‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 90 sur 180 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

La propriété est une institution divine : ces déclamations du dernier siècle contre le tien et le mien ne peuvent soutenir le regard de la raison, malgp^é le secours que l'éloquence de Rousseau a daigné leur prêter. L'homme &it le sol; la terre, c'est lui.

Le langage, la société, la propriété, sont<;faoses identiques.

Le patricien primitif fut celui qui le premier parvint à la connaissance de ces choses identiques ; car, pour l'homme, connaître, c'est avoir la notion intime de l'existence, le pouvoir de développer ses facultés: une telle connaissance, fondement de l'être, le patricien voulut toujours se la réserver comme droit perpétuel et incommunicable.

Le plébéien primitif fut celui qui, resté en arrière après le partage primitif ^ ou, en d'autres termes^ après la première loi agraire primitive, qui était une loi agraire patricienne , fut ret^u d^ns IV sile primitif, aux conditions imposées par le pàtri* cien primitif.

Ainsi le patricien primitif fut ïhùmmt'^Jundas , c'est'^Mlire l'homme identique avec le sol ; et l'ttya connut dans h monde des peuples autocthoheè, des peuples/um/t. Le patricien primitif, seul, eut des aïeux, parc^ue seul il eut le mariage légale lui seul eut la propriété, parceque seul il eut des

enfants certains pour la leur transmettre ; lui seul eut des tombeaux , pareeque la terre appartenait à lui seul. Les héritages et les tombeaux sont le même fait et le même droit.

, Le patricien primitif ne put trouver que dans le ciel la source mystérieuse de sa race, et les limites de la propriété furent également tracées par lui dans les espaces du ciel. Propriété et mariage sont une même loi , qui fîit une loi divine avant d'être une loi humaine.

Le plébéien primitif, par sa force physique, aida le patricien primitif dans cette première lutte, qui fut si terrible , de l'homme contre les éléments : tel fut le grand labeur du défrichement primitif, après la retraite des eaux, ou, selon la contrée, après la co^aflagration des volcans ; car, dès qu'une portion de terre put être rendue habitable par le travail de l'homme, l'homme vint la disputer aux éléments, et la féconder de ses sueurs. Le plébéien primitif eut donc à conquérir une demeure fixe sur le sol primitif arraché en quelque sorte par son bras à la puissance du chaos; mais avant d'obtenir l'héritage il dut obtenir la famille. La .conquête , les colonies , à des époques postérieures , remplacèrent par d'autres combats ces combats primitifs contre les forces de la nature. Nous ne parlons ici que de l'âge où notre globe fut livré à

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