‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 13 sur 180 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

et , qui lui ont préparé les voies cbez les jiatioâs païennes. Toutes ces identités au reste, toutes cellies qui peuvent se présenter à l'esprit du lecteur, iie sont peut-être autre chose que les formes nïêtnes de l'intelligence humaine manifestées diversehiènt selou la variété des langueis , qui sont, ainsi que je lai dit ailleurs , une sorte de cosmogonie înteltectuellejtajoutons^y maintenant l'analogie et l'identité des cosmogonies dont nous parlions tout-à-l'heiire, ce qui est toujours le tnême fait. Enfin l'uHiformité des emblèmes astronomiques, et la conformité des divers calendriers entré etix , soiit Un sigtie toujours subsistant des traditions priniitives dû genre humain.

En effet, les planisphères sont noh seulement identiques , ils sont semblables. Le planisphère est un livre qui contient les élémetits des connaissances traditionnelles : ceuk qui l'ont écrit en ont fixé les caractères symboliques dans le ciel, parceque tout périt sur la terre; de jplùs ,' il paraît qu'il a été. écrit immédiatement après le déluge. Qui a écrit ce livre? Noé, Thot, Atlas, sans parler ici. des personnifications indiennes, représentant également cet âge où viennent se Confondre et^se perdre toutes les origines du genre humain sauvé des eaux.

Cette idée si primitive de placer dans le ciel ,

je ne dirai pas l'image ou le mythe de ce qui est sur la terre, mais de prendre possession du ciel même, cette idée , qu'on peut croire antérieure à toute institution sociale, méritera tous nos étonnements. Ainsi le temple augurai, circonscrit par le lituus (le bâton sacré) , ne reposait point sur le sol, puisque c'était un espace du ciel; et il n'était que le. souvenir sacrÀ d'une chose plus primitive encore. J'expliquerai ailleurs, dans ce sens, le péplum ( le manteau) de Minerve à Athènes, et la courtine du temple de Delphes. J'expliquerai aussi que la bande zodiacale fut lé lieu des apothéoses; que l'état de cette zone a été pour les anciens la représentation de l'état social même; qu'en dehors étaient placés . les types des sociétés détrônées, le s êtres allégo riques en qui fut personnifié le passé du genre humain ; et cette observation , que je crois entière* ment nouvelle, nous ouvrira la voie pour étudier ce que j'appelle les mythes civils. Mais ce qui est non moins merveilleux, c'est que les limites des peuples, et même les bornes des héritages, furent fixées dans le ciel avant d'être marquées sur la terre. Ce fut là aussi que le patriciat romain voulut faire remonter la source de son droit.

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