DEUXIÈME PARTIE
le définir, quoique ce fût dans la nature propre de ses idées; et, de ce qu'il ne faisait qu'entrevoir, il ne pouvait sexpliquer les langues qu'il nommait barbares, il ne pouvait s'eî^iquer ces locutions dHomère, la lan^pie des dieux, la langue des bommes.
La puissance décomposition delà langue latine, l'inflexible destin contenu dans les mots dont elle fut formée , sont indiqués dans le neuvième livre d'Orpbée ; ils seront , je l'espère , démontrés dans la Formule générale.
lia tbéorie providentielle^ de Vico un jour sera perfectionnée, jamais die ne pourra être complète.
Le principe que j'ai adopté, je crois qu'il sur^ passe de beaucoup en énergie celui de Vico ; il est plus susceptible de se compléter.
Toutefois l'intuition du philosophe napolitain était plus forte que son principe. Nul ne fut plus que lui doué de cette soi^te de somnambulisme du géçie, qui voit au travers des enveloppes extérieures, il esf venu un siècle trop tôt pour présider à la révolution qui s'accomplit en ce moment dans la science historique. I-iCS muses qu'avaient invoquées Empédocle, Pythagore, Architas, et quBorace nommait Calabridœy furent les muses de Vico. ' #^
Maintenant tirons du petit livre qui nous occupe
174 PALÏNGÉNÉSIE SOCIALE.
quelques points de doctrine ; je m efforcerai de les fixer d'une manière plus positive.
H me semble que nulle part n est mieux établie la nécessité de la création ex nihilo ; nulle part il n a mieux été montré coimment cette nécessité entre dans la pensée que nous avons des attributs divins.
Ensamscrit, sot y être; osai y noti-être. Lies Grecs distinguèrent le non-étre du néant. Les I^atins n'avaient qu'un mot ; à cause de cela , les traductions de Lucrèce doivent avoir bien des contre-sens.
Ici donc il y a eu naufrage d'un mot dans la transmission du langage cosmogonique.
Les mots qui se rapportent aux idées du temps et de l'espace sont les mêmes : cette remarque., appli-quée par Vico seulement à la langue latine , peut s'appliquer également à d'autres langues anciennes ; et c'est un caractère à étudier, parceque c'est un caractère primitif.
L'abstraction est une imperfection de notre na- .ture , une preuve des limites qui sont assignées à la puissance de l'homme; c'est l'abstraction qui est la mère de la science humaine.
A ce sujet, il faudrait étudier la réalité des idées. La création d'une idée est une création réelle, mais impuissante. Le mot : Donnez-moi de la matière et dik mouvement, je ferai un monde; ce mot est l'expression de ^impuissance. Si l'homme crée le monde