‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 2)Chapitre 93 sur 180 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Le patricien d une époque fut le plébéien de le* poque précédente : ainsi le patricien d une époque historique fut le plébéien d'une époque héroïque, et le patricien d'une époque héroïque fut le plébéien d'une époque cosmogonique; car tout est succession, développement, progrès dans la marche des destinées humaines. Pour nous les expressions patriciens primitifs et plébéiens primitifs, je me suis expliqué à cet égard , ne peuvent être que des expressions tout- à -fait générales, emportant un sens relatif, selon les époques; et sur-tout par le christianisme, dernier terme de la progression, il est avéré que l'essence humaine est une et identique.

En suivant la ligne que je viens d'indiquer, on arriverait aux patriarches de la Bible.

La première loi agraire primitive fut la propriété personnelle et la délimitafion des ordres ; elle établit les rapports respectifs de patron et de client. Le plébéien cesse d'être pecunia.

La seconde loi agraire primitive fut la dignité \ humaine, manifestée par le mariage. Le plébéien ) entre dans l'humanité ; il devient susceptible d'ac- / quérir par la propriété une famille et des tom-*^ beaux.

La troisième loi agraire primitive fut la pix)priété transmissible , et le mariage produisant des effets

civils. Le -plébéien fait partie de la cité; il devient apte aux magistratures.

La succession de ces lois agraires primitives, dont on ne peut fixer chronologiquement les dates, et dont on retrouve les traces certaines dans rhistoire romaine, sont donc les initiations successives et nécessaires de l'humanité , c'est-à-dire du plébéianisme ; car tout patricien, originairement fut plébéien. Tout grade dans l'initiation humaine fut toujours une conquête : il fut acquis en £siit avant de l'être en droit ; il fut demandé avant d'être obtenu ; il fut en puissance d'être avant d'être en réalité, et en réahté avant d!être légalement constaté.

Ce que j'ai dit plus haut explique ce que je dis à présent , et ce que je dis à présent sera encore expliqué par ce que je dirai par la suite. J'avance pas à pas dans la carrière que je dois parcourir.

Les chemins jamais ne furent tracés à priori, si ce ne sont les chemins ouverts par la conquête, parceque ceux-ci traversent de vive force les empires, et qu'ils méprisent la propriété : c'est une image des institutions nées des traditions, et de celles qu'impose la tyrannie.

Il n'y a point de lieu sans nom ; et le nom , l'nne

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