‹ Œuvres de Louise LabéChapitre 20 sur 22 · DES BLASPHÈMES CONTRE J. C. CONTENUS AU · texte numérisé non relu

DES BLASPHÈMES CONTRE J. C. CONTENUS AU

LIVRE DE M. Jehan Calvin, intitulé Congratulation A MESSiRE Gabriel de Sacconay, PRE CE NT EUR DE LiON. Lcquel dernier livre s'il n'estoit imprimé au temps dud. testateur veult et ordonne qu'on le fasse imprimer à part premièrement et ensemblement avec les autres, du tout sans chercher aulcune louange mondaine, Dieu le sçait, mais pour l'honneur de Dieu et de son Eglise et admendement. . . etc. »

Cette Congratulation à vénérable Prestre, Messire Gabriel de Saconnay, Precenteur de l'Église de Lyon, était une réponse à la Préface mise par lui à une nouvelle édition du livre ayant pour titre : Assertio septem sacramentorum adversus Martinum Lutherum adita ab invinctissimo Henrico ejus nominis octavo. Apud inclytam

urbem Londinum, in adibus Pynson, ann, MDXXl. (In-4*, 78 feuillets). Calvin parlant de cet ouvrage dit dans sa Congratulation (p. i o) : « Ce livre donc fut basti par quelques moines et caphards et gens addonnez à babil et contention. Et le Roy estant persuadé par mauvais conseillers, souffrit qu'on Timprimast en son nom. Or pour ce qu'il s'est depuis repenti de ceste ardeur inconsidérée, et que le livre estoit si lourd et si fade que la mémoire en pouvoit estre incontinent abolie, il est demeuré enseveli par l'espace de trente ans. »

L'édition lyonnaise de l'œuvre du royal auteur, avec une préface du chanoine G. de Saconay, souleva des tempêtes et fit l'objet d'un incident diplomatique. Le 1 2 août 1 5 6 1 , Trockmorton, ambassadeur d'Angleterre à Paris, dénonçait cette préface à Calvin. Théodore de Bèze et Nicolas des Gallards réclamaient des poursuites et voulaient que « Saconay fût appelé et livré en procès pour son livre. » Trockmorton modéra cette ardeur, disant : « Il se trouve quelques fautes aucunes fois, lesquelles se remédient et se réparent plus pertinemment par silence que par procès. » Cet avis prévalut, et Catherine de Médicis remit, le 8 octobre i $ 6 1 , à l'ambassadeur anglais, le curieux procès-verbal que voici :

a Nous, Guillaume de Gadaigne, baron de Saint- Victor, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, seneschal de Lyon, et lieutenant pour sa majesté au gouvernement de Lyonnois, sçavoir faisons que nous, ayant receu les lettres missives du dit seigneur soussignées par sa majesté et scellées de son cachet, à nous

adressans en date du XV* jour de septembre, Tan présent MVLXI, par lesquelles nous est mandé exhiber et défendre au libraire qui a imprimé certain livre intitulé : Régis Angîia Henrici hujus nominis octayi assertio septem sacratnentorum aàversus Martinum Lutherum, avec une préface de M. Gabriel de Saconay, de vendre, ni exposer en vente, ni encore en pays estrangers pour y estre vendu le dit livre, jusques à ce que la dite préface aura esté reformée en certains endroitz plus à plein déclarez par les dites lettres, sur peine de confiscation de tous les ditz livres, et de punition corporelle, avons ce jourd'huy, vingt-troisiesme des ditz mois et an, mandé venir par devant nous Guillaume Roville, marchant libraire demeurant à Lyon, sous le nom duquel on dit le dit livre avoir esté imprimé, et pareillement avons mandé venir le dit M. Gabriel Saconay, auxquels comparans par devant nous, avo6s fait entendre la volonté du roy, leur exhibant les dites lettres et d'icelles faisant lecture, suivant lesquelles avons prohibé et défendu au dit Roville de vendre ou exposer en vente, ni envoier dehors pour vendre ce dit livre par luy ou par interposite personne, sur les peines contenues ez dites lettres, jusques à ce que la dite préface aura esté réformée ez 1II1««, IIII», et im««, 111» feuillelz d'icelles. Et avons enjouint au dit de Saconay, suivant la volonté du dit seigneur, de reformer la dite préface ez ditz endroitz et de supprimer ou bien changer ce qui semble offenser la mémoire du dit feu roy Henry, huitiesme d'Angleterre, en ce qu'il parle du repudiement de sa première II. 6.

1)0 APPBNDICe.

femme, et dict au dit 1111»* feuillet qu'il a fait divorce tout à un coup avec sa femme légitime et l'Esglise, espouse de Dieu, au commencement du 1111 '"^j 111*, que la tache et macule d'heresie dure encore par le jourd'huy en son royaume et que sa nouvelle Jesabel avoit enfin porté la peine qu'elle avoit justement méritée, en sorte que la royne d'Angleterre à présent régnant se puisse tenir pour contente et satisfaite. Lequel M. Gabriel de Saconay nous a dict et respondu qu'il obéira à la volonté de sa majesté, et quant au dit Roville libraire, il nous a dict et respondu que véritablement il a imprimé ou faict imprimer le dict livre, et a promis, moyennant son serment et sur les peines à lui indictes, qu'il ne vendra ni exposera en vente, et n'enverra dehors pour vendre, ni aultrement publier le dit par luy, ni înterposite personne en quelque sorte que ce soit, jusques à ce que la dite préface ait esté reformée selon et suivant la volonté de sa majesté; desquelles deffenses, promesses et autres choses nous avons octroyé lettres aux ditz de Saconay et Roville et autres qu'il appartiendra, pour s'en servir en temps et lieu que de raison. Fait l'an et jour sus diz.

«De GuADAiGNi (sic).»

P. 6» I. $. '— Tontei les reclierclief fititei en France, en Eipagne» en Italie et en Allemagne pour trouver, ayant 1550, l'exprefaion par la plume ou par le dessin de l'idée mère du Débat de Folie et ^ Amour sont demeurées sans résultat.

Dans le Journal de Jean Héroard (Soulié et Éd. de Barthélémy, à Paris, cbex Didot, 1868) on lit, t. II, p. 115, le ) janvier 1616 : « Le baron de Lux tué par M. le chevalier de Guise à l'entrée de la rue de Grenelle. Le roi £iit jouer une comédie françoise De la Polie et de V Amour aveugle ; il va en la salle de la comédie. »

P. 6, 1. 30. —On connaît un Jean Dagoneau ou Dagonneau, protestant maçonnais, qui, avec ses frères, prit une part active aux guerres de religion. La paternité de la Légende de Domp Claude de Guy se lui est généralement attribuée; mais, malgré les indications obligeamment fournies par M. Tamizey de Larroque, il m'a été impossible de savoir si cet ouvrage n'appartiendrait pas, an moins en partie, à Gibbert-Regnault, seigneur de Vaux. La

du ciusion ouverte il y a longtemps sur cette queftion peut tenter encore quelque patient amoureux de bibliographie, ^^oir l'article consacré à Jean Dagonean par la France protettantr, de Haag.)

P. 6, 1. 04. — On lit dans le Dietionnaire historique, giogro" phifue et biographifue de Maine-et-Loire, par Célestin Port (t. III, p. 467}, à Tart. Sancë : «c La terre appartient, depuis an moins les dernières annéM du XVI* siècle, à la famille Ridouet, dont un membre, Jacques Ridouet de Sancé, est auteur d'un dialogue allégorique La Folie et V Amour, imprimé , dit-on. i» Cette indication, conforme à celle du manuscrit de Dagoneau, est tout ce qu'on a pu découvrir sur Ridouet et sur $t§ œuvres.

P. 7, 1. 97. — Dans ses GemelUs ou Pareilles,VieTTt de Saint-Julien, attribuant le Débat de Folie et d^ Amour, généralement si clair et si limpide, bien des fois si fin et si délicat, presque toujours si simple et si sensé, à « l'émdite gaillardise » de Maurice Scève, nous montre clairement qu'il n'y entendait rien. La Muse audacieuse qui avait besoin de quatre mille quatre cent quatre-vingtdix vers pour célébrer la Délie objet de plus haulte vertu, était incapable non pas seulement d'écrire, mais encore de concevoir ce tout petit poème en prose.

P. 9, 1. a6. — Il suffira, pour s'en convaincre, de lire les vingtquatre sonnets dans l'ordre où ils sont imprimés et numérotés par Jean de Tournes^ ou de jeter les yeux sur l'argument ciaprès, d'une lecture beaucoup moins intéressante, mais un peu plus rapide:

I. Après un prologue dans la langue du chantre de Laure, — II. Louise Labé s'adresse à l'être aimé: lui qui sut inspirer Uot d'amour, pourquoi n'aime-t-il pas ? — III. Elle se consume en longs désirs et en espérances déçues, et c'est en vain que l'amour vient faire rage contre son cœur, il n'y a déjà plus de place pour une blessure nouvelle. — IV. Mais plus le Dieu cruel nous assaille, plus il nous donne de force pour combattre avec lui. V. Invocation à l'astre des nuits, confident de ses soupirs

et de ses larmes. — VI. Béni soit cependant le retour du soleil qni Ini fera voir celai qu'elle aime l et, le voyant, elle emploiera si bien le pouvoir de ses yeux qu'elle ne tardera pas à faire sa conquête. — VII. Tendre appel à « l'âme bien aymée, i» et, toute tremblante à l'idée de sa venue, douce prière pour se la rendre fiivorable. -~ VIII. Fidèle peinture de l'état de son âme, qui vit, qui meurt, qui brûle et se noie, et que l'amour mené sans trêve de la peine à la joie pour la remettre bien vite en son premier malheur.— IX. Dès qu'elle commence à prendre un repos désiré, elle croit posséder le bien après lequel elle sonpire. O douces nuits, si elle ne doit avoir de bonheur en vérité, faites an moins qu'elle en ait en songe ! — X. Quand elle le voit, le front couronné de lauriers « au chef d'honneur plus haut que nul atteindre, » son cœur passionnément épris se demande si, à tant de qualités, il ne pourrait pas joindre celle de lui être «c pitoyable, i» — XI. Tout, autour d'elle, réjouit sa vue, et ses petits jardins pleins de fleurs amoureuses, et les beaux yeux aux doux regards de celui qu'elle aime, mais le plaisir que reçoivent $«» yeux ne sert qu'à attacher davantage son cœur. — XII. Aussi quand elle essaye quelque chanson joyeuse, son luth qui pleura si souvent avec elle, ne produit sous ses doigts qn'un accompagnement de soupirs et de larmes. — XIII. Ah ! que l'envie ne l'empêche pas de s'unir à lui, qn'à lui elle puisse s'attacher comme le lierre à l'arbre, la mort envieuse de son bonheur pourra alors venir la prendre, et si son esprit sur ses lèvres s'enfuit elle mourra « plus que vivante, heureuse. » — XIV. « Tant que ses yeux pourront larmes épandre, » tant que sa main saura toucher le luth pour le chanter, tant que son esprit sera content de ne comprendre que lui, elle ne saurait désirer mourir ; mais quand elle sentira sa main impuissante, sa voix cassée, ses yeux taris et son esprit sans grâce, elle priera la mort de « noircir » le plus clair de ses jours. — XV. Pour fêter le retour du soleil, Zéphir éveille la terre, les fleurs se parent de mille couleurs, et dans les arbres les oiseux font merveille. Que Zéphir fasse vers elle revenir son soleil, et il verra s'il ne la rend pas plus belle.— XVI. Après l'orage, le beau temps t après le grand jour, la

ij6

nuit sombre ; après le combat, le repos. Elle Ta vu et consolé dans »eê peines, craignant de ne pas &ire assez pour lui; mais à présent qu'il l'a embrassée, à présent qu'elle est comme il la voulait, elle le trouve plus froid qu'elle n'aurait désiré. —

XVII. Elle fuit la ville on tout sans lui lui devient ennuyeux, où rien sans lui ne sanriUt la distraire; et il pourra la contraindre à lui donner ce qu'elle estime le mieux, car il lui fondrait vivre liors d'elle-même pour parvenir à ne plus penser à lui. —

XVIII. Et mêlant à ceux de son ami êe$ « baisers tant heureux, » elle s'écrie; « Jouissons-nous l'un de l'autre à notre aise, lors double vie à elucun en suivra. » —XIX. A Diane, qui la rencontre en l'épaisseur des bois et lui demande ce qu'elle a £iit de son arc et de ses flèches, elle répond : « Le passant à qui je les ai jetées les a ramassées, et il s'en est servi contre moi pour me

■ faire cent et cent bresches. » — XX. On lui avait prédit qu'elle aimerait un homme dont on lui fit la peinture, et le jour où elle le rencontra, elle crut que le ciel avait formé cet amour; mais aujourd'hui «je croy, dit-elle, qu'étaient les infernaux arrêts que de si loin m'ourdissaient ce naufrage.»— XXI. «Quelle grandeur rend l'homme vénérable ? » et «c Quel naturel est le plus aimiable ? » Elle l'ignore, mais elle sait bien que toutes les ressources de l'art ne sauraient accroître sa passion. — XXII. La puissante harmonie du ciel lie ensemble les esprits divins, mais si ce qu'ils aiment se trouvait loin d'eux, que deviendrait leur bonheur? — XXIII. Que sont-ils devenus les serments d'autrefois et les louanges dont il la comblait si souvent ? C'est la douleur qui la fait ainsi parler, mais elle se console en pensant que lui-même aussi souffre quelque martyre. — XXIV. Ne reprenez, dames, si j'ai aimé, dit-elle en terminant son poème, et Dieu vous garde d'être plus malheureuses que moi.

P. lo, 1. ag. — Il est de mode aujourd'hui de chercher la vie d'un auteur dans ses œuvres. Pour les biographes futurs, éclairés par les critiques, les correspondances et les préfaces dans lesquelles on ne craint pas de s'autobiographier, ce travail sur nos contemporains sera moins périlleux; mais quand on le fait sur

d'anciens aatears dont il ne reste à peu près rien, on s'expose à commettre d'étranges erreurs.

A Voccaston du V* centenaire de la mort de Pétrarque, il a été imprimé, en France et en Italie, quelques douzaines de : Vie de Pétrarque d'âpre'! ses vers. Tous les auteurs de ces ingénieux travaux y ont trouvé les traces marquées de l'amour de Pétrarque pour Lanre de Noves, femme de Hugues de Sade, qui, fidèle à son mari et respectueuse de ses onze en£tnts, ne succomba jamais, malgré l'avalanche de rimes qui tomba sur elle. Cependant M. de Berluc-Pémssis vient de démontrer jusqu'à l'évidence que toute cette histoire est une légende, dont l'inventeur est le marquis de Sade. La Laure chantée par Pétrarque était une jeune fille, sœur et non pas femme de Hugues de Sade. Le pape, qui voyait de bon œil l'alliance du poète avec Laure de Sade, était prêt non seulement à lui laisser ses revenus ecclésiastiques malgré son mariage, mais encore à le doter convenablement. Malheureusement Pétrarque était boiteux, peut-être même sujet à des crises qui ressemblaient a l'épilepsie, et la jeune fille n'en voulut pas.

Combien £ïudra-t-il de temps pour que cette histoire, autrement vraisemblable que la légende, et du reste appuyée sur les témoignages les plus sérieux, remplace le récit que l'on trouve partout? Sans doute autant qu'il en £tudra pour détruire l'invention récente de la collaboration d'Olivier de Magny aux vers de la Belle Cordiére, collaboration découverte dans les vers mêmes de Louise Labé. Il est à propos de remarquer ici que les trois derniers biographes de Louise Labé ont cherché son histoire dans ses sonnets et dans ses élégies. Cochard y a découvert un seul amour, qui remplit à peu près toute son existence; M. Monhleon y en a trouvé deux, presque d'égales dimensions; quant à M. Blanchemain, il y en a vu deux grands entre deux petits.

P. ij, 1. 4. — Antoine du Verdier, sieur de Vauprivas, né à Montbrison le ) i novembre 1 544, mort à Duerne le a 5 septembre 1600, d'après M. Delaroa. Il a composé une Bibliothèque française, dans laquelle sont décrits la majeure partie des livres qui furent publiés an XVl* siècle en France et surtout à Lyon.

P. I), I. 5. — Ciaade de Rabys, historien et homme politique lyonnais, dont il sera question pins loin.

P. 14, 1. 19. — Voici le titre de ce rare volume; L'Art poMfue, de Jacqnet Peîetier du Mans départi en deux livres. A Lyon^ far lean de Tourner et Guil. Ga^eauy 1555.

Ce titre est incomplet, en ce qu'il n'annonce pas qu*à la suite de l'Art poétique il y a une série de pièces en vers qui composent le second livre. C'est aux pages 108 et 109 de cette seconde partie que se trouve VOde à Louise Lobé Lionnoise.

P. 14, 1. 98. — La Chanson nouvelle de la Belle Cordière, dont l'auteur nous est inconnu, et VOde à Sire Aymon, par Olivier de Magny.

P. 15, 1. 16. — Guillaume Paradin, doyen du chapitre de Beaujeu, historien lyonnais, né vers i;io, mort le 19 janvier 1^90, d'après le Catalogue des Lyonnais dignes de mémoire.

P. 17, 1. 10. — A la date du 9 novembre 1 588, c'est-à-dire vingtdeux ans après la mort de Louise Labé et trente-trois après l'époque où elle « florissait, i» le Consulat délivre à noble homme M* Antoine du Verdier, seigneur de Vauprivas, un certificat portant qu'il est habitant de Lyon depuis plus de dix ans, « attendu que, pour son habitation ordinaire, il y a acquis une maison, et, quoii^ue pour ses aflfaires particulières il fasse séjour hors la ville, il ne laisse par d'aller ou envoyer au guet et garde, et de contribuer aux aflfaires de la ville comme vray habitant. »

P. 18, 1. aa. — Le premier article de Sainte-Beuve a paru dans la Rrvur des Deux^Mondes du 15 mars 1854 ^* ^*'^* 1^ œuvres * complètes du grand critique, on l'a imprimé au milieu des Portraits contemporains. Le second article s été publié par le Constitutionnel du 3) février 186), et II a été reproduit dans la Bibliographie des livres relatifs à l'amour, aux femmes et au mariage, etc., Tarin, 1872, t. IV, art. L. Labé. Seulement — et je signale cette singulière citation aux auteurs qui signent le comte d'I... — l'article est donné comme tiré du Journal des Débats et dû à la plume de Jules Janin. '

P. i8, 1. 34. — Jacquet Pernetti, chevalier de l'ÉgUse de Saint- Jean, né à Chaxelies-eii-Forez vers 1696, mort à Lyon le 16 février 1777» d'aprè* Breghot du Lut et Péricaud. C'était un de ces laborieux compilateurs d'autrefois qui ont commis quelques inexactitudes parce qu'ils ont beaucoup travaillé, mais dont quelques modernes redresseurs de torts sont les premiers à consulter les travaux. Les Lyonnais dignes de mémoire parurent en 1757.

Quelques années avant, C.-J. de Ruoltz avait lu à l'Académie de Lyon ^août 1746^ un Discours sur la personne et les outrages de Louise Laie Lyonnaise^ imprimé à Lyon, chez DtUroche, en

P. 19, 1. I. — Entre autres ouvrages* M. Monfalcon a écrit, avec toutes les apparences extérieures d'une vaste érudition, une Histoire monumentale (sic) de la ville de Lyon^ 8 vol. gr. in-4*. Cette lourde, sèche et souvent inexacte compilation est magniliquement imprimée.

•P. 19, 1. 5. —Voir, par exemple, dans les Œuvres romantiques de M. le vicomte de Chateaubriand avec une notice sur s* vie foli» tique et littéraire et des nouvelles historiques servant d^ annotations à ses ouvrages^ par M. D*** de S. E***. Paris, chez \ts marchand» de nouveautés, pet. in-8*, tome V', pp. 39 à ftf.

P. 19, 1. 34. — Paris, 1860, pp. i6)7 et suivantes.

P. 20, 1. I. — Déjà en 18) i, dans ses Nouveaux Mélanges, Breghot du Lut avait indiqué dans Olivier de Magny un des plus grands admirateurs.de Louise Labé. C'est lui aussi qui a découvert VOde à Sire Aymoa et quantité de détails très menus, mais très intéressants, utilisés sans indication de source dans les notices publiées depuis. Il est à propos de se servir des recherches de Cochard,de Péricaud et de Breghot du Lut, mais il n'est pas moins à propos de les remercier de la peine qu'ils ont évitte à leurs successeurs.

P. 30, 1. a8. — « C'est à peu près tout ce dont la félicitent les poètes qui l'ont d'abord célébrée, » dit M. Blanchemain. Mais à

quel moment fat composée chacnne des vingt-fix poésies à la louange de Louise Labé qui nous sont parvenues ? Il est impossible de répondre i cette question, parce que tontes ces poésies, dont aucune ne porte de date, ont été Imprimées en 1 55 5 du TtTaot de leurs auteurs. Et cependant, à mt^ns d'y avoir répondu, comment distinguer les vers « qui l'ont d^akùrd célébrée, » et, par conséquent, reconnaître si les éloges donnés à ion talent de musicienne sont antérieurs à 1550, et si les louanges prodiguées à son talent de poète sont de trois on quatre ans plus voisines de nous?

P. ai, 1. II. — Les recherclies les plus minutieuses 'pour trouver la moindre trace de ce passage de Jean d'Avanson à Lyon ou dans le voisinage sont demeurées sans résultat.

P. ai, 1. 14.— La première publication d'Olivier de Magny est, si je ne me trompe, un hymne sur la naissance de la fille d'Henri II en i;$). Je ne vois pas ce qu'avait £iit Olivier vers 1550, pour pouvoir, à cette époque, éclipser les Scéve et les Taillemont, « ces grands poètes, » comme on disait alors.

P. aa, 1. I). — L'intervention de Claude de Rubys en cette Histoire est fondée uniquement sur les deux strophes suivantes de VOde à Sire Aymon:

O combien je t'estime heureux Qgi vois les trésors plantureux De ton espouze ma maistressel

Qui la vois si souvent baler Et qui Vois si souvent parler!

Et qui vois si souvent encor Entre ces perles et cet or.

Un rubys qui luyt en sa louche.

Pour adoucir le plus farouche.

Mais un rubys qui sçait trop lien La rendre à soy sans estre sien!

Ce n*est des rabyi qu*un marchant Afore aux Indes va eerchant.

Mais un rabys qu'elle décore Plus que le mbys ne Phonnoret Fuyant ingrat à sa beauté Les apastz de sa privaulté.

Évidemment ce mot de rviys n'est pas répète avec tant d'insistance sans nne raison qui nous échappe peut-être. Cependant je sais prêt à confesser ma naïveté grande devant toute personne qui m'expliquera comment ces deux vers :

Vn ruhys qui luyt en sa houche Pour adoucir le plus farouche

peuvent renfermer une allusion au futur historien de Lyon.

Quant à l'épithête de brillant qui lui est donnée, je ne rois rien qui la justifie. A cette époque, c'est-à-dire antérieurement à 1559, Claude de Rubys n'avait encore rien publié. Il me semble que sa première publication est un petit pamphlet cité par Du Verdier arec la date de 1 566.

Il est encore permis de se demander si vraiment, a Tépoque où M. Blanchemain place la « liaison » de Lonise Labé avec Claude de Rubys, c'est-à-dire peu après i)55 — supposons 1^)7 — le futur pèlerin de Notre-Dame-de4.orette était d'âge à être un rival pour Olivier de M agny.

Plusieurs écrivains lyonnais disent que Rubys est né en t^]]t et pour donner cette date ils se fondent sur une phrase de son Histoire de Lyon parue au commencement de 1604, phrase dans laquelle il se dit « ja tantost » septuagénaire. Mais puisqu'il dit « ja tantost, » c'est qu'il ne l'est pas encore, et comme il cherche, dans cette circonsunce, à se rendre intéressant, il feut supposer que le « ja tantost » signifie dans quelques années. Un homme qui/a/( argument de sa vieillesse peut bien, à soixantecinq ans, se dire « ja Untost septuagénaire. »

D'ailleurs, Péricaud, qui a le tort dé ne pas citer ses sources,

mais qui doit être cni sur parole jufqu'à preuve du contraire, noua dit qu'en i)66, date, selon lui, de la mort de Louise Labé, il avait environ vingt-sept ans. Il serait donc aë, non pas en 1$)), mais en 15)9, et il aurait non pas vtngto-quatre ans, mais dix-huit en 1 5 )7 ; à mon humble avis, la Belle Cordière n'éuit alors ni assee jeune ni assez mûre pour s'éprendre — si elle voulait s'éprendre — d'un « petit garsonneau, » suivant une de §e§ expressions.

Enfin, Claude de Rubys lui-même, à propos de la mort de Clémence de Bourges arrivée peu après le )o septembre 1563, nous dit qu'il était à cette époque un « jeune escolier, » et il donne à entendre assez clairement qu'il était du même âge que M^^* de Bourges. Malheureusement nous ignorons la date de la naissance de cette charmante jeune fille. (Voir la note sur la famille de Bourges, ci-après.)

De tous Us témoignages recueillis, il résulte cependant que Clémence de Bourges mourut très jeune, vers 156), et que Rubys était à peu prés de son âge; il est donc probable que la date indiquée par Péricaud se rapproche de la vérité et que le jeune escolier de 156) n'était pas encore, en 1557, de taille à tenir le rôle qu'on lui attribue.

P. 3), 1. la. — Louise Labé a écrit dans son xxili* sonnet:

LasI qui m* sert que si parfaitement Loiias jadis et ma tresse dorée Et de met yeux la beauté comparée A deux soleils...

M. Blanehemain rapproche ces vers des vers suivants d'Olivier de Magny:

Elle est à vous, belle maîtresse.

Cette belle et dorée tresse.

Qui ferait honte aux minus ors Et ces yeux deux astres ensemble.. ,

Ne ponrrait-on pat tout aassi bien rapproclier la strophe de Louise Labé de ces vers de Mellin de Saint-Celats :

Ceux là diront que les rays de vos yeux

Fêni devenir le sojeil envieux

Et que ee sont denx astres reluisants.

De vos cheveux, c'est moins que de raison De faire d'eux ï for comparaison..»

Rien de pins banal que ces deux images. Tons les poètes da XVI* siècle, et même fort avant dans le XYll*, les ont prodignëes, témoins encore ces vers que l'on a tant reprocbés à Langier de Porchères, sur les yeux de Gabrielle d'Estrées :

Ce ne sont pas des yeux...

Mais denx soleils clairement radieux.

Dont les rayons hrillans nous offusquent la veue.

Et ceux-ci, du même, sur les cheveux de la même beauté:

Beau poil, n'ètes-vous pas la rivière pactole Qui flotte précieuse en riches ondes d'or ?

P. 34, 1. 7. — Ce renseignement, ï propos de la date du départ de Jean d'Avanson, m'est obligeamment fourni par M. Joseph Roman, si fort an courant des hommes et des choses du Dauphinë. Mon ami J. Favre, dans son travail si complet sur Olivier de Magny, arrive par une autre voie à une conclusion presque analogue. Il écrit: « L'année même C'55)) où il accepta la dédi- « cace de la traduction de Salel, d'Avanson, sur la demande de « Diane de Poitiers peut-être, fut envoyé à Rome en mission « secrète auprès du pape Jules III. Ce fut probablement virs la m. fin de cette année. En effet, il emmenait avec lui en qualité de «secréuire Olivier de Magny. Or le poète n'était entré défini- «c tivement dans la maison de d'Avanson qu'après avoir fiût im-

«primer U tradactioB ie niiade dont le Privilège est du 35 «jniUet I55J. » (Voir Olititr tU Magny, par Juin Farre. — Paris, Garaier, 1885

P. a6, 1. 7. — Dans les actet relatif an père, aux ^ret et aux nerenx de Louise Labé, o« trouve Ckarlieu, de CharlieUt Charliu on CharliUt Charly, Charlitt Cheylieu et Chirrîtu. La forme génëralement usitée par les biograplies modernes est Charly. J*ai cru devoir adopter celle de Charliem^ la plus anctenne et la plus £rë4|uente. Le nom de Labë est écrit également de diverses manières : Lahhét Labé, L'Ahié et même Lahe. Toutefob on ne saurait hésiter sur l'ordiograplie de ce nom, Louise ayant signé son livre et sa lettre k Clémence de Bourges Lahè.

Voir a V Appendice les renseignements complémentaires sur la famille de Louise Lahhe.

P. a6, L i;. — «Un acte de 1534, dit Coclurd, m'apprend que Charlien était veuf d'Antoinette Descbamps alias Compagnon ; qu'il en avait trois fils, Barthélémy, François et Mathieu ; ainsi Louise n'est née que postérieurement et éPun second mariage, » (Œuvres de Louise Labé. Éd. de 1824, note de la page XXVIII.)

Le savant et consciencieux Lyonnais doit être cru sur parole» quand il nous dit avoir vu cet acte, que je n'ai pas retrouvé ; mais je m'explique difficilement, de la part d'un chercheur aussi prudent, la dernière partie de si note. Puisqu'il connaissait seulement le mariage de Charlieu avec Étiennette et puisqu'il en supposait un autre, cet autre pouvait être antérieur, aussi bien que postérieur. Ensuite, de ce qu'un acte mentionne les trois fils d'une femme, il ne s'ensuit pas absolnment que cette femme n'ait pas eu de fille, surtout i une époque où les filles tenaient si peu de place, du moins dans les actes.

P. 36, 1. 16. — D'une part, dans l'acte de 1534, cité par Cochard, la femme dont Pierre Labé était veuf à cette époque et que ce biographe croit être la première s'appelle Étiennette Deschamps alias Compagnon, Cette Étiennette est évidemment la « femme en deuxièmes noces, » qui est appelée Étiennette Royhet

dans l'accord de 1558, pnlfque la première, c'ett*i-dire la renve de Jacquet Hnmbert incoBaue à Cocbard, était prénommée Guillermie ou Guiltemuttt en laUn Gmilltrma, D'autre part, en 151$, BOUS trouToM Labé propriétaire d'nue vifue « qui fat de Benoit Compa|^on » et qui est confinée par deux parcelles de terre relevant de deux direetei diflërentet, parcellet dites l'une de B«n»ît Deschan^s^ l'autre de Benoît Compagnon, Benoît Des* clumps et Benoit Compagnon forment éridemment une seule personne dénommée différemment dans chacun des deux registres de Directes.

En rapproclunt ces indications, on a le droit de penser que la Tigne de. Labé lui Tenait de sa seconde fomme, Étiennette Roybet, «2/0/ Desdumps, alias Compagnon, et par conséquent que son mariage avec elle existait déjà en 151 5; mais, comme dans les dénombrements antérieurs i 151), la terre de la Gela ne figure pas parmi ses propriétés, il fiiut croire qu'il ne la possédait que depuis peu.

P. )8, 1. a8. — Bien qu'à cette époque le tènement de Bellecour fat encore une propriété privée, il se prêtait tout particulièrement à ces exercices. Dans le Dialogue de deux escaliers, imprimé en 158) à la suite de la Pratique de Vorthographe franfoise, arec la manière de tenir livre de raison, etc., par Claude Mermet, on Ut : « Je m'en voy jnsques en la place de Belle-Cour, pour 7 reir piquer des cbevaux par un écuyer iulien nouvellement venu en ceste ville, lequel s'en acquitte fort dextrement. » (P. 109.)

P. 39, 1. 99. — Mellin de Sainfr-Gelais, fit dfes vers « Pour des ehevaliers jue des masques vestus eu amazones menoyent sur les rangs au tournoy de la royne Catherine, en i $48. »

Mon ami, M. de Berlne-Pérussis, veut bien me foire remarquer qu'un siècle plus tard eut lieu à Die un tournoi en tons points semblable à celui que je crois avoir été tenu à Lyon en 1 54a :

m. En juin 1681, m'écrit-il, la noblesse protestante de Die simula le siège de la maison de Cbamarges, appartenant à M. Ducros, petit-fils d'un conseiller au Parlement.

« On foignit une lettre de cachet, que M. de Sallières, com-

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