‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 144 sur 180 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

guerre se fait, le soldat n'est justiciable que des tribunaux communs à tous, et SôUs la condition ex)>resse de lassistance des jurés. Les soldats ne doivent jamais cesser d'ètî*e citoyens , et d en avoir toutes les prérogatives : si leurs droits sont suspen-»dûs lor^pi'ils sont en présence de lenriemi, cest ttniqueniènt par la plué^ impérieuse des lois , celle de la nécessité, la loi qui produisait les dictateurs à Rome, qui faisait taire le pouvoir des éphores à Sparte.

Un dès grands inconvénients du duel est de rendre Thomme juge daris sa propre cause, à Tinstani même: où il est agité par Une passion , de Je feire arbitre de l'injustice dont il se plaint, de roti* trage qu'il â reçu , ou qu'il croit avoir reçu. Oii sent bien qu'ici je ne parle plus ni dii duel légal , tii de celui où la conscience du droit pouvait donner l'ascendant de la force.

Lé nombre des questions insolubles autrement que par k guerre diminuera de jour eri jour. Le duel, âitisi que je le faisais remarquer tôUt-àl'heure, est lui-même une sorte de progrès qUi à son toxit dttit se jpêrdrè dans un autre progrès. Le dwd etià gtièrre sont des jugements de Dieu.

Sitôt que la guerre Cessera d'être civilisatrice, la partie lâplils notable de fea terrible mission sera finie, et réjpéë dés cônqùërailts sera enfiti brisée.

De même , lorsque le sentiment moral aura pénétré plus avant dans la société , alors ce que nous appelons riîonneur disparaîtra entièrement; car Thonnçur n'est dans Thomme collectif qu'un simulacre de ce qu'est le sentiment moral pour l'homme individuel. Oui a beau se débattre contre cette néces^ site, le cruel empire du duel ne peut finir qu'avec l'empire factice de l'honneur.

L'apôtre du passé n'est pas seul à lutter contre l'invasion si puissante de la société nouvelle. Un autre homme , parmi nous , et cet homme est revêtu du caractère sacré du sacerdoce , a été violemment accusé de vouloir fléti^ir le sentiment moral , sous le nom de sens individuel. Faudrait-il donc aussi lui rappeler la voix du saint Précurseur, et lui parler de cette lumière illuminajit chaque homme venant en ce monde? Toutefois il ne faut point trop se presser de résoudre la vaste question soulevée par M. l'abbé de La Mennais. Il est impossible d'embrasser d'un seul regard le, champ de la discussion actuelle, si prodigieusement agrandi. Tout en blâmant avec les égards que l'on doit à une vive conviction et à un talent du premier ordre ; tout en blâmant , dis-je , quelques formes d'une éloquence souvent exaspérée , sachons gré toujours

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