‹ Œuvres de M. Ballanche (volume 3)Chapitre 42 sur 60 · PREMIER ENTRETIEN · texte numérisé non relu

PREMIER ENTRETIEN

Mon fils , et il m'est permis de vous appeler de ce nom depuis que vous n avez plus votre vénérable père, mon fils, vous portez dans votre sein une secrète inquiétude qui vous dévore. Mais, chose étrange! le sentiment qui d'ordinaire agite l'homme à votre âge, ce sentiment qui double l'existence, qui embellit l'avenir, ce sentiment vous laisse paisible. Ne dirait-on pas que, dégoûté de toutes choses, la vie n'a plus rien de nouveau à vous offrir! Vous avez à peine quelques souvenirs fugitifs , et déjà vous trouvez qu'ils vous suffisent, que vous n'avez pas besoin d'en recueillir d'autres. L'amour n'est point venu troubler votre ame; vous n'avez point encore vécu avec vos semblables, vous ne connaissez point les hommes : les livres , mais les

livres seuls vous ont tout appris. Vous cherchez la solitude comme l'infortuné qui a essuyé mille maux , qui a épuisé toutes les illusions , qui a connu la vanité de toutes les promesses de l'espérance. Caractère bien singulier de l'époque où nous sommes placés ! Le jeune homme n'a pas le temps de former des affections ; il franchit sans l'apercevoir le moment fugitif où elles devaient naître en lui : le sourire de la beauté n'atteindra point son cœur, n'enchantera point son imagination. Eh quoi ! il lui faut les sentiments et les passions de l'âge mûr j il ne se plaît que dans les pensées austères et sérieuses. C'est ou l'ambition qui déjà lui présente sa coupe amère, ou la cause de la patrie qui le plonge dans de graves méditations au-dessus de ses jeunes facultés. Ce n'est point encore assez : il veut embrasser d'un coup d'œil toutes les destinées du genre humain. Tous les peuples deviennent ses amis, tous les hommes sont ses frères , les opprimés de tous les pays et de tous les temps ont droit à sa profonde commisération. Le sentiment égaré de l'amour erre dans l'univers entier pour chercher quelque aliment à sa flamme dévorante. Les plus hautes conceptions des sages, qui pour y parvenir ont eu besoin de vivre de longs jours, sont devenues le lait des enfants.

Ainsi donc, mon fils, l'aurore n'ouvre ses ri-

deaux de pourpre que pour éclairer vos pas solitaires , et non point pour vous pénétrer d'une innocente et naïve admiration. Votre vue dédaignerait presque le tableau si varié, si riche, si merveilleux de la création en vain déployée devant vous. La nuit ne vient que pour vous donner le signal d'allumer la lampe studieuse qui doit vous aider à prolonger vos veilles précoces. Les fleurs sont sans parfums pour vous; pour vous les nuages n'ont point de rêveries : la poésie elle-même , cette fille aimable du ciel, ne peut doucement vous distraire dans les heures silencieuses que yous consacrez à l'étude.

Je veux essayer, mon fils , de guérir en vous une si triste maladie, état fâcheux de lame, qui intervertit les saisons de la vie , et place l'hiver dans un printemps privé de fleurs.

Allez, croyez-moi, l'homme peut faire sa destinée; mais il ne peut rien sur les destinées du genre humain: Dieu, dans ses conseils éternels, saura bien se passer de vos pensées mûries avant le temps. Croyez-moi, la société a été imposée à l'homme, non comme un moyen de parvenir au bonheur, mais comme un moyen de développer ses facultés. Cessez donc de rêver certaines perfections chimériques : ce ne sont point les différentes formes de gouvernement qui importent le plus à chaque individu. Toutes remplissent l'objet de leur destination ;

toutes sont appropriées aux besoins de l'homme, selon les différents âges de la civilisation.

Cependant , mon fils , je suis loin de vous blâmer ; nous vivons dans une atmosphère où nous respirons malgré nous, et à notre insu, mille pensées incertaines, mille inquiétudes vagues. Le sol chancelle sous les pieds; une grande attente travaille les hommes. Les jeunes gens, qui sont nés dans cette atmosphère orageuse, qui se sont élevés sur ce sol chancelant, ne peuvent passer par les mêmes sentiments que leurs pères venus dans des jours sereins : ils ont respiré de trop bonne heure lair de Fangoisse et de la douleur.

C'est ainsi, mon fils, qu'en jetant les yeux autour de vous , vous avez vu la société ancienne se débattre dans l'agonie de la mort. Vous avez pris pitié de l'auguste victime;, votre ame généreuse a fait comme Caton; vous vous êtes déclaré, contre le sort, du parti du vaincu. Je ne veux point vous ôter votre noble compassion, mais je veux vous dépouiller de vos inutiles regrets, adoucir l'amertume de vos plaintes. Vous n'envisagez qu'avec effroi l'avenir ; vous dites sans cesse : « Que va devenir «le genre humain? Je vois la civilisation s'enfon- « çant, chaque jour de plus en plus, dans un gouffre « où je ne puis apercevoir que de vastes débris. »

Vous dites encore : « L'histoire m'apprend que

« des sociétés policées ont péri , que des empires ont " cessé d'exister, que des éclipses funestes se sont «étendues, durant plusieurs siècles, sur riiuma- «< nité tout entière ; et je remarque à présent des « analogies qui me font trembler. Ce qui est arrivé « dans le monde m'est un pressentiment de ce qui " nous est réservé. Devons-nous retourner aux âges « de la barbarie , ou nous perdre de nouveau dans u la nuit du moyen âge, après avoir passé par tous " les périodes de dégradation qui ont marqué la « décadence de l'empire romain ? »

« Vit-on jamais, ajoutez- vous, vit-on jamais une « société humaine subsister sans être sous la pro- « tection de la religion? Quand a-t-on vu, en effet, « le nom de Dieu exilé du préambule et de la con- « texture de toutes les lois? Quand a-t-on vu la juri- « diction religieuse solennellement déclarée incom- « pétente pour toutes les affaires humaines?» Et ici, vertueux jeune homme, ce qui ajoute à l'intensité de votre douleur, c'est que pour vous-même votre sentiment religieux n'a pu s'arrêter qu'à des croyances générales qui se déploient en liberté dans votre ame , sans donner du repos à votre cœur.

Voilà donc ce que je vous entends répéter chaque jour, et à chaque instant du jour. Eh bien ! moi aussi j'ai cru quelque temps que tout était fini pour notre vieille Europe. Oui, lorsqu'aux premiers orages de

la révolution française, qui ont grondé sur vous, à votre insu, car vous n'étiez qu'un enfant, je voyais tous les liens de la société se dissoudre, toutes les institutions nager dans le sang, ah! ce fut alors qu'il fut permis de croire à la fin de toutes choses. Et cependant il y avait sur la terre de trop nobles sentiments pour que Dieu voulût briser son ouvrage. Cette honorable France, qui fut de tout temps la patrie de la gloire , et qui était devenue la patrie des plus généreux dévouements, des plus hautes vertus; cette honorable France n'avait pas mérité de périr. Quoiqu'en apparence elle fût parvenue au dernier degré de l'humiliation et du malheur, c'était encore elle qui était réservée à conserver toute civilisation ; c'était encore elle qui , en sortant de ce sommeil de sang et de larmes , devait diriger les destinées nouvelles de la grande société européenne. Ses ennemis étonnés ne riaient point en branlant la tête, comme il a été dit de Tyr et de Sidon, parcequ'ils sentaient que le sceptre de la puissance n'était pas échappé de ses mains , et qu'elle ne leur avait pas été livrée comme une proie.

Après des temps si terribles, un homme sorti d'une des îles de la Méditerranée , qui n'était point né Français , dont le berceau avait été couvé par le vent d'Afrique, un homme nouveau apparut toutà-coup comme un génie créateur. On ne l'avait

point vu s avançant vers la célébrité : il y était arrivé avant qu'on eût eu le temps d'apercevoir sa marche rapide. Grand capitaine, négociateur habile, doué de cette force de prestige qui agit sur tous à-la-fois comme si c'était un seul, il sut parvenir au pouvoir suprême par une activité prodi- 'tb gieuse, par de vastes triomphes, par un caractère de fer; il sut, de plus, tourner au profit du despotisme toutes les illusions de la liberté , tous les vertiges de l'anarchie, toutes les espérances de l'avenir, W tous les regrets du passé , tous les vœux pour le retour aux principes d'ordre et de morale. Un instant tles peuples trompés crurent en lui ; un instant ensuite les vieux rois pâlirent sur leurs trônes ébranlés. Celui-là eût arrêté les progrès de l'esprit hu- ^ main, si la nation dont il avait usurpé l'empire, I confuse de s'être ainsi livrée sans défense, ne s'était pas enfin retirée de lui. Deux fois il a ressaisi en K vain le pouvoir ; deux fois il est resté seul avec ses p soldats; et tout ce qu'il a pu inventer de tromperies , tout ce qu'il a pu improviser de prodiges n'a pas suffi pour le sauver. Cette honorable France, qui n'avait pas mérité de tomber sous le fer des plus vils assassins , n'avait pas mérité non plus d'être à jamais asservie en asservissant les autres nations.

Mais quand a-t-il été plus évident que la Providence veillait sur nous, que lorsque nous avons vu

tous les efiorts de l'Europe se borner deux fois à renverser le colosse aux pieds d'argile?

Ecoutez, noble jeune homme, écoutez les enseignements d'un vieillard ; ne dédaignez pas les conjectures de celui qui vous a devancé dans la carrière des chagrins et des ennuis. L'étude et l'expérience unies dans une vie longue et courageuse m'ont appris plus de choses que n'a pu vous en révéler encore votre imagination, toute sérieuse, toute prématurée qu'elle est; plus que vous n'avez pu en puiser dans des livres remplis de doctrines spéculatives, ou dans l'histoire des temps antérieurs, si peu semblables au nôtre. Vous assistez, mon fils, à un grand spectacle dont je ne verrai pas la fin ; mais il me semble que je la prévois ; et je puis affirmer en toute vérité que je trouve dans ma conviction intime un parfait repos sur l'avenir. La providence de Dieu n'abandonnera jamais au hasard le soin des destinées humaines; et l'homme continuera de vivre en société jusqu'à la fin des temps. Or il est impossible que la société n'ait pas toujours en soi la raisoti de son existence. Ne dites donc plus que c'en est fait de la société. Puissé-je dissiper toutes vos alarmes , faire évanouir toutes vos terreurs ! Puissé-je vous prouver que le sentiment moral n'est point affaibli, que la société ne s'est point affranchie delà pensée religieuse, que nous sommes ar-

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rivés à une ère nouvelle de l'esprit humain, ère destinée à faire sortir toutes les conséquences des principes de morale, d'humanité , de sociabilité émis jusqu'à présent dans le monde, principes devenus sacrés et indestructibles depuis qu'ils sont connus, principes qui ne peuvent plus recevoir de restriction depuis que tous sont appelés à les invoquer.

Les hommes qui n'ont d'abord considéré la ré- ^ volution française que comme un orag^e destiné à passer se sont fort trompés; et, malgré tout ce qui a dû faire revenir d'une telle erreur, elle s'est perpétuée : c'est encore cette première erreur qui est la cause de mille faux calculs. Sans doute il y a des circonstances qui auraient pu ne pas être les mêmes ; sans doute il eût été possible d'éviter certains malheurs ; et sur-tout les crimes qui ont souillé cette révolution ne nous étaient pas imposés par une fatalité aveugle , qui voulût nous faire acheter de nouvelles prérogatives au prix de la honte et du remords. Mais il est inutile d'apprécier ici toutes ces choses. Il est inutile de discuter les fautes qui ont été commises, soit par des résistances intempestives, soit par une précipitation et une impatience furieuses pour parvenir à un but inconnu. L'important, mon fils, c'est de reconnaître que nous sommes arrivés , comme je vous le disais tout-

à-l'heure, à une ère nouvelle de l'esprit humain. Ceux qui ne sont point encore parvenus à entrer dans cette idée s'exposent à d'étran.<^es méprises, à de tristes mécomptes, à de grandes douleurs. Parmi ceux-là les uns croient que nous pouvons rétrograder vers les institutions anciennes, en les modifiant toutefois pour les approprier à quelques habitudes contractées durant l'interrègne social; les autres pensent que tout étant à refaire , c'est le moment le plus favorable pour établir des systèmes politiques fondés sur des théories généreuses, mais tout-à-fait idéales; pour faire enfin des essais de gouvernement, des expériences sur la direction des peuples. Il en est encore qui croient que c'est la révolution qui a créé le nouvel ordre de choses, que c'est dans l'esprit même de la révolution qu'il faut chercher les éléments de la stabilité. Les uns et les autres sont dans une erreur différente qui produit les mêmes effets , parcequ'ils méconnaissent également la marche inévitable de l'esprit S humain. Tous se trompent, et tous, en se trompant, prolongent les souffrances de la société. On n'a jamais rétabli les institutions vieillies par le temps; jamais non plus on na fondé des institutions à priori; enfin une révolution n'est point une cause , elle ne peut être qu'un effet. Les différentes erreurs que je viens de vous signaler viennent tou-

jours de la même source, de ce qu'on est beaucoup trop porté à exagérer la puissance de l'homme.

Quant à vos opinions et à vos sentiments, ils ne sont d'aucun danger; mais ils ont de graves inconvénients pour le petit nombre de ceux dont ils attristent l'ame. Ils conduisent au découragement et à l'abnégation de toute volonté, puisqu'ils nous privent de l'espérance , le premier des biens. Vous craignez , mon fils , que , parceque la société ancienne a péri , toute société ne soit détruite. Vous prophétiseriez volontiers sur notre malheureuse France le terrible fardeau dont Ezéchiel et Isaïe chargèrent jadis, au nom du Dieu des vengeances, l'opulente Tyr, l'orgueilleuse Babylone. Notre sort sera pareil à celui de Jérusalem , lorsqu'elle eut perdu les traditions de la foi. Pourquoi les rues de Sien ne pleurent- elles pas à cause de tout le sang innocent dont elles ont été inondées? Demain, sans doute, nos villes désertes et veuves de leurs citoyens seront remplies d'étrangers, qui siffleront avec insouciance , assis sur les ruines de nos édifices ; cette fois ils branleront dédaigneusement la tête, en passant devant les débris de trophées et de monuments , inutiles témoins de notre funeste gloire.

Il faut que je vous apprenne , mon fils , que les temps actuels n'ont aucune analogie avec les temps dont le souvenir est si présent à votre imagination

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efFrayée. Voici ce que je crois : Téjiée des conquérants est brisée. Voici ce que je crois encore: Tin- j terruption de la vie sociale ne peut être que fort courte; elle ne peut durer assez pour constituer la mort. Enfin, noble jeune bomme, je crois que nul peuple n'a des destinées à part et séparées des autres peuples; que tous ensemble doivent subir le même sort, comme des passagers montés sur le même vaisseau. Je dis que Tépée des conquérants est brisée: oui, parceque les lumières sont ég^ales entre les peuples, parceque la lumière partie d'un centre s'étend à l'instant même sur toute la circonférence. Je dis que l'interruption de la vie sociale ne peut se prolonger, parceque le temps marcbe avec une telle rapidité qu'une génération ne peut achever de croître dans l'ignorance des idées qui lient les générations entre elles. Je ,dis que nul peuple ne peut avoir des destinées isolées, parceque nul peuple ne peut être livré à l'esclavage par un autre peuple. Ce n'est pas en vain que l'Evangile a été prêché sur toute la terre. La morale de la société n'est autre chose à présent que la morale même du christianisme. Cet homme qu'une île de la Méditerranée nous avait donné, et qui paraissait né à une autre époque de la civilisation, voulut méconnaître cette vérité. Il s'était placé en dehors de la société pour la dominer, comme dans les

temps où les hautes facultés de rintelligence, netant le partagée que d'un très petit nombre, ne pouvaient pas être atteintes et mesurées par une multitude ignorante et barbare. Il nous avait rendus les instruments de cette ambition des hommes anciens, ambition si puissante et si énergique , et qui le plus souvent n'avait à agir que sur des masses inertes , alors que l'épée des conquérants fut quelquefois appelée à civiliser le monde, à placer les nations sous un même joug, pour fondre les peuples et établir la communication des idées. Ces alternatives de civilisation et de barbarie étant désormais impossibles, c'est une donnée entièrement nouvelle pour l'esprit humain.

Méditez ces choses, mon fils; un autre jour nous reprendrons notre entretien. Mais examinez avec maturité, examinez avec la noble bonne foi de votre cœur généreux , examinez les circonstances actuelles sous le jour que je viens de vous les présenter : l'époque où nous vivons est, ainsi que je vous l'ai si souvent répété , un âge de crise pour la société, une ère nouvelle de l'esprit humain. Si vous pouvez une fois entrer dans cette pensée, elle vous rassurera. Ensuite nous examinerons ensemble les caractères de cette époque nouvelle. Nous ne craindrons point de porter notre attention sur le passé, et nous nous lancerons hardiment dans quelques

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investigations de Tavenir. Le présent nous occupera fort peu, parceque le présent s enfuit à mesure qu'on veut y attacher ses regards; le présent d ailleurs n est plus gros de l'avenir ; il ne contient rien en soi. C'est une démolition qui s achève, c'est une ruine qui devient plus ruine encore. Le passé, qui nous a légué des leçons et des avertissements, le passé finit de mourir ; mais il ne meurt point comme le patriarche rassasié de jours, qui pour dernier acte de sa vie bénissait ses enfants éplorés. Le passé finit de mourir; mais il meurt dans les angoisses, et en quelque sorte dans l'opprobre , égorgé comme le vieux Priam au pied des autels domestiques, après avoir lancé un trait inutile contre son farouche vainqueur. Il n entend autour de lui que la menace et l'outrage.

Voilà, généreux jeune homme, voilà ce qui déchire votre noble cœur. Eh! croyez-vous donc que moi-même je sois insensible à une telle calamité? Mais Dieu, qui a institué la société, a voulu quelle fût ainsi faite : il a mis en elle quelque chose d inexorable qui ressemble à la fatalité des poètes tragiques. Elle ne peut supporter la présence de ce qui n'est plus en harmonie avec son existence actuelle , comme le corps repousse tout aliment qui n'est pas doué d'assimilation. La nature morale se nourrit de destruction et de mort aussi bien que la nature

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physique. Le grain de blé qui pourrit dans la terre avant de produire de fécondes moissons est un emblème universel. Mais si les individus souffrent icibas, n ont-ils pas la vie future?

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