur naissance prise.

Il assemble meinte couleur

Sur son azur, pource qu'il treine

Le plaisir après la douleur

Et le repos après la peine;

Montrant qu'il nous faut endurer

Le mal , pensant qu'il doit fin prendre

Comme l'amant doit espérer

Et merci de sa dame atendre.

Il porte sur son vêtement Un milier d'esles empennées , Pour montrer comme vitement 11 s'en vole avec nos années; Et s'acompagne en tous ses faits De cette gente Damoiselle, Confessant que tous ses efets N'ont grâce ne vertu sans elle.

Elle s'apelle Ocasion ,

Qui, chauve, par derrière porte,

Sous une docte allusion,

Ses longs cheveus en cette sorte ,

ESCRIZ

A fin d'enseigner à tous cens Qui la rencontrent d'aventure De ne se montrer paresseus A la prendre à la chevelure.

Car, s'elle se tourne et s'enfuit, En vain après on se travaille; Sans espoir de fruit on la suit.

Le Tems ce dous loisir nous baille De pouvoir gayement ici Dire et ouir maintes sornettes Et adoucir notre souci En contant de nos amourettes.

Le Tems encore quelquefois, Admirant ta grâce éternelle.

Chantera d'une belle voix, D'Avanson, ta gloire éternelle; Mais or' l'Ocasion n'entend Que plus long tems je l'entretienne , Creignant perdre l'heur qui m'atend Ou qu'autre masque ne survienne.

Madrigale,

Arse cosi per voi, Donna, il mio core Il primo di ch' intento vi mirai ,

DE DIVERS POETES

Che certo mi pensai Che no potesse in me crescere più ardore; Ma in voi belta crescendo d'hor' in hora,

Cresc' in me il fuoco ancora , Il quai no potrà mai crescer' si poco Ch' altro no sarô più che fiamme e fuoco.

Ode,

Toute bonté abondante Aus gouverneurs des saints Cieus, Un qui de main foudroyante Estonne mortels et dieus, Ensemença ces bas lieus De diversité d'atomes Formez de ce vertueus Surpassant celui des hommes,

Lesquels, d'une destinée Sous quelque fatal heureus , Pour former une bien née Furent ensemble amoureus, Et, goûtant le savoureus , Lequel ou l'Amour termine Ou le rend plus doucereus, La font voir chose divine,

ESCRIZ

Mesmement si familière A la troupe des neuf Sœurs Qu'elles l'ont pour leurs lumières Fait lampeger en leurs chœurs.

Là , recevant les honneurs De ceus qu'on n'a laissé boire Aus sourses et cours donneurs De perpétuelle gloire.

Elle le fait aparoître Au docte de ses escriz , Qu'on voit journellement naître, Et devancer les esprits Qui avoient gaigné le pris D'estre mieus luz en notre aage.

O féminin entrepris De l'immortalité gage!

Qui une flame amoureuse , Qui mieus les passionnez, Et de veine plus heureuse Discerne les aptes nez, Et à l'Amour fortunez, De ceus lesquels à outrance Seront tousjours mal menez Et repuz d'une espérance?

Qui de langue plus diserte Fait le Musagete orer Contre l'éloquence experte Du dieu qui peut atirer

DE DIVERS POETES

Par le caut de son parler, L'erreur à la vraye trace?

Qui prés d'eus peut sommeiller, Comme elle, sur le Parnasse?

Donq que sur ses temples vole Ce vert entortillonné Pris de la ramure molle De la fuyarde Daphné, Et doctement façonné Pour orner la seur de celle Qui sortit^ le coup donné, En armes, de la cervelle.

Sonnet à D, L. L, par A. F. R.

Si de ceus qui ne t'ont connue qu'en lisant Tes odes et sonnets, Louïze, es honorée; Si ta voix, de ton lut argentin tempérée, D'arrester les passans est moyen sufisant;

Et si souvent tes yeus, d'un seul rayon luisant, Ont meinte ame en prison pour t'adorer serrée, Tu te peus bien de moy tenir toute asseurée : Car, si jamais ton œil sus un cœur fut puissant,

ESCRIZ

Il ha esté sur moy et fait meinte grand'playe : Telle grâce à chanter, baller, sonner, te suit, Qu'à rompre ton lien ou fuir je n'essaye;

Tant tes vers amoureus t'ont donné los et bruit Qu'heureus me sens t'avoir non le premier aymée, Mais prisé ton savoir avant la renommée.

• A dame Louize Labé ^ Lionnoize, la comparant ans Cieus.

Sept feus on voit au Ciel, lesquels ainsi Sont tous en toy meslez ensemblement.

Phébé est blanche, et tu es blanche aussi; Mercure est docte, et toy pareillement;

Venus tousjours belle, semblablement

Belle tousjours à mes yeux tu te montre ;

Tout de fin or est le chef du Soleil ,

Le tien au sien je voy du tout pareil;

Mars est puissant, mais il creint ta rencontre;

Jupiter tient les Cieus en sa puissance;

Ta grand' beauté tient tout en son pouvoir;

Saturne au Ciel ha la plus haute essence^

Tu as aussi la douce jouissance

Du plus haut heur qu'autre pourroit avoir.

DE DIVERS POETES

Donq qui veut voir les grands dons que les Dieus Ont mis en toy, qu'il contemple les Cieus.

Des louenges de dame Louïze Labé, Lionnoize.

Il ne faut point que j'appelle

Les hauts Dieus à mon secours,

Ou bien la bande pucelle

Pour m'ayder en mon discours.

Puis que les Dieus, de leur grâce,

Les saintes Muses, les Cieus ,

Ont tant illustré la face,

Le corps, l'esprit curieus

De celle dont j'apareille

La louenge nompareille.

Je congnoy bien clerement

Que toute essence divine

Me favorise et s'encline

A ce beau commencement.

Sus, sus donq, blanche senestre, Fay tes resonans effors ; Et toy, ô mignarde destre , Chatouille ses dous accords.

Chantons la face angelique ,

ESCRIZ

Chantons le beau chef doré, Si beau que le dieu Delphique D'un plus beau n'est décoré.

N'oublions en notre mètre Comme elle osa s'entremettre D'armer ses membres mignars, Montrant au haut de sa teste Une espouvantable creste Sur tous les autres soudars.

0 noble, ô divin chef d'euvre

Des dieus hautains tous puissans,

Au moins maintenant descœuvre

Tes yeus tous resjouissans ,

Pourvoir ma Muse animée,

Qui de sa robuste main

Haussera ta renommée

Trop mieux que ce vieil Rommain

Qui sa demeure ancienne

La terre Saturnienne

Délaissa pour ta beauté,

A fin qu'à toy rigoureuse

Il fut hostie piteuse

En sa ferme loyauté.

La Muse docte divine

Du vieillard audacieus

Par le vague s'achemine

Pour t'enlever jusqu'aus Cieus;

Mais la Parque naturelle

DE DIVERS POETES

Dens les Iberiens chans , Courut desemplumer l'aile De ses pleurs et de ses chans ; Envoyant en sa vieillesse, Mal séant en ta jeunesse , Son corps au tombeau ombreus, Et son ame énamourée En l'obscure demourée Des royaumes tenebreus.

Dieus des voûtes estoilées , Qui en perdurable tour Retiennent emmantelées Les terres tout à l'entour, Permetez moy que je vive Des ans le cours naturel, A fin qu'à mon gré j'escrive En un ouvrage éternel De cette noble Déesse La beauté enchanteresse , Ce qu'elle ha bien mérité.

Et qu'en sa gloire immortelle, On voye esbahie en elle Toute la postérité.

Ainsi que Semiramide, Qui, feingnant estre l'enfant De son mari, print la guide Du royaume trionfant , Puis, démantant la Nature

ESCRIZ

Et le sexe féminin , Hazarda à l'aventure Son corps jadis tant bénin, Courant furieuse en armes Parmi les Mores gendarmes, Et és Indiques dangers , De sa rude simeterre Renversant dessus la terre Les escadrons estrangers.

Ainsi qu'es Alpes cornues ( Qui , soit hiver, soit esté , Ont tousjours, couvert de nues, Le front au ciel arresté ) On voit la superbe teste D'un roc de pins* emplumé.

Ravie par la tempeste De son corps acoutumé , En roullant, par son orage.

Froisser tout le labourage.

Des beufs les après travaus , Ne laissant rien en sa voye Qu'en pièces elle n'envoyé, Cherchant les profondes vaux ;

Ou comme Penthasilée , Qui pour son ami Hector Combatoit entremeslée Par les Grecs aus cheveus d'or

Aphérèse pour sapins.

DE DIVERS POETES

Ores de sa roide lance Enferrant l'un au travers, Or' du branc en violance Trébuchant l'autre à l'envers, Et ainsi que ces puceiles Qui l'une de leurs mammelles Se bruloient pour s'adestrer Aus combas et entreprises Aus bons guerroyeurs requises, Pour l'ennemi rencontrer.

Louïze, ainsi furieuse, En laissant les habiz mois Des femmes, et envieuse De bruit par les Espagnols Souvent courut, en grand' noise , Et meint assaut leur donna, Quand la jeunesse françoise Parpignan environna.

Là sa force elle desploye.

Là de sa lance elle ployé Le plus hardi assaillant, Et, brave dessus la celle.

Ne demontroit rien en elle Que d'un chevalier vaillant.

Ores la forte guerrière Tournoit son destrier en rond; Ores en une carrière Essayoit s'il étoit pront;

ESCRIZ

Branlant en flots son panache, Soit quand elle se jouoit D'une pique ou d'une hache, Chacun prince la louoit ; Puis , ayant à la senestre L'espée ceinte, à la destre La dague, enrichies d'or, En s'en allant toute armée, Eir sembloit parmi Tarmée Un Achile ou un Hector.

L'orguilleus fils de Clymene Nous peut bien avoir apris Qu'il ne faut par gloire vaine Qu'un grand trein soit entrepris.

L'entreprise qui est faite Sans le bon conseil des Dieus N'a point, ainsi qu'on souhaite, Son dernier efet joyeus.

Ainsi cette belliqueuse Ne fut jamais orguilleuse.

Telle au camp elle n'alla ; Ains ce fut à la prière De Venus, sa douce mere, Qui un soir lui en parla.

Un peu plus haut que la plaine Où le Rone impetueus Embrasse la Sone humeine De ses grands bras tortueus ,

DE DIVERS POETES

De la mignonne pucelle Le plaisant jardin estoit D'une grâce et façon telle Que tout autre il surmontoit.

En regardant la merveille De la beauté nompareille Dont tout il estoit armé, Celui bien on Tust pu dire Du juste Roy de Corcyre, En pommes tant renommé.

A l'entrée on voyoit d'herbes Et de thin verflorissant , Les lis et croissans superbes De notre prince puissant ; Et tout autour de la plante De petits ramelets vers De marjoleine flairante Estoient plantez ces six vers :

dv tresnoble roy de france Le croissant nevve acroissance De iovr en iovr reprendra, ivsqves a tant qve ses cornes lointes sans avcvnes bornes En vn plein rond il rendra.

Tout autour estoient des treilles Faites avec un tel art Qu'aucun n'ust su sans merveilles Là espandre son regard.

ESGRIZ

La voûte en estoit sacrée Au Dieu en Inde invoqué :

Car elle estoit acoutrée Du sep au raisin musqué.

Les coulomnes, bien polies, Estoient autour enrichies De romarins et rosiers , Lesquels, faciles à tordre, S'entrelassoient en bel ordre En mile neus fais d'osiers.

Au milieu, pour faire ombrage, Estoient meints arceaux couvers De coudriers et d'un bocage Fait de cent arbres divers.

Là l'olive palissante Qu'Athene tant reclama, Et la branche verdissante Qu'Apolon jadis ayma ; Là, l'arbre droit de Cibelle Et le cerverin rebelle Au plaisir vénérien , Avec l'obscure ramée Par Phebe jadis formée Du corps Cyparissien.

Sous cette douce verdure, Soit en sa gaye saison Ou quand la triste froidure Nous renferme en la maison , Tarins, rossignols, linotes

DE DIVERS POETES

Et autres oiseaus des bois,

Exercent en gayes notes

Les dous jargons de leurs voix,

Et la vefve tourterelle

Y pleint et pleure à par elle

Son amoureus tout le jour;

De sa parole enrouée ,

A pleints et à pleurs vouée,

Efroyant Tair tout autour.

Et à fin qu'à beauté telle Rien manquer on ne pust voir De la beauté naturelle Qu'un beau jardin peut avoir, Il y ut une fonteine , Dont l'eau , coulant contre val En sautant hors de sa veine, Sembloit au plus cler cristal.

Elle ne fut point ornée Ny autour environnée De beaux mirtes Cipriens, Ny de buis, ny d'aucun arbre, Ny de ce precieus marbre Qu'on taille és monts Pariens ;

Mais elle estoit tapissée Tout l'environ de ses bors , Où son onde courroucée Murmuroit ses dous acors , D'herbe tousjours verdoyante , Peinte de diverses fleurs,

ESCRIZ

Qui en l'eau dousondoyante Mesloient leurs belles couleurs.

Qui ust regardé la teste D'un Narcisse qui s'arreste Tout panchant le col sur l'eau , On ust dit que son courage Contemploit encor l'image Qui trop et trop lui fut beau.

Aussi par cette verdure Estoit le jaune souci , Qui encor la peine dure De ses feus n'a adouci , Ains tousjours se vire et tourne Vers son ami qu'il veut voir, Soit au matin qu'il ajourne, Ou quand il est prés du soir.

Là aussi estoient bruneites, Mastis, damas, violettes, Çà et là, sans nul compas, Avec la fleur en laquelle Hiacinte renouvelle Son nom après son trespas.

Le ruisseau de cette sourse A par soy s'ebanoyant, D'une foible et lente course Deçà delà tournoyant, Faisoit une portraiture Du lieu où fut enfermé

DE DIVERS POETES

Le monstre contre nature En Pasiphaë formé; Puis son onde entrelassée, De longues erreurs lassée Par un beau pré s'espandoit , Où, maugré toute froidure.

Une plaisante verdure.

Éternelle elle rendoit.

Titan , laissant sa campagne , Peu à peu sous nous couloit, Et dens la tiède eau d'Espagne Son char il desateloit , Quand en ce lieu de plaisance Louïze estoit pour un soir, Qui, cherchant resjouissance , Prés la font se vint assoir. Elle ayant assez du pouce Taté l'harmonie douce De son lut, sentant le son Bien d'accord, d'une voix franche, Jointe au bruit de sa main blanche, Elle dit cette chanson :

ce La forte Tritonienne , Fille du Dieu Candien, Et la vierge Ortygienne, Saur du beau Dieu Cynthien , Sont les deus seules Déesses Où j'ay mis tout mon désir,

ESCRIZ

Et que je su pour maitresses Dés mon enfance choisir.

Si Venus m'a rendu belle Et toute semblable qu'elle Avec sa divinité , Que pourtant elle ne pense Qu'en un seul endroit j'ofense Ma chaste virginité. »

La pucelle Lionnoize , Fredonnant meints tons divers, Au son plein de douce noise, N'ut deus fois chanté ces vers , Qu'un sommeil de course lente Descendant parmi les Cieus Finit sa voix excellente Et son jeu melodieus.

Sur la verdure espandue Tous dous il l'a estendue , Flatant ses membres dispos; Dessus ses yeus il se pose , Et tout son corps il arrose D'un tresgracieus repos.

En dormant tout devant elle Sa mere se présenta, En son beau visage telle Qu'alors qu'elle s'acointa D'Anchise, prés du rivage Du Simoent Phrygien,

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Dont naquit le preus courage Qui au camp Hesperien Renouvella la mémoire Et la trionfante gloire Du sang Troyen abatu, Qui devoit en rude guerre Tout le grand rond de la terre Conquérir par sa vertu.

Eir regarde par merveille Son visage nompareil , Son haut front, sa ronde oreille^ Son teint freschement vermeil , Le vif coral de sa bouche , Ses sourcis tant gracieus, Que doucement elle touche Pour voir les rais de ses yeus, Non sans contempler encore Celle beauté qui décore La rondeur de son tetin, Qui ni plus ni moins soupire Qu'au printems le dous Zephire Menant l'air du matin.

Après que la Cyprienne Ut son regard contenté , Voyant de la fille sienne La plus qu'humeine beauté, Esbahie en son courage De sa grand' perfeccion ,

ESCRIZ

Elle augmenta davantage Vers eir son afeccion ; Puis, toute gaye et joyeuse , D'une voix tresgracieuse, Pour descouvrir son souci , Tenant les vermeilles roses De sa bouche un peu descloses, Elle parola ainsi :

ce Les Dieus n*ont voulu permettre Aux vains pensers des mortels Que d'eus ils se pussent mettre A fin : bien que leurs autels Soient tous couvers de fumée, Ou pour gagner leur faveur, Ou pour leur ire animée Faire tourner en douceur, Tous les veus pas ils n'entendent Qui devant leurs yeus se rendent ; Ains les ont à nonchaloir.

Veu ni prière qu'on face N'y font rien, si de leur grâce Ils n'ont un mesme vouloir.

« Que penses tu, fille chère?

Penses tu bien résister Contre les dars de ton frère, S'il lui plait t'en molester?

11 scet domter tout le monde De son arc audacieus :

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L'Océan, la Terre ronde, L'Air, les Enfers et les Cieus.

Onq fille n'ut la puissance De lui faire résistance Et ses fiers coups soutenir; Mais je te veus faire entendre Pourquoy j'ai voulu descendre Du Ciel pour à toy venir.

(c Les hommes pleins d'ignorance Citoyens de ces bas lieus , Te pensent de leur semence, Et non de celle des Dieus; Mais par trop ils se déçoivent ( Bien qu'ils le tiennent pour seur Et assez ils n'aperçoivent De ta beauté la grandeur.

Qui diroit, voyant ta face, Que tu fusses de la race D'un homme simple et mortel?

La Terre, sale et immunde.

Ne sauroit aus yeus du monde De soy produire riens tel.

« Tout ainsi la beauté rare D'Heleine chacun pensoit Engendrée de Tyndare; Car on ne la connoissoit.

Toutefois si estoit elle Fille du Dieu haut tonnant,

ESCRIZ

Qui , sa maison supernelle , Le haut Ciel, abandonnant, Atourné d'un blanc plumage, Semblant l'oiseau qui présage, En chantant , sa proche mort , En Lede, fille de Theste, De sa semence céleste , Le conçut par son efFort,

a Avecques deus vaillans frères,

Dont l'un, alaigre escrimeur,

Domta les menasses fieres

Et la trop apre rigueur

Du cruel roy de Bebrice,

Acoutumé d'outrager

Et meurtrir par sa malice

Chacun soudart estranger;

L'autre, de hardi courage,

Inventa premier Tusage

De joindre au char le coursier,

Où il se roula grand* erre,

Effroyant toute la terre

Des deux ronds bornez d'acier.

« Ainsi, bien qu'on ne te donne L'honneur d'estre de mon sang , Et du fier Dieu qui ordonne Les puissans soudars en rang , Si m'est ce chose asseurée Que de Gradive le fort

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En moy tu fus engendrée , Joingnant le gracieus bord Où la Sone toute quoye Fait une paisible voye, S'en allant fendre Lion, Dens lequel on voit encore Un mont* où l'on me décore, Qui retient de moy son nom.

a Le lieu où tu fus conçue Ne fut vile ny château , Ains une forest tissue De meint plaisant arbrisseau , Dont je veux ( en témoignage De ta race ) te pourvoir Ainsi que d'un héritage Que je tiens en mon pouvoir.

Là autour sont meintes plaines , Esquelles les blondes graines De Cerés pourras cueillir, Et la liqueur qui agrée A Bachus, et meinte prée Où l'herbe ne peut faillir.

« Là aussi sont meints bocages Deçà delà espandus , Où en tout tems les ramages Des oiseaus sont entendus.

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