‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 89 sur 180 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Homère, Ju^nter modifie quelquefois les arrêts du Destin. Souvenons-nous de ce que nous disions il n'y a qu'un instant sur les traditions apocalyptiques : le dogme de la liberté de l'homme nous amènera souvent à des considérations qui se prêteront un mutuel appui. D'ailleurs c'est l'acquiescement de la volonté , l'acquiescement vrai qui constitue toute la moralité; et cela est ainsi dans toutes les religions, dans toutes les philosophies qui ne sont fondées ni sur le doute ni sur, l'incrédulité. La prédestination , attribut de la prescience divine, est la vue éternelle de la fin de l'être intelligent, fin heureuse, dont les effets peuvent être avancés ou retardés selon l'usage que les êtres intelligents font de leur liberté : toujours le dogme un et identique de la déchéance et de la réhabilitation produisent toujours le progrès par l'épreuve identique avec l'expiation.

. Les maladies tiennent à l'altération de nos humeurs, des parties constitutives de notre être matériel. L'union de l'ame et du corps fait le sentiment de la souffrance. Nous ignorons ce qu'est la souffrance pour les animaux ; nous ignorons ce qu'est le plaisir pour leurs sens extérieurement analogues aux nôtres. Nous ignorons la destination future de ce qu'il y a en eux d'évidemment immatériel ; nous l'ignorons , mais notre ignorance est loin

d'être invincible, et même les données ne nous manquent pas. Nous irons plus loin, d'après les systèmes de llnde qui furent fort répandus dans les premiers siècles de notre ère. Peuton savoir la joie du grain destiné à revivre? peut-on savoir la souffrance du grain destiné à pourrir lentement dans la terre avant de parvenir à révolution du germe qui est en lui ? L arbre que Ion coupe éprouvMJl de la douleur? Qui sait forganisation où commence le régne intellectuel? ou plutôt où commence rimmatérid? et peut-être où commence la sphèi^ morale?

Dans la Genèse il est dit que la terre fîit maudite à cause de Thomme, ce qui est une manière d'ek*^ pliquier la lutte de Thomme contre la nature, lutte perpétuelle et sans 6n. Cette lutte est un phénomène, ou plutôt une loi providentielle, dont toute lantiquité a eu le 3entiment, et qui va avec l'ensemble des traditions du genre humain. Prométhée, lutte de lame, de l'intelligence; Hercule, lutte du corps, de la force physique.

Pap>tout l'homme a été obligé de conquérit* ûs. demeure. U a fait le sol où il s'est établi après le déluge ; ensuite il s est &it lui-même.

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