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nation une seule individualités Ce n'est pas ici le lieu de chercher la source mystérieuse, et pour
ainsi dire cosmogonique, relativement à chaque société humaine. Ma remarque porte seulement sur ceci , c'est que ce sentiment veut se manifester en liberté; il veut d'abord être, ensuite se connaître. Voyez ce qu'il en a coûté à l'Angleterre pour conserver son individualité, sa nationalité. Nul prix n'a été assez grand. Voyez l'Allemagne, séparée en tant d'individualités diverses , qui toutes cherchent avec inquiétude à se manifester. Cest ce besoin d'individualité qui a causé toutes les agitations de la France. La France, à Fépoque la plus brillante de sa monarchie, n'a pu se garantir d'un schisme que par la fameuse Déclaration de 1682; et cette Déclaration elle-même n'a pu être rédigée en articles que parcequelle nous régissait déjà, car elle ne fut que l'expression des maximes déposées dans toutes les traditions de notre histoire politique et religieuse. La Ligue s'appuyait sur le sentiment général ou universel, si différent de la nationalité; et il pourrait être établi que la nationalité et l'universalité avaient à cette époque un centre commun d'affections; ou plutôt nous sommes obligés de démêler deux sortes de nationalités. L'une se composait de toutes les grandes existences, de toutes les existences indépendantes, et qui avaient en ellesmêmes la raison de leur force, de leur vie, de leur puissance. Nous pouvons y ajouter un certain nom-
bre de corporations bourgeoises ou municipales, qui avaient leurs chartes ou leurs capitulations. L autre nationalité reposait sur des masses, mais sur des masses instinctives, sans liens communs, sans moyens de se représenter. Henri IV, avant d'être roi, s appuyait incontestablement sur la première de ces nationalités; et nous voyons que c'était sur cette nationalité que le trône s'était élevé. Toutefois le grand travail de la couronne avait été constamment dirigé vers le but de la diviser, de neutraliser l'élément féodal par celui des communes, pour être moins gouvernée par la féodalité. Je suis autoriséà dire qu'Henri IV s'appuyait sur cette nationalité, puisque les grandes existences , ainsi que quelques corporations , s'étaient faites protestantes. Lautre nationalité que nous avons signalée, et qui commençait seulement à se faire jour, se confondait avec le sentiment universel ; elle ne recevait son unité que de son alliance avec l'extérieur ; ses soldats étaient recrutés et disciplinés par l'étranger; et elle se serait fort accommodée de la vaste monarchie spirituelle qui habita la tête immense de Grégoire VIL
Pour bien sentir l'état de la question, il faut se représenter l'aristocratie disposant des anciennes forces sociales, et qui avait alors une tendance bien prononcée pour le protestantisme ; le peuple , resté catholique, parceque ne participant d'aucune fa-