PREMIÈRE PARTIE
de convention, sur des idées acquises ou imjposées, et ceux qui les font reposer sur des idées primitives et inconditionnelles. Seton les uns, le droit eeàt le juste ; selon les autres , c'est la force sous des noms divers 4 Les jurisconsultes positifs n ont pas &it at^ tentk)n que la souveraineté de Tbomme ramène le Destin en écartant la Providence , et qu alors la loi 9 est dépouillée du caractère qui fait sa légitimité. Dieu n a pu^vouloir se laisser exiler de son ouvrage.
Voici une autre sorte d'impiété qu'il est à propos '
de signaler ici, et de flétrir en, l'énonçant : il semble , disent quelques uns, que tout soit combiné pour produire je ne sais quel résultat, ou même je ne sais quel spectacle, pour manifester à elle-même la puissance infinie de je ne sais quelle cause suprême , de je ne sais quelle immense unité que Ton pourrait appeler le moi de l'univers. Dieu , despote abs(du ; toutes les créatures vivant, se perpétuant, travaillant à vivre ; l'homme , comme les antres créatures , machine et instrument, pièce du mécanisme général ; sa vie , phéftoméne briUant et fugitif, partie d'un plan inconnu , mais partie passive et sans importance en soi. Il est évident qu'ici on donne' au Destin le nom de Dieu. Gela ne pourrait être vrai qu'autant qu'il n'y aurait point de créature intelli^ gente et morale, et alors nul ne connaîtrait une
telle vérité, et Dieu aurait pu demeurer dans son repos.
Heureusement il n'en est point ainsi. Dieu doit à l'homme , car il lui a promis ; le Créateur a promis à sa créature, par les facultés qui sont en elle, et qu'il y a mises originairement; le Créateur a ^ promis à sa créature, par les sentiments qu'elle reçoit ou qu elle inspire, par la nature même de son être. Ce que l'homme espère, uniquement parcequ'il l'espère; ce qu'il attend, uniquement parcequ'il l'attend , Dieu le doit à l'homme.
La foi est un lien entre Dieu et l'homme.
rj Lord Byron n'a pris, pour le développer, qu'une partie du poëme de Job ; je le prends tout entier.
Lord Byron ne croit qu'au Destin , et je crois à la Providence. C'est là , ainsi que nous venons de le dire, le fond des pensées et des doctrines des deux écoles opposées qui , sous mille formes variées , marchent parallèlement dans le monde depuis le commencement. Il y a constamment des philosophes et des poètes qui prennent leur inspiration dans ces deux vastes systèmes, dans ces deux grandes hypothèses. Seulement la manifestation est plus sensible à de certaines époques.
On peut comparer lord Byron à Lucrèce: tous les deux grands poètes, chacun de leur siècle, et les deux siècles analogues ; tous les deux nés au