TOME III. l
plébéien put user du vote, lorsqu'il fit sa première invasion dans la sphère sociale; cest ainsi encore que, pour la validité de son union avec ijine feii^me, union qui ne fut pas d abord le mariage solennel, le mariage produisant des effets civils, le client em^ pruntait le capi/f, la tète civile de son patron, en d!autres termes, la force virtuelle représeutée par 1^ nom qui seul communiquait la faculté de contracter un engagement. Ulysse, en qui nous avons reconnu le plébéien primitif, répond au Gyclope quil nest personne, c'est-à-dire qu'il na pas le nom civil. Le Cyclope, relativement à Ulysse, est un patricien.
La parole, la liberté personnelle ou la conscience, la liberté civile ou la faculté de tra^smettre ses droits, de faire partie de la cité, forment donc différents degrés de l'évolution plébéienne; et ces degrés, souvent confondus entre eux, sont quelquefois difficiles à distinguer les uns des autres : c'est dans le mythe seulement qu'on les trouve bien marqués.
Le plébéien , après avoir lutté contre les éléments , lutte contre les institutions primitives; l'émancipation successive est le prix de cette lutte, condition nécessaire et providentielle de tout progrès. L'homme est donc tenu de faire le ^ol, de faire sa propre intelligence.