‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 106 sur 180 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

une haute spéculation philosophique. Ses inununités et ses privilèges , sa charte en quelque sorte divine, sont d'un autre ordre. Elle est une cité stationnaire par sou principe éternel, progressive par son alliance toujours subsistante avec les destinées génâralea du genre humain : elle doit être la représentation continue de laneien mcmde civil, du monde civil actuel, du monde civil de Tavenir, du moi^de religieux qui embrasse tout le genre humain dans ses voies préparatoires.

S ai déjà averti que dans n^es données^ sur Vavanir de la. société, je met$ en dehoi*s les problème» que peuvent présenter les civilisations de rAmér rique.

L'Amérique, en eSi^, fondée sur des éléments complètement nouveaux dans rhi^x)ire de l'humanité, doit exercer en ce moment toutes les prévisioBS^ des publicistes 0L des philosophes ; mais ici elle ne peut entrer dans les miennes. Qui eût cru, lorsr. que les bandes européennes vinrent égorger les races in:digènes, et y transporter ensuite les races africaines, que la Providence divine ferait sortir d'une telle conquête les choses que nous voyons commencer? Dans cette sér^e de faits si peu prévus,# comme dans tout le cours des événements généraux et particuliers, comme dans les développements successif, comme dans toutes les i^voluiions gra-^

duelles et subites, on trouve l'accord de la prescience divine et de la liberté de Thomme. L'homme fait ce qu'il veut, la Providence va à son but qui nous est caché. Reste toujours , reste la volonté humaine agissant librement , soit qu'elle obéisse , soit qu'elle résiste ; reste enfin , reste pour la moralité , l'attribution à l'homme de ses actes bons ou mauvais.

H a fallu l'expérience de bien des siècles pour arriver à pouvoir se passer de traditions ; encore ne s'en passcï't-on pas réellement. Toute la science acquise d'un vieux continent -, et tout l'espace territorial d'un continent nouveau, où l'on a fait la solitude primitive, sont des conditions qui n'ont pu se présenter qu'une fois. Il faut bien admettre aussi que le christianisme a fort facilité toutes les organisations sociales improvisées de l'Amérique; le christianisme entré dans la sphère des idées civiles pouvait seul suppléer a toutes les traditions. L'ancien droit des métropoles , ce droit originairement analogue à celui de la puissance paternelle dans toute sa sévérité , ce droit devait disparaître devant la pensée d'émancipation qui repose dans le christ Planisme.

Ainsi donc je suis loin de placer les Amériques hors de l'unité générale du genre humain , soit pour le passé, soit pour l'avenir. Leur mission au con-

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