LE DEUIL DE LA PATRIE
DE
Lu par M. Mottet-Degérando , dans la séance publique de l'Académie de Lyon , le 27 août 1823.
Messieurs, vous devez à la mémoire de Camille Jordan un hommage public , qui ne lui a point encore été rendu. Le vif sentiment d'une si grande perte ne s'est point manifesté par un éloge solennel. Si la dette douloureuse des affections de chacun de nous a été acquittée, celle de vos usages reste à accomplir. Et moi, messieurs, qui fus si long-temps son ami , moi qui fus son collègue au milieu de vous, moi qui lui ai voué un culte plein d'amertume et de tendresse , moi sur qui plusieurs d'entre vous ont jeté les yeux pour rendre ce dernier devoir à notre illustre collègue; j'ai à me reprocher de n'avoir pas jusqu'à présent répondu à votre désir. Vous êtes sans doute tout près de m'accuser; cependant je puis affirmer sur ma conscience que je