PREMIÈRE PARTIE
Le présent raconte le passé, et le passé raconte l'avenir. On conçoit qu'à l'égard de Dieu tous les temps sont contemporains ; la prescience n'est autre chose que l'infinie contemplation de l'éternité. L'immensité de l'espace est un symbole merveilleux de cette toute vue intellectuelle pour qui la succession n'existe pas. Ainsi nos yeux découvreijf t au loin , dans les brillants abymes du ciel , une étoile fixe qui nous parait immobile; elle nous parait immobile parcequ'dle se meut dans une sphère incommensurable pour nos yeux. Ce clou d'or que nous nommons Sirius, nous savons qi|e c'est un soleil mille fois plus grand que le nôtre ; et toutefois ce qui est pour nos organes un clou d'or, pour notre science un vaste soleil , qu'est-il dans la réalité? Il est ce que nos sens le voient, un clou dor, mais un clou d'or qui étincelle, avec des myriades d'autres clous d'or inaperçus par nous et dans une symétrie impossible à comprendre, sur le marchepied du trône éternel.
Il y a soixante ans queChades Bonnet admettait « un parallélisme pai'fait entre le système astrono-\ « mique et le système organique; entre lès divers \ « états de la terre, Considérée comme planète ou j » comme monde, et les divers états des êtres qui / « devaient peupler ce monde. »
Ce peu de motsde celui que j'ai appelé le bramine
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de rhistoire naturelle est réolair du génie qui prévoit une science future. En effet, n'est-ce pas là le point de départ de toute cosmogonie construite sur les données d une science nouvelle? et cette cosmogonie scientifique ne viendrait-elle pas confirmer les cosmogonies des traditions?
Charles Bonnet cherche ensuite les analogies de cette hypothèse avec les rapports entre les êtres^animés et les climats, les saisons, les divers états de Tatmosphère. Il cite à ce sujet le grand nom de Leihnitz, quil appelle si justement le Platon de l'Allemagne.
Il n'était pas possible à cette époque d'aller plus loin.
D'après Hérodote et Diodore de Sicile, les Égyptiens connaissaient les régnes des dieux , les régnes des demi- dieux ou héros, les régnes des hommes. Ces trois sortes de règnes, successives, dans toutes les traditions de la gentilité.
La Chine , d'après le père Amyot , nous offre la même série. D'abord les augustes familles du ciel; ensuite le^ augustes familles de la terre; enfin les augustes familles des hommes. Ceci ne représent€?-t-i! pas les temps mythologiques ou divins, les temps héroïques, les temps civils ou historiques? N'est-ce