‹ Œuvres de Louise Labé (volume 3)Chapitre 33 sur 33 · TESTAMENT DE LOUISE LABÉ · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE LOUISE LABÉ

Rappoty, Antoine Panfy, Florentin; Martin Prévost, apothicaire; M® Claude Alamani, maistre ès arts; Germain Vacque, cordonnier; Pierre Maliquet, cousturier; Claude Panissera, Piedmontois, tous demeurant à Lyon, tesmoins appelez et requis, laquelle testatrice, ensemble lesdits Rappoty, Panfy, Alamani, Panissera et Prévost ont signé, et non lesdits Maliquet et Vacque, ne sçachant signer, deuement requis, suivant Fordonnance.

NOTES

Page 3, ligne i. — Les lettres A. M. C. D. B. L. signifient à Mademoiselle Clémence de Bourges, Lyonnaise. Son père était Claude de Bourges, seigneur de Myons, général des finances du Piémont, et sa mère Françoise de Mornay. Les armes de cette maison se voient à la voûte de l'église de Saint-Nizier, de Lyon. Elles sont de gueules, au lion d'argent et au chevron d'azur brochant sur le tout. Clémence était poète et musicienne. En I Î48 elle joua de l'épinette en présence de la Cour, lors du voyage que firent à Lyon Henri II et Catherine de Médicis. Spirituelle, gracieuse et belle, elle fut aimée de Jean du Peyrat, tlls du lieutenant du roi dans le Lyonnais. Elle lui était fiancée lorsqu'il fut tué le 30 septembre 156) devant Beaurepaire en Dauphiné. Clémence en mourut de douleur.

P. 4, 1. 4. — Avoir l'esprit assez grand pour comprendre ce dont il a eu envie : pour exprimer ce que mon esprit a conçu.

P. 6, 1. 13. — Le second sera en vous de le prendre ou de ne ravoir point. Elle veut dire : Il vous sera loisible de vous plaire encore à retoucher vos écrits, ou de n'y point revenir.

P. 9 — Le Débat de Folie et d'Amour. — La Folie comme déesse est inconnue à la Mythologie antique. On peut donc considérer Louise Labé comme ayant inventé cette charmante fiction. En revanche elle a été plusieurs fois imitée, entre autres par le P. Commire qui a écrit des vers latins, intitulés : Demenîia Amorens ducens ; par La Fontaine, dans la fable XIV du livre XU il'Amour et la Folie; par Saint-Foix, qui s'en est souvenu dans sa comédie : les Grâces, etc., etc.

NOTES

Page 1 1, ligne 12. — Je vois : je vais. — L. 16. Atachcr : attaquer.

P. 12, 1 24. — Tu triomphes de dire : tu triomphes en paroles. — Il y a lieu de remarquer, 1. 2$, l'expression vendn tes coquilles^ qui rappelle le trafic de ces coquilles de nacre sculptées, que les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle vendaient à beaux deniers comptants, comme revêtues de vertus miraculeuses.

P. 13, 1. 15. — Allusion à l'enlèvement de Proserpine^ tille de Cérès, par Pluton.

P. 14, 1. 4. — l^s mets en route : en déroute.

P. 14, 1. 22. — Dine : digne. Le même mot, le mot indignation (page 40, et l'adverbe dignement se trouvent ainsi orthographiés plusieurs fois. Ne prononçant pas le g on se dispensait parfois de l'écrire.

P. 16, 1. 23 et suiv. — Jupiter se changea en cygne pour Léda {Mètam. d'Ovide^ liv. VI), en taureau pour Europe [id., liv. II), en pluie d'or pour Danaé [id.^ liv. IV), en aigle pour Astérie {id.^ liv. VI). Sur Mars pris avec Vénus dans les filets de Vulcain, voir VOdyssie^ liv. VIII, et les Mctam., liv. IV ; sur Paris et l'enlèvement d'Hélène, voir Homère, et Horacr, Ode 1$, liv. I; sur Didon et Énée, le IVe liv. de VÉnéide; sur Artémise, reine de Carie, veuve de Mausole, consulter Plutarque, Vie d'Isocrate^ et Diodore de Sicile, liv, XVI.

P. 17, 1. 12. — Si Louise Labé eût été en effet une courtisane, comme l'ont dit Rubys et Du Verdier, eût-elle osé écrire cette phrase sur les mille hôtesses qui font plaisir aux passant r

P. 18, 1. 8. — Forsaire : forçat.

P. 26, 1. 7. — Ce que vous otroiricz au plus estrange de la terre : ce que vous accorderiez à l'être qui vous serait le plus étranger, le plus indifférent du monde.

P. 32, L 13. — Animant : un être animé. La phrase fait bien voir la nuance qui existait alors entre les deux substantifs animants et animaux^ nuance perdue aujourd'hui. Nous disons animaux dans les deux sens.

P. 34, 1. 5. — Briare: c'est Driarée, le géant aux cent bras. Sur la révolte des Géants contre le Ciel, voir Ovide, liv. lai des Métamorphoses.

NOTES

Page 36, ligne 22. — Il est singulier de voir Apollon citer le texte biblique qui établit la peine du talion. Les poêles étaient assez portés à mêler le sacré et le profane, témoin VHercule chrestien de Ronsard, etc.

P. 39, 1. 13. — Pers : pour pairs, pareils.

P. 40, 1. 25. — Un pays leur parent : un pays où ils sont nés, dont ils sont les enfants.

P. 41, 1. 19. — Des parents d'Amour. Voir la Théogonie d'Hésiode et le Banquet de Platon, où Louise a beaucoup puisé.

P. 43, 1. 6 et suiv. — Encore un emprunt que fait Apollon à la Bible. L'histoire de Jonathas se trouve au liv. 1*^^ des Rois^ chap. XIII à XX . Celle de Pythias et Damon dans Valère Maxime, liv. IV, ch. vu.

P. 43, 1. 1 1. — Le dire d'un grand Roi: Darius, roi de Perse. L'anecdote est tirée des Apophthegmes de Plutarque.

P. 45, I. 3. — Esplingues : épingles. Éplingue se dit encore en Champagne. En Normandie : épingue. On trouve épingle dès le XIII*^ siècle. Montaigne dit esplingue. Christophle de Gamon, dans son Jardinet de poésie {Paiis, 1600, in-i6), emploie ce singulier crescendo ou plutôt decrescendo de diminutifs :

Espîngle au petit béquillon^ Espinglette au ferme aiguillon^ Espinglelette reluisante, Espinglettelette attachante^ etc.

P. 46, 1. 5. — Le texte original porte : on pense à un malade; le sens exige : on panse un malade.

P. 49, 1.23 — Plutarque, en son Dialogue de l'Amour, dit, d'après Euripide, que ce dieu fut l'inventeur de la musique.

P. 50, 1. I à 5. — Parmi les instruments cités dans ce passage, le moins connu est la doucine. C'était une espèce de trompette. Les danses dont il est question sont décrites dans VOrchesographie de Thoinot Arbeau (Et. Tabourot), Langres, 1599, in-4. — La pavane, où les danseurs se pavanent visà-vis l'un de l'autre avec des mouvements graves, était d'origine espagnole. Les gentilshommes la dansaient avec la cape et l'épée, les magistrats en robe, les princes en grand manteau

NOTES

et les dames en robe à queue traînante. On l'appelait le grand bdL

La passemesse se dansait sur un chant à l'italienne, elle consistait à faire quelques tours par la salle et à la traverser ensuite par le milieu, d'oii vient son nom : passa mese.

La gaillarde, ou romanesque, venait de Rome. On la dansait soit terre à terre, soit en cabriolant tantôt le long de la salle, tantôt en travers. Elle succédait d'ordinaire à la pavanne.

Page ^0, lignes 13 et 14. — Montre signifie revue, cortège, procession ; les moresques étaient des ballets dansés en costume moresque.

P. n, 1. 2. — Allusion au roman amoureux écrit par Apulée, le philosophe platonicien, sous le titre de VAne d'or.

p. 55, 1. 4. — Sémiramis aima et épousa son fils Ninyas, Biblis s'éprit de son frère, Myrrha de son père, Canace de son frère Macarée, Phèdre de son beau-fils Hippolyte.

p. 65, 1. 3 et suiv. — Pour l'éclaircissement de ce passage, consulter, au sujet d'Alexandre, Plutarque et Quinte-Cnrce; au sujet de Chrysippe, Aristote, Empédocle et Diogène Laërce.

P. 6j, 1. 14 et suiv. — Le peu de cas que fait L. Labé de l'Astrologie judiciaire témoigne de son esprit éclairé. Les astrologues divisaient le ciel visible en douze parties qu'ils appelaient maisons, et d'après la disposition des étoiles et des planètes ils prédisaient l'avenir. Les jeteurs de points étaient ceux qui observaient le point de la nativité, c'est-à dire le degré ascendant sur l'horizon à la naissance d'un enfant.

P. 72, 1. I. — Triste peinture de la société élégante au XVie siècle! C'est à ce passage que Pierre de Sainct-Julien, dans ses Gemelles ou Pareilles (Lyon, Pesnot, IJ84, in-8, p. 324), fait allusion, lorsqu'il dit que le lecteur « s'il veut voir le discours de L. Labé, dicte la Belle Cordière (œuvre qui sent trop mieux Térudite gaillardise de l'esprit de Maurice Sève, que d'une simple coiirtisanne, encore que souvent doublée), il trouvera que les plus follastres sont les mieux venus avec les femmes ». Cette phrase à deux tranchants attaque à la fois la réputation morale de Louise et sa réputation littéraire en attribuant à M. Sève son Débat de Folie et d'Amour.

P. 73, 1. 1 1. — Aconce, épris de Cydippe qui le dédaignait, lui offrit, dans le temple de Diane, une pomme sur laquelle il

NOTES

avait écrit : « Aconce, je vous aime et jure par Diane de n'être qu'à vous ! » — Ayant lu l'inscription dans le temple où tout serment était irrévocable, elle se trouva liée sans y penser.

Les lignes suivantes font allusion à ce bel épisode de Dante {Enfer, chant V), que le vieux Balthasar Grangier traduisit alors avec beaucoup de naïveté et peu d'élégance :

Nulle plus triste peine Que de se souvenir du temps qui fut heureux En misère ; et cecy scait celuy qui te mené. Toutefois si tu es d^entendre désireux Quelle de no stre amour fut première racine^ Je pleureray^ contant une telle ruine.

Un jour par passetemps nous nous mettons à lire De Lancelot^ comment il fut d'Amour espris. Seuls estions, sans soupçon d'aucun ardent martyre; Plusieurs fois sont nos yeux captivez et surpris D'une telle lecture, et nous changions visage; Mais ce fut un seul point qui dompte nostre rage.

Alors que nous lisions le ris tant désirable D'avoir esté baisé d'un si chaud amoureux, Cil qui jamais de moy ne soit divis, aymable, La bouche me baisa tout tremblant et peureux. Galeotfut le livre et qui l'a mis en conte/ Plus avant en ce jour nous ne lisons de honte!

P. 73, I. 23. — Pline et Lucien rapportent ce fait du jeune Cnidien épris de la Vénus de Praxitèle, qui se glissa dans le temple, couvrit la statue de baisers et la pollua de son amour.

P. 78. — Cette page et les suivantes sont remplies d'allusions aux histoires du Décaméron de Boccace, de VHeptamèron de la reine de Navarre, etc.

P. 86, 1. 7. — Le dieu des jardins, Priape, étant en même temps le dieu des plaisirs amoureux, il y a là une allégorie des plus scabreuses quoique bien voilée.

P. 93, vers 3. — Les éditions originales portent embrassant, c'est évidemment une faute typographique.

P. 9Ç, 1. dern. — On sait l'histoire de Sémiramis, qui naquit esclave, épousa Ninus, roi de Babylone, lui succéda, poursuivit ses conquêtes, ensuite éprise de Ninyas son fils, l'épousa

NOTES

et fut assassinée par lui. L'allusion est ingénieuse, car Louise avait aussi porté l'armure et fait la guerre. Si, comme je crois, c'était pour 01. de Magny qu'elle écrivait, il était plus jeune qu'elle.

Page 96, vers i. — Route: déroute. — Vers 4. Branc: glaive.

P. 104, vers II. — Forcener : enrager.

P. 105, vers 22. — La rivale de Pallas était Arachné.

— Vers 24. — Estour : combat, mêlée.

P. 106, vers 2. — Bradamante, Marphise, héroïnes du Roland farieux de l'Arioste.

P. 107, vers 1. — Elle veut dire : Amour entre en la place.

— Vers 9 et 1 1. — En additionnant ces seize hivers et ces treize étés, on trouve que Louise, ayant publié ses vers en 1 5 5 5 , devait alors avoir au moins vingt-neuf ans et être née au plus tard en 1 526. Le portrait, gravé par P. Woeïriot, daté de 1 5 est celui d'une femme de trente ans au moins. Je crois donc qu'elle se rajeunit, ce qui est le privilège de toutes les jolies femmt'S ayant dépassé la trentaine.

P. II 0. — Quoique la langue italienne ait été fixée bien avant la nôtre, il y a dans ce sonnet et les pièces qui suivent certains archaïsmes, tels que havria pour avrebbe, gratie pour > grazie, et pour e.

P. III. — Les deux premiers quatrains de ce sonnet sont identiques à ceux du LV« sonnet des Souspirs d'Olivier de Magny, que nous avons cité dans la vie de Louise Labé.

P. 116. — Magny a composé une ode sur un anneau que sa mie lui donna, portant cette devise : Je meurs de jour et brusle de nuicî. Ce sonnet semble s'y rapporter. Il ressemble aussi au sonnet de Pétrarque :

Amor mi sprona in un tempo e affrena^

imité par Ronsard en ses Amours :

J'espère et crain ; je me tais et supplie : Or je suis glace et ores un feu chaud, etc.

P. 118. Ce sonnet, où Monfalcon croit voir que Louise aimait un soldat, s'applique mieux encore à un poète.

NOTES

Page 119, vers 2.— Il est question de ces petits jardins dans une ode d'Ol. de Magny à Maurice Sève :

Antres, forests^ herbes et prez Voisins du séjour de la belle.

Et vous, petits jardins secretz, Je me meurs pour l'absence d'elle Et vous vous égayez auprez.

P. 121. — Le Deuxième baiser de J. Second offre le même sujet. Voyez aussi Ovide, liv. II, él. x.

P. 125. — Pris de Pétrarque :

Solo e pensoso i piîi deserti campi....

P. 131. — Réponse à ces vers d'Ol. de Magny, dans ses Odes :

Elle est à vous, belle maistresse,

Cette belle et dorée tresse

Qui feroit honte au mesmes or,

Et ces yeux, deux astres ensemble....

P. I3Î. — Voici la traduction, due à M. Reynold Dezeimeris, de l'ode grecque sur les poésies de Louise Labé.

« Les odes de l'harmonieuse Sappho, qu'avait détruites la violence du temps dévorateur de toutes choses, Louise Labé, nourrie dans le sein emmiellé de Cypris et des Amours, les a rendues à la lumière.

« Si quelqu'un s'en étonne comme de chose étrange et demande d'où vient la poétesse nouvelle, il apprendra qu'elle aussi, hélas! a pour bien-aimé un Phaon farouche et inflexible.

« Délaissée par lui, l'infortunée s'est prise à moduler un chant pénétrant sur les cordes de sa lyre, et, sans relâche à son tour, par ces échos de son âme, elle lance l'aiguillon de la passion au cœur des jeunes hommes les plus rebelles à Famour.»

La grécité de ces vers est fort suspecte. Le mot Trot/jc-si; dans le sens où l'a pris l'auteur est un gallicisme et dénonce sa nationalité. C'est à J. A. de Baïf que le morceau me semble devoir être attribué.

P. 136. — Les vers de Aloys<£ Labde<e osculis sont d'Adam Fumée. Voyez, p. 154, la 2^ str. de l'ode d'Ol. de Magny à son bon Signeur. Voyez aussi p. 215, ci-après, une note sur A. Fumée.

NOTES

Page 138. — iVo/z si, non la, est une des devises de Maurice Sève. Le sonnet est donc de lui.

— Ligne dernière. — Les lettres P. D. T. désignent Pontus de Tyard. Le sonnet se trouve p. i n de ses Erreurs Amoureuses (Lyon, J. de Tournes, 1555, in-8), avec cette variante pour les deux derniers vers :

Ah! comme ardroit mon cœur réduit en cendre ? Comme en deux parts le puis-je mettre en gage ^

P. 1^9. — Le portrait en question semble être celui que P. Woeïriot grava en 1 5 5 3 . Le sonnettiste serait alors Woeïriot lui-même.

P. 140, vers 2. — Belle à soi {pulchra sibi) est l'anagramme de Louise Labé. Ce sonnet et le suivant sont de C. de Taillemont Lyonoes , auteur de la Tricarite, plus qelqes chants an faueur de pluzieurs Damoêzelles (Lyon, J. Temporal, 1^6, 'in-8). Ils sont signés de sa devise, qu'il écrivait ainsi : Devoer de voer.

P. 141. — Le sonnet : Voyez, amans, etc., est du même style obscur et entortillé que les précédents. Il semble bien aussi de Taillemont.

P. 142, 1. 18. — Jean de Vauzelles, curé de Saint-Romain, de Lyon, parent de M. Sève, avait pour devise : D'un vrai zelle; Pontus de Tyard : Amour immortelle; Guillaume de la Tayssonnière : Rien sans zèle. C'est à ce dernier, poëte contemporain, que j'attribue le sonnet.

P. 142, 1. 19. — Dans les 3e et 4© str. des Louanges de L. L. (Voyez p. 66 et 671, il est question d'un vieil poëte Romain qui fut épris de Louise. Ceci ne peut guère se rapporter qu'à Luigi Alamanni, Florentin, réfugié en France, qui fut ambassadeur de François V '^ près de Charles-Quint. Il eut plusieurs fils dont l'un fut évêque de Bazas, puis de Màcon, et un autre capitaine aux gardes et chevalier de l'ordre de Saint-Michel. — Un Alamanni figuie parmi les témoins du testament de Louise Labé.

C'est à Luigi Alamanni que j'attribuerais une partie des vers italiens adressés à Louise. Le reste appartient, je crois, à Gabriel Symeone-Symeoni, qui faisait partie de la Société lettrée de Lyon, à la même époque.

NOTES

Page 1 4 j , ligne n • — Cette étrenne et la suivante sont tout à fait dans le goût de Marot, qui a chanté Louise (Voyez p. 184, vers 12), et doivent lui être attribuées.

P. 146. — VEpUre à ses amis, etc., paraît être d'Olivier de Magny, qui s'y est nommé lui-même, et cependant on ne la trouve pas dans les poésies de Magny. Elle se voit au contraire imprimée feuillet 117 et suivants des Amours de Baïf (Paris, Breyer, 1572), et doit être restituée à ce dernier.

P. 146, vers 13. — Av'ous, syncope, pour avez-vous.

P. 149, vres 7.— Dans ses Amours, Magny nomme un Michel de Gyvès, qui est sans doute le même. La Monnoye était en correspondance avec un M. de Gyvez, avocat au Présidial d'Orléans; je ne sais s'il était de la même famille. — Dans les Amours de Baïf^ le nom de Gyvès est remplacé par celui de Tahureau.

P. 150, vers 12. — Ce sonnet est le XXXII^ des Souspirs, d'Ol. de Magny.

P. I j I , vers 4. — Vers d'Antoine de Baïf aux Amours de Francine, ff. 121 et 122.

P. 1 53. — Je ne vois guère que Melin de Sainct-Gelays à qui ce rondeau puisse être attribué.

P. 154. — Ode d'Olivier de Magny.

— Vers 3. — Fumée (Adam) né en 1511, mort en 1 575, savant magistrat, conseiller au Parlement de Paris, puis, après I s^h au Parlement de Bretagne dont il devint président en 1 572. Enclin aux idées de la Réforme, il se rétracta lors du procès d'Anne Dubourg. C'est à lui que Muret dédia ses commentaires sur les Amours de Ronsard.

P. 154, vers 19. — Il s'agit de Persée. (Voye2 Ovide, Métamorphoses, liv. IV.)

P. 160, vers 16.— Jean d'Avanson, seigneur de Saint-Marcel, conseiller du roi, surintendant des finances, ambassadeur à Rome de 1550 à 155 ç. Il fut le Mécène de Magny, de J. du Bellay, de Ronsard, etc.

P. 160, vers 21. — Ce madrigal est d'Alamanni ou de Symeone-Symeoni.

P. 161. Ode. Je la croirais d'Antoine du Moulin, ou

NOTES

plutôt de Maurice Sève. Elle est assez obscure et alambiquée pour être de ce dernier.

Page 162, vers /^.—-Lampeger^ de Tiialien lampegiare, briller.

P. 16^, 1. 13. — Les lettres A. F. R. désignent Adam Fumée, Rapporteur.

P. 164, I. 7. — Traduction d'une pièce latine d'Angerianus.

P. i6î, 1. 3. — Divers passages de cette Ode (importante à cause des détails qu'elle donne sur Louise) font connaître qu'elle a pour auteur un Poitevin. A l'époque oii Louise écrivait, on trouve à Lyon Guillaume Aubert, de Poitiers, qui fut l'éditeur des Marguerites de la Marguerite des Princesses (Lyon, Jean de Tournes, 1547, 2 vol. in-8). C'est bien son style, sa manière, son genre d'esprit. Tout le désigne comme l'auteur des Louanges de Dame L. L.

P. 166, vers 16. — Ce vieil Romain : Luigi Alamanni.

P. 168, vers 21. — La comparaison de Louise à Penthésilée, combattant pour Hector, fils du roi Priam, et plus loin ces armoiries royales, représentées dans le jardin de Louise, m'ont fait soupçonner qu'elle avait pu être envoyée au siège de Perpignan pour attirer les regards et l'amour du Dauphin, qui fut plus tard le roi Henri U. (Voyez la notice, p. xv.)

P. 170, vers 5. — Le fils de Clymène : Prométhée.

P. 171, vers 12 à 17.— Paraphrase de la devise de Henri II : un croissant, avec ces mots : Donec totum impleaî orbem.

P. 174, vers 28. — Titan^ le soleil ainsi désigné par les anciens comme étant fils d'Hypéiion, un des Titans, ou Hypérion lui-même.

P. 17Î, vers n et suiv. — La Tritonienne : Minerve. La Vierge ortygienne: Diane. Les poètes de la Renaissance abusaient des dieux de l'Olympe et affectaient de les désigner par leurs noms les moins usités. Nous nous fions à la sagacité des lecteurs pour éclaircir ces espèces d'énigmes.

P. 184, vers 12 et 13. — Le poète énumère, parmi les écrivains qui ont chanté Louise : Clément Marot, Antoine du Moulin, Méconnais, éditeur des œuvres de Marot, Des Perriers, Pernette du Guillet, etc.; Charles Fontaine, auteur de la

NOTES

Fontaine d* amour ^ des Ruisseaux de fontaine, et autres poésies; enfin, Maurice Scève, dont nous avons déjà parlé.

Page 184, vers 22. — Les poètes du XVI^ siècle n'étaient point avares de louanges pour eux-mêmes; celui qui se vante ainsi c'est l'auteur de l'Ode, le chantre des Bords du Clain (à tort imprimé Clan)^ rivière du Poitou ; c'est Guillaume Aubert, l'élève et l'ami de Jean Bouchet nommé à la page suivante.

P. 188. — Le privilège manque aux exemplaires connus de l'édition originale qui, achevée d'imprimer le 12 août IJ5J, lui est de plus d'un an postérieure. Il se trouve dans la réimpression de 1556. — Comme beaucoup d'actes de cette nature, il argue de copies subreptices pour autoriser la publication. Il ne s'agit point là d'éditions antérieures, même partielles, et l'auteur, dans sa dédicace, dit simplement que plusieurs de ses amis ont lu ses poésies à son insu.

P. 197. — Le Testament de Louise Labé a été publié, pour la première fois, par M. Breghot du Lut, dans les Archives statistiques du département du Rhône. (Lyon, 1825, t. I, p. 3 j à 46.) M. Cochard, qui l'a retrouvé dans les Archives de la Chambre des Notaires de Lyon, s'était contenté de Panalyser dans l'édition de 1824. — C'est une simple copie du temps, vidimée d'après l'acte authentique, et signée par le notaire Laforest. Elle fait partie de la liasse de Laforest, de 1564 à 1579.

P. 199, 1. 8. — Une asnée : probablement la charge d'un âne; ce qu'on appelle ailleurs une somme de vendange.

P. 200, 1. II. — Les noms Charlin et Labbé, écrits ainsi au début de l'acte, se transforment en Charly et Labé.

P. 202, 1. 18. — Mesonnages ou mieux Maisonnages : habitations tant de maîtres que de domestiques.

P. 204, 1. 13. — La rue Salnerie est probablement la rue de la Saônerie, qui occupait en partie le quai de Flandre actuel.

P. 204, ligne 14. — Carrons : bande de lard dont on a ôté le maigre.

P. 20 j, 1. 13. — Quarte Trebellianique : quart d'une succession que le fidéicommissaiie avait droit de retenir en la remettant à l'héritier.

NOTES

Page 206, ligne 2.— Claude Alamanni était sans doute parent de Luigi Alamanni, dont nous avons parlé ci-dessus, un de ses fils peut-être, bien que l'histoire n'ait conservé les noms que de Jean- Baptiste Alamanni, évêque de Bazas et de Mâcon, et de Nicolas, chevalier de l'ordie de Saint-Michel.

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