DEUXIÈME PARTIE
expiation par le châtiment que lorsque le coupable lui-même acquiesce au châtiment. Dieu sans doute veut qu'il en soit ainsi pour sa propre justice, car il veut le progrès. Si le coupable peut quelquefois ici-bas chercher à s'y soustraire , ailleurs il s'y soumet. Plusieurs ont eu le tort de croire à l'efficacité du châtiment comme châtiment : la terreur de la déchéance leur avait caché que la peine du crime ne peut e£Facer le crime qu'à la condition que le criminel accepte la peine. M. de Maistre est tombé dans cette erreur. Aurait-il donc mal interprété le dogme du Médiateur, tel que l'a proclamé la Jbi chrétienne? Je ne reculerai point devant cette question théosophique, lorsqu'il en sera temps.
Mais, en attendant, n'oublions pas que le dogme delà déchéance ne doit point se séparer de celui de la réhabilitation, et que le Médiateur s'est revêtu de la nature humaine pour que la nature humaine consentit à la réhabilitation.
SUITE
DE LA DEUXIÈME PARTIE
Suite des Prolégomènes pour la Ville des Expiations.
Comme on a pu le voir, l'abolition de la peine de mort est loin d'être la seule pensée, la pensée intime et profonde qui m'a inspiré la Ville des Expiations.
Le monde qui passe en cache un qui ne passe point : l'un sert de voile à l'autre. Que le voile toipbe, la réalité intellectuelle apparaîtra. L'extérieur de la Ville des Expiations cache une ville intérieure. J'ai divisé mon ouvrage en neuf livres; les trois derniers sont la manifestation de la cité mystique.
La Ville des Expiations n'est pas seulement une ville fondée sur l'antique droit d'asile; son horizon doit s étendre bien au-delà du monde civil actuel , et même du monde civil tel que pourrait le créer