PREMIÈRE PARTIE. 6i
par l'histoire romaine, la seule qui ait rëellement des documents certains de ses premiers temps. La loi des XII Tables exclut formellement les plébéiens du droit des auspices, privation qui entraînait nécessairement celle des noces religieuses, et sans doute celle des noces légales. Nous mettrons plus tard hors de toute contestation ce fait fondamental de rhistoire romaine, qui est au^i le fait fondamental de toutes les autres histoires. C'est ce droit civil que FÉvangile a aboli , aboli à jamais , en établissant, l'égalité religieuse; carde Tégalité religieuse à légalité civile, il ny a que la conséquence à tirer.
Faisons une autre remarque non moins importante.
Jadis les vaincus perdaient leurs dieux. Par cela seul qu'il a donné à tous le même dieu , le christianisme a fondé un autre droit des gens.
Les inégalités, l'esclavage, le droit de guerre, le droit de vie et de mort, tout était fondé sur la religion : je ne veux pas pour le moment entrer dans les détails; souvenez -vous seulement des hérauts, des auspices, des obsécrations , des formules antiques de jugement, toutes choses de l'ordre politique et civil, et qui se trouvent dans les rituels religieux.
Il y a donc un droit public tout entier, qui a été frappé de mort par le christianisme, et qu'on
ne peut ressusciter sans abolir le christianisme luimême.
Il ne faut pas que Ton s y trompe, et il est temps que cette vérité retentisse dans le monde, le chris-
Itianisme, loi si parfaite de Thumanité religieuse, est éminemment antipathique à la loi initiatrice de la théocratie. J aurai même occasion d'établir que les institutions juives furent une première lutte contre ce redoutable pouvoir; mais toujours lempire de la Providence divine reste immuable.
Pour rappeler ce qui vient d'être dit, il serait \ donc aussi permis 'd'affirmer que le christianisme o été l'initiation du genrç humain, comme la loi de Moïse avait été , pour l'enseiçnemeïit préparatoire, Finitiation d'un seul peuple , mais d'un peuple tout entier.
La hiérarchie des castes est sans objet, puisque désormais tous sont appelés au même genre d'épreuves.
Sitôt que l'inégalité cesse d'être religieuse, elle n'a plus de base réelle, car l'homme n'aurait pu Tin venter, et il ne pourrait lui prêter l'appui de son assentiment volontaire et raisonné.
La k>i des castes a été abolie par Jésus-Christ, puisqu'il venait donner à tous également la loi morale et la confraternité du même culte.