PREMIÈRE PARTIE. 4i
contraire bien -des sujets d'affirmer la Genèse, et nous y trouverons sans contestation l'histoire primitive du genrê humain écrite dans un langage mythique et général^ont le voile mystérieux commence à se soufever. En effet , nous marchons vers un temps où l'identité des cosmogonies sera prouvée. Déjà nous savons qu'il y a dans tous les cas dçs traditions irréfragables; et ces traditions, uniformes lorsqu'on vient à les comparer, ne différant les unes des autres que gar quelque chose d'analogue à la différence des langues, indiquent qu'à une époque très reculée l'histoire primitive du genre humain a été connue, du moins dans ce qui n'excède pas les limites de la sphère où se meut notre intelligence. -Sommes-nous' destinés à refoire cette histoire à forée de travaux et de méditations? sommes-nous appelés à recomposer avec mille douleurs la science perdue? Nos anciennes fecultés instinctives nous seront-elles rendues, ou bien auron&^nous le moyen d'y suppléer? et de plus l'acte de la création est-il un acte éternel? Y a-t-il une opération continue et infinie sur la matière, qui tende perpétuellement à l'organiser et l'animaliser, jusqu'à ce que chaque molécule ait participé de quelque manière à la vie? Reste toujours l'impénétrable mystère de la vie dans tous les degrés de l'organisation.
Résumons quelques faits nouveaux dont viennent de s'enrichir la physiologie et l'histoire naturelle. En prenant notre point de départ dans l'animalité seulement , les forme^ embryonnaires des classes supérieures, permanentes dans les classes inférieures, et transmissibles dans cet état d'infériorité : image et mythe. J^'hoinme^ derriiierjerme du progrès de l'organisation , après en avoir lui-même parcouru toupies de^és ; Thom
ainsi, <;entre, sommet, but de la création, sur cette
terre.
L'unité de compo^tion organique. Un seul animal diversement modifié. C'est l'intelligence qui fait la différence réelle ; l'organisation ne sert qu'à manifester l'être; la liberté, c'est l'homme même.
liCS anciens pythagoriciens ont été sur la voie. D'après Mélissus, une substance unique. Ainsi la vie et l'intelligence seraient tout.
Xénophane aussi admettait une substance unique, et il niait la certitude du témoignage des sens.
Rien n'est, dit Heraclite, tout se fait; tout est évolution et développement ; tout a le mouvement palingénésique. Dieu crée éternellement, et se re- ^pose éternellement; tout est nécessaire et contingent : c'est là que se trouve l'accord de la prescience de l'Etre nécessaire et inconditionnel^ avec la liberté de l'être intelligent, conditionnel, contingent, pro
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duisant lui -^ même des nécessités et des contingences. .
Tant qu on ne considérera pas la Genèse comme la eosmogonie primijpe, spontanée et progressive, successive et étemelle; tant qu on ne la cônsidè-^ rera pas comme Thistoire à-la-fois mythique et phénoménale de la création éternelle et successive, les liens de l'orthodoxie effraieront nos intelligences, ou produiront la réaction de l'incrédulité. Voyez dans quel abyme cette prétendue orthodoxie, cette orthodoxie matéridle de la lettre , a conduit lord Byron , lorsqu'il a composé ce prodigieux mystère de Gain. N'était-ce pas elle qui jetait Galilée dans les cachots de l'inquisition?
Puisque nous avons été entraînés à dire quelques mots delà Genèse, approchons de p]|||6 près cette source de toute tradition. Nous aurons au reste souvent occasion de puiser dans cette source éterndlement sacrée.
Les traductions actuelles de la Bible, à l'époque où elles furent faites , ont satisfait sans doute aux besoins du temps. Une nouvelle traduction devient nécessaire, depuis que les connaissances géologiques ont fourni d'autres explications, depuis que l'astronomie a fait de tels progrès, T^a Bible, rendue plus accessible par les sciences entrées dans le' domaine de l'esprit humain , ne jieut que gagner en
autorité. La science est venue confirmer le témoignage au moment même où l'on pouvait croire que la jfoi ne suffirait plus.
La Providence divine, qui prévoyait la science, puisqu'elle avait livré le monde à nos curieuses investigations, savait bien l'antique identité du livre de la Genèse et du livre de la Nature. Cette identité maintenant doit être établie de manière à réfuter toute récusation.
Les traditions orientales sont devenues les prolégomènes indispensables de la Bible, non que ces traditions soient antérieures , mais parceqii' elles contiennent aussi, sous une autre forme, les vérités primitives.
lIna£2Légèse^à-la-fois hardie Çt respec^ueuse^jd^ donc finir jap* dégager le mythe, et constater la révélation qui nous fut accordée.
Il en résultera l'identité des cosmogonies mystagogiques et des cosmogonies scientifiques.
Ainsi la révélation et l'intuition auront dit au commencement les mêmes choses que la science nous a dites ensuite d'une autre façon.
Le récit de la Genèse est une forme admirable employée par l'écrivain inspiré pour expliquer historiquement les premiers phénomènes qui résultèrent des lois générales établies de Dieu dès l'origine. Ces premiers phénomènes sont ceux de